Incendies à Chefchaouen : Des militants associatifs exigent un dédommagement aux agriculteurs impactés

C’est un sombre tableau qu’a dressé Abdelghani Misbah, militant associatif de la province de Chefchaouen, concernant les incendies qui ont ravagé la forêt de « Sougna » et les forêts des montagnes de Chefchaouen situées entre les communes de Tanakoub et Derdara. Les flammes ont ainsi transformé en cendres, environ 1.100 hectares de couches forestières dans le parc naturel de Bouhachem. 

Aujourd’hui, et après avoir maitrisée les incendies, les riverains des forêts touchés vivent dans une situation misérable endurée par l’incendies d’hectares de forêts qui ont formé au fil des années un espace de pâturage pour leur bétail. Ce dernier est menacé par l’absence de pâturage justement, en plus des flammes qui ont dévoré des centaines d’arbres fruitiers, ce qui a causé de lourdes pertes aux agriculteurs, selon le témoignage de Misbah.

Pour limiter les dégâts aux agriculteurs, le militant associatif a exigé de « fournir du fourrage aux agriculteurs avant d’entamer toute procédure ou publication des rapports des commissions », jugeant ainsi la question « urgente et n’acceptant pas de report ou de retard ».

« Des centaines de ruches d’abeilles ont été endommagées et détruites. Elles constituent une source de subsistance pour la population voisine, qui manque de cultures alternatives en raison de la nature géographique de la zone », a avancé le militant.
Il a ainsi averti, dans une déclaration à Hespress Ar, que « la situation actuelle met à mal les agriculteurs et les habitants des zones touchées », appelant les autorités à « compter les personnes impactées et à les dédommager en fournissant de l’orge subventionnée comme fourrage afin qu’il n’ait pas à vendre leur troupeau à bas prix ».

Abdelghani Misbah, qui est expert en gestion des risques, a déploré « l’absence d’une approche participative des populations locales et voisines dans le processus d’extinction des incendies en se contentent des vols aériens à l’aide de Canadairs », estimant que « l’intervention terrestre est plus efficace, en raison de la particularité des forêts de Chefchaouen, qui sont connues pour ses mauvaises herbes qui accélèrent la propagation des flammes ».

Il a également critiqué le fait de laisser la flotte de transport scolaire garée, au lieu de l’utiliser dans le processus de transport de volontaires pour participer au processus de lutte contre l’incendie, soulignant que les habitants de la région sont qualifiés et capables d’accélérer la maîtrise de l’incendie.

L’acteur associatif rappelle dans ce sens, « l’incendie de l’année dernière, auquel les habitants de la région ont pris part, avec des moyens simples, ce qui a permis de contenir les incendies en créant un chemin de terre qui a coupé la route des flammes et limité sa propagation ».

Ainsi, Abdelagani Misbah a appelé à « impliquer la population locale dans la protection de la forêt, comme c’est le cas dans les forêts de Sidi Slimane, à travers la création de coopératives qui travaillent dans et pour la forêt. Une approche qui a montré son efficacité, puisque les forêts de l’Orientale n’ont enregistré aucun incendie ou violation, étant donné que la population bénéficiaire considère la forêt comme étant sa deuxième maison », a-t-il soutenu.

Ce natif de la région a également appelé les autorités à « adopter une approche participative autre que la retenue », suggérant ainsi de creuser des puits dans les forêts qui pourront être utiliser en cas d’incendie et éviter ainsi de perdre du temps dans les aller-retour à la rechercher de l’eau.

De son côté, Bilal Khayroun, président de l’Association Ajyal pour l’enfance et la jeunesse, a déclaré que « l’incendie a détruit des zones plus vastes qu’annoncées par les autorités, s’étendant sur 27 kilomètres, et causant ainsi des dommages à la richesse forestière qui caractérise le parc naturel de Bouhachem ».

Le président de l’Association Ajyal a ainsi confirmé à Hespress que l’incendie a causé de gros dégâts à plus de 20 Douars dans les communes de Tanakoub et Derdara. « Environ un millier de ruches d’abeilles modernes et traditionnelles ont été détruites et des centaines d’arbres fruitiers divers » selon les données obtenues de la population locale. L’acteur associatif a ainsi appelé les autorités compétentes « à dédommager les agriculteurs et fournir du fourrage pour le bétail ».

Incendies à Chefchaouen : Des militants associatifs exigent un dédommagement aux agriculteurs impactés Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page