Maroc/Algérie : A main tendue, le GME de la discorde

Le Maroc, selon Amina Benkhadra, la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), est pour le maintien du Gazoduc Maghreb-Europe (GME), dont le contrat arrive à son terme le 31 octobre 2021.

La DG de ONHYM avait également mentionné « C’est notre volonté, telle que nous l’avons exprimée verbalement et par écrit, publiquement et dans les discussions privées, toujours avec la même clarté et la même constance ». Jusque-là, il ne s’agit que d’une volonté déclarée et pour autant rien n’a encore été arrêté, du moins officiellement. Octobre pointe déjà son nez et pas de nouvelles bonnes nouvelles. Malgré cela à l’Est de l’Eden c’est toujours la fanfaronnade qui prévaut.

Si de ce côté-ci, de la rive, on ne voit pas pourquoi l’on se priverait d’un droit de passage juteux qui plus est, légitime, de l’autre côté à l’Est de l’Eden on enrage d’un éventuel deal qui se voudrait gagnant même si l’on y trouve son compte. Le GME également appelé gazoduc Pedro Duran Farell est un gazoduc international qui part du gisement algérien Hassi R’mel et rejoint Cordoue en Espagne en traversant le nord du Maroc et le détroit de Gibraltar. Il a été construit par « l’Espagne afin de permettre au gaz algérien de rejoindre l’Europe à travers le Maroc, dans des conditions de sécurité optimales » avait précisé la DG de l’ONHYM. Inutile de rappeler que si d’aucune de ces deux parties n’en faisait usage, le Maroc en deviendrait souverain d’une partie (les 540 km qui traverse son territoire) de ce long GME de 1300 km, d’une capacité de 13,5 milliards de m3 par an.

Le GME, en service pendant les 25 dernières années, reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc « est un formidable outil de coopération gagnant-gagnant et un exemple de projet régional structurant et mutuellement bénéfique », avait tenu à souligner Mme Benkhadra. Voyons voir ! Du moins pour ce qui est de nous autres, un droit de péage de 7 % qui représente environ 200 millions d’euros par an, et la belle quantité de gaz dont le Royaume tire profit, du fait du transit via le gazoduc (800 millions de m3 de gaz) pour ses besoins ne sont pas négligeables.

Le Maroc dans ces conditions ne se voit pas cracher dans la soupe n’en déplaise à la basse-cour de caporaux. C’est que le GME qui lie, Hassi R’mel à Séville, traverse le Maroc qui est également fourni en gaz algérien depuis longtemps. L’Algérie fournit actuellement à travers ce gazoduc 60% des besoins de l’Espagne en gaz naturel. L’Algérie exporte annuellement à travers le GME pas moins de 12 milliards de m3 de gaz, qui lui rapportent au moins 650 millions de dollars. Près de 90% du gaz des caporaux est exporté vers l’Europe, principalement l’Italie, l’Espagne et la France.

C’est que dans l’affaire du GME, il y a également l’Europe via l’Espagne et le Portugal qui savent, en nations censées donner un sens à l’économie, et se rendre à cette seule raison. Avec tout ça, l’Algérie du moins le régime algérien se veut incrédule.

Peu convaincu par la sincérité et la détermination du Royaume de maintenir en vie le GME et l’économie algérienne, Alger s’entremêle les crampons et bombe le torse. Pour le régime kaki qui s’en rassasie c’est trop eau pour être vrai. Aussi, estime-t-on du côté de la vénérable APS « C’est du pur mensonge», et la voix de son maître d’ajouter « Alger  «n’a toujours pas décidé de reconduire le contrat à l’expiration, le 31 octobre prochain ».

Et l’APS de rappeler que des  «experts» ont rappelé que «l’Algérie exporte également du gaz par un autre canal totalement nouveau, à savoir le gazoduc Medgaz à partir de Beni Saf». A toutes fins utiles, et en prévision d’un éventuel arrêt par le Maroc du passage du gaz vers l’Espagne, les directeurs des sociétés Sonatrach et de Naturgy se sont engagés, début juillet à l’occasion d’une réunion organisée à Oran, pour la mise en service de l’extension du gazoduc Medgaz pour l’automne prochain.

L’accord prévoit une augmentation de la capacité du gazoduc de 25% de plus à partir du quatrième trimestre de 2021. Medgaz est détenu à hauteur de 51% par la compagnie algérienne Sonatrach et 49% revient au groupe espagnol Naturgy. A titre de rappel Medgaz est d’une capacité d’environ 10 milliards de m3 par an, inférieur de plus de 2 milliards de m3 par rapport au GME. Alger s’ose une fois de plus à refuser une main tendue, c’est à croire qu’elle en fait une fixation. Au pire des cas pour le Maroc, il pourrait exporter du gaz d’Europe par ce même GME et si ça se trouve il serait algérien. Un comble pour le caporaux.

Maroc/Algérie : A main tendue, le GME de la discorde Hespress Français.

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