Afghanistan: la débandade des Occidentaux face aux talibans

La situation sécuritaire en Afghanistan se complique de jour en jour depuis le retrait des troupes américaines qui a favorisé l’offensive des talibans contre le pouvoir en place. Actuellement, les zones sous contrôle des talibans sont devenues presque supérieures à celle contrôlée par l’État. Samedi, le président afghan Ashraf Ghani a annoncé le début de consultations d’urgence pour mettre fin à la guerre. 

Le président afghan a lancé samedi des « consultations » pour trouver rapidement une solution politique pour garantir la « paix et la stabilité » dans le pays, a-t-il affirmé dans un discours. Les consultations incluent des responsables politiques, les partenaires internationaux, indique-t-il.

« La remobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un », a-t-il également déclaré en référence à l’armée qu’il appelle à être mobilisée pour stopper l’assaut des talibans qui se trouvent actuellement à moins de 50 km de la capitale afghane.

« Je ne laisserai pas la guerre imposée au peuple causer la mort de plus de gens innocents, la disparition des réalisations de ces 20 dernières années, la destruction des équipements publics et la poursuite de l’instabilité », a affirmé M. Ghani.

Les talibans qui s’étaient engagés lors des pourparlers de Doha à maintenir la paix et ne plus plonger le pays dans l’instabilité, ont renoué avec leurs anciennes pratiques, en lançant une offensive en mai, qui fait suite au retrait des troupes américaines (déployées depuis 20 ans) et celles de l’OTAN.

Ces derniers jours, la guerre lancée par ces extrémistes se poursuivait face à des soldats afghans incapables de retenir la pression et faire face à leurs prises des zones rurales et des postes-frontière. En l’espace d’une semaine, les talibans ont pris le contrôle du nord presque en entier, l’ouest et le sud de l’Afghanistan.

La débandade se poursuit

L’invasion des talibans et leur menace est si inquiétante, surtout depuis qu’ils sont arrivés aux portes de la capitale Kaboul, que plusieurs pays dont l’Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, la Finlande, ont rappelé leur personnel diplomatique du pays et s’organisent pour évacuer leurs ressortissants et personnels comme les traducteurs.

D’autres pays comme le Danemark et la Norvège ont fermé leur ambassade à Kaboul, tandis que l’Italie observe les derniers développements de la situation, mais se dit prête à évacuer rapidement ses diplomates et ressortissants de Kaboul.

Vendredi, le gouvernement canadien s’est dit prêt à accueillir 20.000 réfugiés afghans dans le cadre d’un nouveau programme d’immigration à cause de « crise humanitaire émergente dans la région », les États-Unis avaient annoncé une mesure similaire plus tôt.

Dans cette affaire, les critiques internationales fusent et accusent principalement le président américain Joe Biden d’être responsable de la détérioration de la situation sécuritaire en Afghanistan. Le chef de la Maison-Blanche est acculé et critiqué notamment par Londres, mais aussi dans son propre pays.

L’ancien président américain George Bush qui avait lancé la mission américaine en Afghanistan a exprimé son désaccord profond avec le retrait des soldats américains, il y a quelques jours, affirmant avoir des craintes surtout pour les femmes et les filles afghanes.

Vendredi, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit « horrifié » et « déchiré » par les informations sur des violations des droits des Afghanes par les talibans.

« Je suis profondément préoccupé par les premières informations selon lesquelles les talibans imposent de sévères restrictions aux droits humains dans les zones qu’ils contrôlent », a déploré le chef de l’ONU devant la presse.

« Il est particulièrement horrifiant et déchirant de voir que les droits durement acquis par les filles et les femmes afghanes sont en train de leur être enlevés », a-t-il ajouté face à ce retour 20 ans en arrière opéré en moins de trois mois.

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