Campagne électorale 2.0 : Les partis politiques ont-ils su relever le défi de la digitalisation ?

La campagne électorale 2021 a démarré le 26 août au Maroc, dans une ambiance marquée par la pandémie et les mesures restrictives qui vont avec. Elle durera 12 jours jusqu’au 7 septembre, la veille du scrutin. Finis les affiches, les grands rassemblements et les flyers qui tapissent les rues. Les 32 partis politiques marocains ont en effet été confrontés au défi de la digitalisation de leur campagne électorale. Dame Covid oblige.

Quelques-uns avaient déjà anticipé cela il y a des années, en se penchant sur le phénomène des réseaux sociaux et en transformant leur mode de communication à l’image du PJD. D’autres ont bien évidemment suivi cette évolution, tandis que d’autres sont restés sur la touche.

Sur le terrain, et malgré l’absence d’une ambiance électorale, les partis politiques sont toujours présents malgré les mesures restrictives liées à la pandémie. En l’absence du porte à porte, tout se joue sur les réseaux sociaux, ou encore lors des « meetings secrets » ou meetings limités à un certain nombre de participants. La question qui se pose, c’est de savoir si les partis politiques ont relevé le défi de la digitalisation de la campagne électorale, qui sur le coût financier, revient plutôt moins cher que les meetings et rencontres, etc.

Joint par Hespress Fr à ce sujet, Mohamed Bouden, politologue et président du Centre Atlas pour l’analyse des indicateurs politiques institutionnels soutient qu’il ne fait aucun doute que les réseaux sociaux sont devenus étroitement associés à la politique, vu que de nombreuses activités et discours politiques se déroulent via ces réseaux-là.

« Malgré la nature légale de la campagne électorale, la situation épidémiologique a imposé un schéma inhabituel à un large éventail d’électeurs et de candidats. Malgré le manque de préparation observé dans la manière dont un certain nombre de partis et leurs représentants gèrent les réseaux sociaux, les flyers, les images et les slogans électoraux confirment que d’autres partis font de gros efforts pour se faire entendre et promouvoir eux-mêmes leurs programmes électoraux sur les réseaux sociaux », nous explique Mohamed Bouden.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que les réseaux sociaux sont inondés de contenus électoraux, d’un point de vue quantitatif, observe le spécialiste, « mais sans aucun critère clair pour cibler les électeurs et les jeunes générations actives sur les plateformes des médias dits alternatifs » précise-t-il.

Selon le politologue, les réseaux sociaux se sont transformés en un forum électoral public et une place de marché numérique pour les programmes partisans. Mais il ne fait aucun doute que la capacité des réseaux sociaux à diffuser rapidement des nouvelles conduira au développement d’un moyen d’absorber des programmes et des idées, fait-il observer.

La campagne électorale sur les réseaux sociaux, reste ainsi sans limites et n’est pas du ressort d’une circonscription en particulier, analyse Mohamed Bouden, raison pour laquelle, dit-il, de nombreuses anecdotes électorales sont apparues sur les réseaux sociaux.

En revanche, les rencontres directes avec les électeurs sont inestimables pour un certain nombre de candidats qui cherchent à influencer l’opinion publique locale dans une circonscription particulière et à obtenir un soutien plus large, fait observer le politologue.

Malgré ce grand défi de digitalisation pour certains partis, candidats et électeurs, Mohamed Bouden estime qu’il existe un certain nombre de pratiques qui peuvent assurer la diffusion des programmes électoraux des partis politiques sur les réseaux sociaux. Le politologue en cite quatre.

La première pratique, selon lui, reste la diffusion de vidéo en direct sur les plateformes Facebook, Instagram et Youtube comme moyen d’interagir avec les électeurs et les non-votants et pour parler aux personnes dont les problèmes ne sont pas suffisamment couverts par les médias.

Deuxièmement pratique, poursuit le politologue, reste l’approche proactive contre les Fake news et les fausses allégations en ayant recours à des conseillers juridiques ou encore des conseillers en communication politique et en communication de masse.

La troisième pratique est que les partis politiques ne doivent pas exclure les plateformes modernes telles que Facebook et Instagram et autres plateformes. « Il est vrai que Facebook et Twitter sont aujourd’hui des plateformes de diffusion d’idées politiques. Mais il existe des tranches d’âge appartenant à la génération des années 2000, qui sont plus sur Instagram et Tiktok« , avance le politologue, d’où la nécessité pour les partis politiques de se pencher sur ces deux plateformes.

Enfin, la quatrième pratique, selon Mohamed Bouden, est que les partis et les candidats doivent s’efforcer de poser des questions. C’est un bon moyen de renforcer la participation des partis politiques sur les réseaux sociaux et de montrer le désir d’écouter les électeurs et de développer des réponses à leurs questions, au lieu de se contenter de poster des photos, conclut-il.

Campagne électorale 2.0 : Les partis politiques ont-ils su relever le défi de la digitalisation ? Hespress Français.

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