Administration : Quand l’obligation de la performance néglige l’esprit citoyen

Tenue par la performance, l’Administration publique marocaine (APM)  a tendance à chaque événement que le pays connaît, à négliger sa gestion publique justement, en privilégiant un service donné au détriment de l’autre.

Normal, au regard des différentes réformes et la modernisation qu’a connue l’Administration publique marocaine ces dernières années et qui repose sur le renforcement de la performance de la gestion publique et de l’administration. Aussi voit-on se développer des modèles de contrôle de gestion et la maîtrise de la performance est devenue un thème majeur des recherches.

C’est d’ailleurs, le cas dans ce contexte électoral particulier et pandémique où les services aux citoyens se retrouvent relégués au second rang, notamment pour ce qui est des gestions de leurs doléances. On a vu, la responsabilité qui incombait à certains arrondissements en des périodes données, nettement ralentir la performance de ces derniers dans le strict et seul souci de réussir cette étape préliminaire qu’est le bal électoral qui va s’en suivre en septembre. Certes, les affaires courantes, par ces temps d’élections, sont, on va dire, honorées pour ce qui est des paperasses administratives afférentes au quotidien des citoyens, mais force est de constater que les doléances de ces derniers quant aux autres affaires (chikayats ou autres) relevant également du quotidien citoyen, mais n’ayant pas trait à la paperasse (légalisation, et autres certificats de ventes, de naissance, etc.) se retrouvent devant des bureaux vides.

Les effectifs de tel ou tel service ayant été mobilisés pour la cause principale à savoir soit l‘Aïd-El-Adha, les élections ou autre crise sanitaire etc. Du coup, les doléances citoyennes sont reportées à l’après-évènement. C’est ainsi que des enquêtes de proximité, ou tout simplement les enquêtes nécessaires à la légalité de l’exercice d’une association, amicale ou organisation sont renvoyées à d’autres calendes. C’est ce que l’on peut appeler une gestion prioritaire du politique au détriment des services citoyens. Il est clair également que la pandémie n’a pas facilité la tâche au ministère de tutelle qui aurait dû prévoir de renforcer ses effectifs pour les services dédiés aux citoyens.

En juin 2018, Saad Dine El Othmani déclarait lors d’un conseil de gouvernement « On ne tolérera plus aucun laxisme ». Le chef du gouvernement, dans un moment de lucidité politique, voulait peut-être, mettre ainsi en garde contre le manquement, par certaines administrations, à l’application des décisions prises par l’exécutif ou tout simplement à leur devoir d’obligées envers le citoyen. Une remontrance à titre de sortie, rare et, qui aurait pu se vouloir être un message fort, histoire de rappeler à l’administration son rôle dans l’exécution de ses engagements. Mais seulement voilà, trois ans plus tard on en est toujours au même stade sinon que cela a empiré. Depuis on n’a toujours pas trouvé ni oreille ni écoute à ces dires. Tant que des structures profondes de l’appareil administratif n’ont pas été engagées et que les mentalités n’aient pas été appelées à changer ou évoluer, ce n’est pas demain la veille que l’on risque de relever le défi de servir le citoyen à bon escient en tout temps et toutes épreuves.

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