L’Algérie est véritablement un pays anti-marocain (politologue)

L’Algérie qui a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc considère que « l’adversité » avec Rabat est sa seule sortie de secours pour cacher ses crises internes. La sortie de ce nouvel épisode de tensions entre les deux pays est « complètement difficile » au vu de la position hostile de l’Algérie envers le Maroc, a déclaré Driss Aissaoui dans une déclaration à Hespress FR.

Alors que le chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra a annoncé mardi soir lors d’une conférence de presse la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc, justifiant cette décision par une multiplication d’actes « hostiles » de Rabat envers Alger, la décision qui a surpris dans le monde a été accueillie comme un événement attendu par le Maroc.

L’Algérie fait du Maroc son bouc émissaire

En effet, l’Algérie qui traverse une crise multiforme, sur les plans économique, politique, social et même sanitaire, se heurte à 42 millions de personnes qui se sentent pris au piège dans un système qui, non seulement ne les représente pas (les Algériens ont boycotté tous les rendez-vous électoraux depuis le projet de 5ème mandat de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika), mais qui se caractérise aussi par une affreuse incompétence ayant conduit le pays vers la ruine.

Les derniers événements au niveau sanitaire dans le pays ont révélé la réelle situation dans le riche pays pétrolier et gazier. Des hôpitaux insalubres non préparés, incapables de soigner le grand nombre de malades en état grave, des signaux d’alerte lancés par les médecins algériens ignorés par le pouvoir, un manque cruel d’oxygène ayant conduit à la mort de milliers de personnes, une campagne de vaccination qui bat de l’aile, et une absence de réaction de l’Etat qui n’a manifesté ni compassion pour les victimes, ni sens de la responsabilité, ni apporté de solutions.

Les incendies meurtriers en Kabylie ont été la goutte qui a fait déborder le vase chez la population algérienne. Alors que les feux de forêts ont touché plusieurs pays du pourtour méditerranéen à cause des vagues de chaleur, l’Algérie a été le seul pays qui a fait le plus lourd bilan de morts, plus de 90 personnes. Et pour cause, les autorités du pays ont laissé le feu ravager les forêts pendant plusieurs jours car ne disposant pas d’avions bombardiers ni de Canadairs, et refusant les deux Canadairs proposés par le Maroc pour attendre la venue d’aides internationales.

Encore une fois, au lieu d’assumer ses responsabilités, l’Algérie commencé par justifier l’absence d’équipement aérien par des raisons topographiques. « Il y a des spécificités géographiques et topographiques, qui poussent à faire des choix techniques. Nous avons privilégié l’acquisition de moyens terrestres », avait expliqué le colonel Farouk Achour, directeur de l’information et des statistiques à la Direction générale de la Protection civile (DGPC) algérienne.

Même son de cloche chez le chef de la Protection civile algérienne, le colonel Hebiri, qui a prôné l’utilisation d’hélicoptères de transport de l’armée au lieu des avions bombardiers. Selon lui, ces derniers ne seraient pas capables de s’approvisionner en eau ailleurs qu’en mer, ne sont pas assez efficaces et sont trop lents… ainsi va la liste des reproches chez le colonel algérien. Pourtant, face à l’horreur des feux en Kabylie, les responsables algériens ont dû ravaler leur fierté et commander 4 avions bombardiers, chez le seul pays qui les livre, la Russie.

Et pour faire taire la colère de la population, l’Algérie a sorti sa carte cache-misère, celle de la menace extérieure. Mais face au manque de crédibilité de cette justification, radotée depuis des années, et la prise de conscience de l’opinion publique algérienne de la mascarade fomentée par l’armée, le système algérien a dû abattre sa dernière carte, et non des moindres.

Le Maroc, un ennemi pour l’Algérie 

« Vous savez l’Algérie a toujours préconisé un point de vue très conflictuel avec le Maroc. Ils (les gouvernants en Algérie, ndlr) considèrent que le seul ennemi que l’Algérie a, c’est le Maroc et qu’ils devraient faire attention à ce voisin. Les officiels, les ministres, l’armée, considèrent qu’il est extrêmement important de prendre en charge cette adversité avec le Maroc quitte à couper les relations avec ce pays », a confié le politologue à Hespress FR.

Il déplore par ailleurs cet « belliqueux qui n’a aucune notion de fraternité ou de bon sens ». Ce qui apparait de prime abord, c’est que c’est « un pays qui fait la sourde oreille à toutes les propositions du Maroc, c’est à dire la main tendue par le Roi Mohammed VI, et le climat positif que le Maroc a pu développer », dit-il.

