Algérie : la balourdise d’un ambassadeur hors sujet et la dynamique citoyenne

Le tic prédominant de l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, est sans aucun doute la polémique qu’il déclenche à chacune de ses sorties médiatiques. La personnalité de son excellence, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, se caractérise par cette vertu hors norme, une expertise toute de maladresses, sans équivoque et nulle part ailleurs. Ce coup-ci, c’est à dire, hier dimanche 8 août, il a une fois de plus dérapé.

Le malheureux tentait d’expliquer le contenu de son premier communiqué à propos des mesures étatiques quant aux dons de la diaspora algérienne à leurs compatriotes en Algérie. Une dynamique citoyenne que le régime kaki tente à tout prix de briser en y imposant un dispositif des plus restrictifs. Mal en prit au bonhomme, puisque ses déclarations d’un talent balourd et gauche, lui ont valu un tas de noms d’oiseaux, par internautes algériens interposés.

David a eu tout faux, il a, une fois de plus foiré. En effet, une bonne partie de la diaspora algérienne et nombre de citoyens algériens ont considéré les dires de son excellence le représentant diplomatique d’Algérie en France comme « irresponsables ». Plusieurs collectifs dans l’Hexagone qui organisent l’opération de solidarité ont même appelé à ne pas passer ni par l’ambassade de Paris, ni encore moins par l’institution étatique à Alger, la fameuse Pharmacie centrale (PCH), seule et unique destinataire de dons en Algérie. La PCH est chargée de dispatcher et d’acheminer les dons à travers le pays. Sa caractéristique principale et d’être rongée par la corruption et les dysfonctionnements et dernièrement, elle a été ébranlée par un immense scandale de détournements de fonds publics, ses dirigeants goûtent à la paille des geôles dans l’attente de celles des bancs miteux du tribunal d’Alger.

Cela étant, pour ce qui est du décor planté, c’est une note publiée le 8 août 2021 publiée  par l’ambassade d’Algérie à Paris, qui a tout déclenché. Alors que les dons fusaient de toutes parts, de l’intérieur comme de l’extérieur d’une Algérie qui connait depuis plusieurs jours la plus importante vague de contaminations à la covid-19 depuis le début de la crise sanitaire, l’ambassade d’Algérie à Paris révèle avoir décidé de centraliser les dons de la diaspora au niveau de la Pharmacie centrale d’Alger. Cette décision a pris au dépourvu et brisé l’élan de solidarité des collectifs et associations des ressortissants algériens en France et nombre d’entre eux ont décidé de suspendre les dons vers l’Algérie, à l’instar de l’association Thagmats de Boghni, (Boghni étant une commune de la wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie).

Sur sa page Facebook, l’association a fait part de sa stupéfaction après réception de la fameuse note indiquant « la centralisation des dons de la diaspora au profit de la pharmacie centrale d’Alger ». La réponse de l’Association a été radicale. « Notre association dénonce fermement cette note, et informe l’ensemble des donateurs et participants à notre magnifique élan de solidarité que nous arrêtons jusqu’à nouvel ordre tout acheminement d’aides et dons qui nous ont été confiés ». D’après le communiqué de l’association, les dons étaient, et resteront, destinés à Boghni, dans la wilaya de Tizi Ouzou, ou une véritable flambée de contaminations a été enregistrée ces dernières semaines. « Notre association n’a pas vocation à faire de la politique, mais nous tenons à acheminer les aides et les dons jusqu’à la destination désirée par les donateurs, c’est-à-dire toute la région de Boghni », indique le communiqué de Thagmats Boghni. Et pour tout arranger son excellence l’ambassadeur y a ajouté du sien avec ses déclarations. Il s’agit notamment de ces deux phrases largement partagées sur les réseaux sociaux :« s’il y a des gens qui ont les moyens d’acheter des concentrateurs, de les transporter eux-mêmes, et de les distribuer dans leurs villages ou dans leurs communes, qu’ils le fassent. L’État ne les en empêche pas ».

Des phrases suivies de : « Personnellement, je représente toute l’Algérie, du nord au sud, et de l’est à l’ouest. Je ne travaille pas pour une région précise. Les dons doivent être envoyés au ministre de la Santé. C’est à lui de diriger les opérations ». Ces propos indignes d’un diplomate « refusant le droit la solidarité et stigmatisant une région », en l’occurrence la Kabylie pour ne pas la nommer et ne pas fâcher Abdelmadjid au nom imprononçable ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux en Algérie. D’aucuns n’y voient que la voix de son maître, d’un ambassadeur pour « casser le formidable élan de solidarité en voulant contrôler les dons et les détourner de leurs destinataires initiaux ». Cette sortie maladroite une fois de plus de l’ambassade a fait réagir notamment, le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, Said Salhi qui l’a qualifiée d’« Un grave dérapage du diplomate algérien. Hallucinant, des propos à peine voilés contre la Kabylie. Heureusement que nos diplomates ne communiquent pas beaucoup, sinon ils auraient provoqué plusieurs incidents diplomatiques ».

Algérie : la balourdise d’un ambassadeur hors sujet et la dynamique citoyenne Hespress Français.

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