L’Algérie déclare la guerre à Facebook

L’horloge mentale, biologiquement soit-dit, de l’imprononçable président algérien s’est bloquée à l’heure de la Pravda soviétique lors de la dissolution de feue l’ex-URSS, il y a de cela trois décennies et n’a plus évolué depuis. Le bonhomme n’en a retenu que la mentalité, d’une politique soviétique qui dura pendant près de 70 ans et qui tout au long de son histoire, des dizaines de millions de personnes ont été victimes de la répression politique qui avait été l’instrument de l’État depuis la révolution d’octobre.

Il n’est donc pas surprenant de constater que cet héritage vit toujours chez ses adeptes en Algérie, parfois même, de manière très volontairement agressive et sans scrupules. La dernière du mal élu, museler les réseaux sociaux, comme il a su si bien le faire avec certains médias locaux en Algérie qui se sont soumis à la « voix de leur maître », tous penauds. Nostalgie de l’ère soviétique, Abdelmadjid au nom imprononçable vient de déclarer la guerre à Facebook, une Pravda des temps modernes qu’il veut mettre au pas. Mais aujourd’hui, avec la facilité de l’accès aux nouvelles technologies, le rapport entre les citoyens et réseaux sociaux est tout autre et concerne des dizaines de millions d’Algériens qui l’utilisent au quotidien dans leur quête de l’information et de leurs échanges locaux ou interplanétaires. L’effronté a déclaré à sa presse le 8 août, « Je mets en garde les citoyens contre Facebook, il provient d’un pays qui ne veut pas du bien à l’Algérie ». Heureusement que le joujou de Mark Zuckerberg est un Made USA, sinon de ce côté on aurait fait encore les frais d’une Schizophrénie pure Pegasus.

Toujours est-il que mordicus le gouvernement algérien est resté fidèle au chant du coq de bassecour et d’un communiqué au réquisitoire sévère contre Facebook, publié jeudi 12 août, le ministère de la Communication a accusé la société américaine de devenir « une arme contre le peuple et l’État » et d’être « au service des intérêts des lobbies hostiles et de leurs sbires ». Une déclaration de guerre pure et dure, confirmée donc, dans l’attente que ce bon vieux Changria envoie ses missiles dans la Silicon Valley dans son prochain édito de son légendaire « el Djeich » ou quelque chose comme ça. Et comme un déjà vu pour un autre ennemi -suivez d’autres regards- le communiqué nouveau du ministère de la Communication dirigé par Amar Belhimer tout juste arrivé ressasse « L’Algérie est « déterminée à défendre sa souveraineté numérique nationale et protéger son peuple contre les activités et les plans subversifs que contiennent des contenus relayés récemment sur Facebook »

Et de développer, « Les contenus relayés ces derniers jours sur Facebook constituant une atteinte et une menace aux intérêts et à la renommée de l’Algérie », souligne le ministère, précisant que l’État « est déterminé à prendre toutes les mesures et procédures légales contre cette Compagnie pour l’amener à traiter l’Algérie au même titre que les autres pays », soulignant « multiples sont les exemples impliquant l’Algérie et dont on peut vérifier la véracité ». Et le département de Communication rappelle qu’« un peu plus d’un mois, les Algériens ont signalé la fête de l’indépendance et ont constaté, encore une fois, que les images odieuses de la colonisation avaient été masquées pour la seule et unique raison d’empêcher le peuple algérien de faire connaître l’histoire de son pays ».

Le meilleur pour la fin est le style schizophrène d’Abdelmadjid au nom imprononçable quand il avait eu ces mots, devant son parterre journaleux, en guise de mise en garde contre « les rumeurs qui prolifèrent dans les réseaux sociaux » autour de différents secteurs et qui « exploitent la conjoncture sanitaire actuelle » pour semer la « terreur » dans l’esprit des citoyens en « diffusant des fakenews et des vidéos truquées ». En plus d’être « une arme utilisée par ceux qui veulent déstabiliser l’Algérie par le biais des réseaux sociaux », les rumeurs « attentent à la sécurité nationale, ce qui nous a amenés à la création d’un Pôle pénal dédié à la lutte contre les crimes cybernétiques », faisant état, à cet égard, de « moyens ultras concentrés » en possession de l’Algérie qui « seront mis à la disposition de ce pôle pénal à compétence nationale », assurant d’une « politique de tolérance zéro à l’encontre des contrevenants dans le cadre des tentatives d’atteinte à l’unité nationale et à la stabilité de l’Algérie ». Ah bon ! À l’Est de l’Eden aurait-on acquis le logiciel espion Pegasus ?

L’Algérie déclare la guerre à Facebook Hespress Français.

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