Face à ces nombreux gestes d’apaisement du Maroc -malgré les attaques persistantes de l’Algérie contre le Maroc dès qu’elle en a l’occasion, dans les discours, dans les déclarations des officiels, dans les manifestations diplomatiques, dans le dossier du Sahara, par l’armée et par le président Tebboune lui-même-, « les Algériens, tenaient à montrer qu’eux, ne l’entendaient pas de cette oreille ».

Les dirigeants Algériens rejettent non seulement la main tendue pour la réconciliation mais s’opposent aussi à toute forme de discussion visant à apaiser les tensions. Pourtant ces demandes ont été répétées au niveau du Maroc, et même au plus haut niveau, à travers les adresses du Roi Mohammed VI.

Le Maroc a proposé de mettre sur la table tous les problèmes restés en suspend, tous les sujets de discorde et d’y trouver une solution et cela sans conditions, face à cela, les Algériens se sont retrouvés dans l’impasse, et la seule sortie, étant donné qu’ils ne veulent pas se réconcilier et veulent toujours garder le Maroc comme cet ennemi utile qui sert les discours de propagande, était d’aller vers l’escalade.

« De toutes les manières, travailler avec le Maroc ne peut pas être possible (pour l’Algérie). Ce qui explique qu’aujourd’hui, l’Algérie est orientée vers une coupure des relations avec le Maroc en considérant que l’adversité vis à vis du Maroc est un événement d’une extrême importance », explique Driss Aissaoui.

Et d’ajouter que « ce sont des voisins qui considèrent le Maroc comme ennemi, alors il n’y a rien à faire avec eux. Ils sont restés confinés dans leur refus ».

Une situation de conflit « difficile »

Les militaires et les gouvernants en Algérie ont toujours été contre le Maroc, a affirmé notre interlocuteur, mais avec ce geste, « ils concrétisent » et institutionalisent enfin leur position hostile.

« Ce que nous devons savoir, les Marocains doivent le savoir de manière pertinente: l’Algérie est contre le Maroc. L’Algérie est véritablement un pays anti-marocain et à chaque fois qu’il a l’occasion de le montrer, il le fait », a tranché le politologue.

Alors que l’Algérie reproche au Maroc d’avoir défendu le droit du peuple Kabyle à l’autodétermination, « il ne faut pas oublier que c’est un pays qui prend des décisions diplomatiques qui vont à l’encontre de la souveraineté marocaine et cela, ça pose un vrai problème », a fait remarquer Driss Aissaoui, en faisant référence au conflit du Sahara, fabriqué par l’Algérie et qui continue de soutenir les milices séparatistes du polisario contre le Maroc.

Le soutien d’Alger à cette organisation terroriste qui menace l’intégrité territoriale du royaume avait déjà déclenché une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 1976 lorsque l’Algérie a reconnu une la rasd en tant pays.

Aujourd’hui encore, l’Algérie est le seul pays qui défend, arme, et finance ces séparatistes contre le Maroc, minant la travail de l’Union du Maghreb arabe (UMA), de l’Union africaine (UA), et rend impossible l’intégration de la région de l’Afrique du Nord, au détriment de tous les pays, surtout de la Tunisie, de la Libye et de la Mauritanie

Et cette situation n’est pas prête de trouver une solution de ci-tôt. « C’est complètement difficile », avoue M. Aissaoui. « Le Maroc fait de la question du Sahara, une question centrale, nationale, et en Algérie (les dirigeants, ndlr) ils le savent et veulent miner le développement du Maroc à travers le Sahara. Ils veulent casser cette bonne relation qui se profilait avec le Maroc », a-t-il ajouté.

« C’est véritablement une situation de conflit avec l’Algérie (…) Le Maroc a essayé d’arranger les choses, de trouver des solutions, même pour le Sahara (en proposant le plan d’autonomie, salué par la communauté internationale et l’ONU, ndlr) » mais l’Algérie cherche « l’adversité » et « la rupture avec le Maroc parce qu’elle estime que c’est le meilleur moyen pour s’en sortir » en ce moment des crises qui la touchent en interne, alors que le Hirak, le mouvement nationale anti-système, anti classe dirigeante, ne s’est toujours pas essoufflé et menace de reprendre de plus belle.

L’Algérie est véritablement un pays anti-marocain (politologue) Hespress Français.

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