Covid : Les tests de la discorde des labos et de la tutelle

Avec la propagation de la Covid-19, les citoyens, voulant se rassurer sur la confirmation ou non de l’infection ont recours aux tests PCR et autres  dans les hôpitaux (gratuits, enfin…) et aux laboratoires (payant) pour ce faire. Cependant, ils se trouvent confrontés à la dure réalité des établissements publics bondés et ou en manque de tests disponibles, c’est tout naturellement donc qu’ils se rabattront vers les laboratoires où ils doivent faire face à la cherté du prix du PCR qui varie au bas mot entre 600 et 700 dhs et bien plus si affinité.

Le test antigénique (rapide) qui détecte si la personne est contaminée par le coronavirus au moment du test est d’environ 400 dirhams. En raison de ces prix que d’aucuns estiment exorbitants, nombre de Marocains ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux. Ils y dénoncent l’échec de l’Etat à fournir ces tests à un prix approprié pour soulager la pression sur les hôpitaux publics et inciter les citoyens à procéder à un “autotest“ à domicile. Les propriétaires des laboratoires sont particulièrement ciblés au regard des nombreuses critiques et articles que leur réservent les internautes, sur « Facebook » notamment. Il leur est reproché, alors que toutes les composantes étatiques, civiles et autres luttent contre ce fléau des temps modernes, de se remplir la panse sur la dos de la misère humaine.

Il y a trois ou quatre semaines des tests salivaires antigéniques rapides étaient mis en vente en pharmacie (Made in Morocco à 100%). Ils avaient été fabriqués par l’entreprise marocaine  de biotechnologie, Gigalab pour ne pas la nommer (fabrication d’un test PCR et deux tests rapides avec une capacité de production de 2.000.000 unités/mois) et avaient préalablement eu l’aval du ministère de la Santé. A la mi-juillet, l’association des biologistes marocains se serait opposée à la vente de ces produits en pharmacie en indiquant  que le prélèvement de salive dans la bouche constituait un acte médical et que donc il ne pouvait rester à disposition des pharmacies.

Mais en réalité ce test, vendu à 100 dhs (achat à 70 dhs hors TVA (20%) et 10 dhs de marge) en pharmacie, allait leur faire une concurrence terrible d’où, semble-t-il, cette intervention pour le moins incongrue et non conforme aux règles de la bienséance ni même de la concurrence par ces temps de crise sanitaire critique et où la solidarité doit être de prime à tous les niveaux. Dernièrement, le ministère de la Santé a fait retirer et récupérer tous ces tests des pharmacies, indiquant dans la note de retrait qu’il y avait quelque chose à vérifier. Mais ô surprise ce même test serait retrouvé en vente chez les médecins à 300 dhs, sans bien sûr, les honoraires du médecin et de la consultation, alors que le prix coûtant est de 70 dhs (hors TVA). Résultat pour le consommateur ou patient, son crachat est testé à plus de 300 dhs au lieu des 100 dhs. Ce crachat qui n’a de cesse de prendre de la valeur devrait être réservé à d’autres fins que celles des tests salivaires antigéniques rapides. Enfin, disons qu’il vaut mieux le ravaler.

Dans un commentaire sur ce sujet, le mouvement “Ma3an“ (Ensemble) a déclaré que « la Direction des médicaments du ministère de la Santé a retiré un produit pour l’examen rapide du Covid des pharmacies, et contraint des milliers de citoyens à se soumettre à des analyses de laboratoire malgré leur simple besoin de confirmer ou de démentir l’infection par la maladie Covid-19 ». Le mouvement a en outre indiqué : « Dans une période critique où l’autosuffisance médicale et pharmaceutique constitue un défi mondial que tous les pays s’efforcent de relever, un laboratoire marocain réussit à produire un détecteur de salive pour la maladie du coronavirus, et le propose au citoyen pour un prix ne dépassant pas 100 dirhams ; Soit un septième du prix (au bas mot) de l’analyse effectuée dans les laboratoires, soulignant que « la santé du citoyen marocain n’est pas une marchandise et n’est pas soumise aux enchères, aux calculs de bénéfices et aux marges de pertes commerciales. Au contraire, poursuit-on,« il doit être préservé et toutes les initiatives nationales sincères, encouragées, afin de renforcer l’industrie pharmaceutique et atteindre une autosuffisance nationale »

Covid : Les tests de la discorde des labos et de la tutelle Hespress Français.

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