Le Liban plonge dans une grave pénurie de carburant et d’électricité

Au Liban, la situation humanitaire sociale et économique continue de se dégrader, et les produits de première nécessité commencent à être difficiles à se procurer. Les pénuries d’essence plongent le pays dans l’insécurité et les coupures d’électricité dans l’un des régions les plus pauvres du pays menacent de se répandre à d’autres régions.

Le pays du cèdre s’est transformé en l’espace de quelques mois d’un havre de paix, de la Suisse du Moyen Orient à un enfer sur terre pour des milliers de Libanais qui ont vu leur train de vie subir un gros coup dur à cause de l’inflation et la chute de leur monnaie indexée sur le dollar. Même les protections hygiéniques mensuelles sont devenues hors de prix pour une majorité de femmes atteignant jusqu’à 30 dollars le paquet.

Pour sauver le pays de la dérive, des centaines d’initiatives à travers le monde ont été lancées, principalement chez les citoyens pour recueillir de l’argent mais aussi des vivres et surtout des médicaments de base qui sont devenus inaccessibles à cause des ruptures de stock.

Les hôpitaux du pays sont également dans une situation déplorable, et des signaux d’alerte ont déjà été lancés à cause des pénuries d’électricité et de carburant qui met des milliers de personnes sous assistance respiratoire en danger.

Dans la région d’Akkar dans le nord du Liban, l’une des plus pauvres du pays, l’électricité est coupée plus de 22 heures par jour, et les générateurs de quartiers qui viennent en renfort pour contrebalancer les coupures de l’Etat, sont également contraints de rationner le courant.

« Plusieurs régions du Akkar connaissent une interruption quasi totale des réseaux de téléphonie terrestre et cellulaire, mais aussi de l’internet », a indiqué l’Agence nationale d’information (ANI) à cause du manque de fioul.

Les télécommunications sont temporairement interrompues « en raison du manque de fioul », a indiqué de son côté Imad Kreidieh, directeur général d’Ogero, compagnie de téléphonie publique et fournisseur d’internet.

Et face à la sonnette d’alarme tirée par les hôpitaux de la région, les fournisseurs de fioul ont indiqué qu’ils devaient servir en premier le secteur des télécommunications, laissant pour compte les vies humaines.

La région du Akkar est doublement touchée, car elle a été également visée par l’explosion d’un camion citerne dimanche qui a fait au moins 28 morts et près de 80 blessés qui ont ajouté leur poids sur le système de santé déjà handicapé ne supportant plus la pression des malades.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé l’envoi de médicaments et de fournitures médicales pour soigner jusqu’à 3.000 patients mais aussi 250 malades souffrant de brûlures, et des blessés de cette région ont aussi été évacués vers des hôpitaux en Turquie et au Koweït.

Mais face à la crise du carburant des violences ont éclaté dans le pays et des routes ont été fermées par des automobilistes. La crise du carburant a été déclenchées suite à la décision prise par le Banque du Liban (BDL) de ne plus subventionner le carburant.

Cette décision a été jugée illégale par le Premier ministre démissionnaire et chargé des affaires courantes, Hassan Diab. Une levée totale des subventions causerait une augmentation 344% du prix du bidon d’essence et d’environ 387% de celui du diesel.

La banque central libanaise justifie cette décision par « plus de 800 millions de dollars (payés) pour l’achat d’hydrocarbures en juillet ». Face à cette nouvelle donne, des stations essence on fermé dans l’attente d’une hausse des prix, pour vendre l’essence aux nouveaux prix sans subvention.

Samedi, l’armée a commencé à faire le tour des stations de service pour les obliger à rouvrir. Mardi, des coups de feu ont été tirés contre une station service, dans la banlieue de Beyrouth.

Selon l’agence officielle, des blessés ont été recensés, et l’armée a été déployées en arrêtant les responsables des tirs. Selon une source sécuritaire, les auteurs des tirs de feu sont des membres d’une famille ayant entreposé son carburant dans cette station service, certainement pour spéculer sur les prix prochainement.

Les propriétaires du carburants auraient refusé que l’armée ne saisisse leur bien. L’armée mène depuis quelques jours une chasse au carburant en saisissant tous les stocks qu’elle trouve.

L’armée libanaise a précisé mardi soir avoir saisi plus de 4,3 millions de litres d’essence et 2,2 millions de litres de fioul entre samedi et lundi, sur Twitter, en expliquant qu’elle a obligé ceux qui détenaient des stocks de carburant à les vendre et à distribuer 1,6 million de litres de fioul aux hôpitaux, aux boulangeries et à un service public d’électricité.

Le Liban plonge dans une grave pénurie de carburant et d’électricité Hespress Français.

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