Maroc/Espagne : Les dossiers épineux à décanter selon Khatri

Selon le journal espagnol « El Pais » le retour à ses fonctions de Karima Benyaich, l’ambassadrice du Royaume du Maroc accréditée auprès du Royaume d’Espagne, à Madrid devrait se faire dans les plus brefs délais. Un retour qui signifierait officiellement la reprise des relations diplomatiques entre les Royaumes du Maroc et de l’Espagne après une période qui a fait craindre le pire de part et d’autre.

Cependant, pour autant de dires et de cordialité, des dossiers épineux demeurent dont ce retour de notre ambassadrice à Madrid justement. A ce propos, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a tenu à remettre de l’ordre et a été clair et net en déclarant à Hespress, qu’« à ce jour, il n’y a pas de date précise concernant le retour de l’ambassadeur », soulignant que « les nouvelles publiées appartiennent au côté espagnol. Lorsque nous prendrons une décision, nous publierons une déclaration officielle à ce sujet ». Pas de place donc à la surenchère médiatique.

Cherki Khatri, chercheur en sciences politiques et questions médiatiques, a, pour sa part déclaré à Hespress que « les intérêts diplomatiques marocains travailleront sur la vision royale incluse dans le dernier discours concernant la relation avec les Espagnols, une relation basée sur le bon voisinage, la coopération conjointe et ne nuisant pas aux intérêts de l’une des deux parties ». Khatri a ajouté, qu’« il y a cinq dossiers que les responsables des deux pays négocient afin de surmonter le différend qui a duré près d’un an », indiquant que « le Maroc ne renoncera pas ses principes surtout nationaux ».

Le Maroc, un partenaire fiable dans la lutte contre l’extrémisme

L’Universitaire a en outre expliqué que « le premier dossier est lié à la pose des premières pierres du Comité Supérieur Mixte, inactif au demeurant depuis des mois, qui se devra de reconstruire les formulations de la relation entre trois parties principales, à savoir, le Royaume du Maroc, le gouvernement espagnol et la Commission européenne ». Khatri a poursuivi en disant : « Le deuxième dossier est lié à la coordination sécuritaire de haut niveau entre les deux pays, qui s’est arrêtée lors de la crise causé par un certain “ Ben Battouche “ », notant que « le Maroc est un partenaire fiable dans la lutte contre l’extrémisme et qu’il a toujours été en relation étroite avec Madrid, ce qui par voie de faits profitait aux Européens ». Il va donc, falloir réactiver ce programme européen de lutte contre le terrorisme.

Le troisième dossier, poursuit notre interlocuteur, « est lié au problème de l’immigration clandestine, dont les taux ont augmenté ces derniers mois, d’autant plus que le Royaume joue un rôle majeur dans la dissuasion de ce phénomène d’immigrés clandestins qui affluent vers le sud de l’Espagne », ajoutant quant à cela que « Rabat imposera sa vision à Madrid et exigera un soutien accru au motif que le Maroc n’est pas forcément le gendarme de l’Europe ». Le gouvernement espagnol a récemment admis que « la bonne coopération entre le Maroc et l’Espagne dans la lutte contre la migration irrégulière a considérablement réduit le nombre de migrants qui parviennent à atteindre les villes de Sebta et Melilla, depuis 2003 ». Sachant en cela que Rabat a déjoué 76 000 tentatives d’immigration clandestine, au cours de l’année écoulée, 30 tentatives violentes d’infiltration dans les villes occupées de Sebta et Melilla ont également été déjouées.

L’intégrité territoriale du Royaume, l’un des piliers de la politique du Maroc

Quant au quatrième dossier, selon le Pr Khatri, il est lié à « l’intégrité territoriale du Royaume, qui représente l’un des piliers de la politique du Maroc, ce qui rendra toute nouvelle construction des relations entre les deux pays régies par plusieurs considérations géostratégiques et variables régionales, notamment après la récente reconnaissance américaine du Sahara marocain ». Khatri a souligné, que le cinquième dossier « est lié aux relations du Maroc avec certains partenaires européens qui n’ont pas encore compris que le Maroc a changé, et que les conditions régionales jouent en faveur du Royaume », soulignant que Rabat imposera désormais son programme stratégique aux Européens.

En plus de tous ces dossiers, Khatri a mis en garde contre le problème du renouvellement du “ protocole “ de la pêche maritime, Ce domaine constitue une importante source de subsistance pour nombre de familles espagnoles, à travers la centaine de bateaux de pêche dans les eaux marocaines et a indiqué que « le Maroc jouera la carte de la diversification de ses alliés stratégiques pour éviter le chantage des Européens ».

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