Le pouvoir en Afghanistan capitule, vers un gouvernement de transition

Le pouvoir en Afghanistan se dirige vers un gouvernement de transition face à la prise presque totale du pays par les insurgés. Les talibans sont entrés dans les villes clés du pays sans trouver aucune résistance de l’armée. 

« Les Afghans ne doivent pas s’inquiéter (…) Il n’y aura pas d’attaque sur la ville (de Kaboul). Et il y aura un transfert pacifique du pouvoir vers un gouvernement de transition », a déclaré le ministre afghan de l’Intérieur, Abdul Sattar Mirzakwal dans un message vidéo.

Le président Ashraf Ghani, acculé, n’avait plus d’autre choix que de capituler face à la rapidité déconcertante avec laquelle les insurgés se sont emparés du pays à la faveur du retrait des forces américaines et étrangères.

En l’espace de 10 jours, les talibans ont réussi à prendre le contrôle de presque tout le pays à l’exception de quelques villes éloignées non proches de la capitale et sans grand intérêt, provoquant l’échec de deux décennies de mission de « paix » des États-Unis dans le pays et des milliards de dollars partis en fumée.

Le pouvoir en Afganistan lâché par les Occidentaux

Face à l’abandon des Occidentaux, qui s’est manifesté par la fermeture des ambassades et de l’évacuation du personnel diplomatique et la destruction des documents importants, le gouvernement d’Ashraf Ghani, détenant du moins officiellement le pouvoir en Afghanistan, s’est retrouvé piégé par les talibans et abandonné à son sort.

Ashraf Ghani qui s’adressait aux Afghans la veille, leur indiquant que des consultations d’urgence ont été lancées, en appelant les forces afghanes à se déployer, n’aura pas pu tenir sa promesse.

En quelques heures, le pays tombait aux mains des talibans et des millions d’Afghans vivaient dans l’insécurité totale, causant des déplacés par milliers, et un climat extrêmement tendu et inquiétant pour l’avenir des femmes et des filles afghanes.

Dimanche, alors que les talibans étaient sur le point de prendre la capitale pour acter leur prise totale du pouvoir, les troupes ont reçu l’ordre de ne pas entrer.  Les talibans restaient toutefois aux abords de la ville et selon les témoignages, des troupes ont été aperçues dans les banlieues de la ville, encerclant vraisemblablement le dernier bastion du gouvernement d’Ashraf Ghani.

La perspective de combats dans la capitale serait une catastrophe humanitaire sans précédent et réduirait à néant tous les efforts déployés dans le pays depuis 20 ans par l’armée américaine et les forces de l’Otan.

« L’Émirat islamique ordonne à toutes ses forces d’attendre aux portes de Kaboul, de ne pas essayer d’entrer dans la ville », a écrit Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans sur Twitter, mais les habitants avaient déjà aperçu des talibans dans les quartiers éloignés de Kaboul.

Ce week-end, les talibans avaient encore engrangé une nouvelle victoire en s’emparant de la ville de Jalalabad et de Mazar-i-Sharif, la quatrième plus grande ville afghane et le principal centre urbain du nord du pays.

De son côté, l’armée afghane qui a été formée et fiancée par les États-Unis semblait avoir capitulé devant les talibans. Des milliers de soldats afghans ont déjà commencé à chercher l’amnistie auprès des talibans pour éviter des représailles ou des exécutions après la prise de pouvoir par ces insurgés. Que fera le pouvoir en Afghanistan ? Cèdera-t-il aux talibans ?

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