L’Aid casablancais : une joie gâchée par le boom des déchets

L’année dernière, les Casablancais avaient produit 14.000 tonnes de déchets le premier jour de l’Aid (28.000 pendant 3 jours), contre 5.000 en temps normal. Une quantité énorme et difficile à ramasser malgré la mobilisation de plus de 5.500 agents.

Chaque année pendant la période de l’Aid Al-Adha, les Casablancais produisent quelque 14 tonnes de déchets le premier jour de l’Aid, contre 5 tonnes en temps normal. Une quantité énorme de déchets qui est difficile à ramasser, mais aussi difficile à liquider sans parler des odeurs qui s’en dégagent.

La fête du mouton approche à grands pas. Hormis son aspect festif et le véritable régal entre autres avec les grillades d’abats dont le « Boulfaf » (foie grillé, découpé et enveloppé de crépine ndlr), l’Aid Lakbir apporte également son lot de « saleté », de « pollution », de « désordre » et de « Siba » (anarchie ndlr).
Alors que les autorités mettent à la disposition des vendeurs et éleveurs de moutons des « espaces aménagés » pour la vente de leur bétail dans le but d’éviter l’émergence des « Souks » (marché forain éphémère ndlr) un peu partout, d’innombrables « infractions » sont enregistrées au quotidien au détriment de la quiétude des citoyens.

Des infractions et des réticences

Parmi celles-ci, on enregistre la vente de moutons dans les garages, au beau milieu de quartiers résidentiels, avec une indifférence totale quant au préjudice subi par les habitants. Odeurs nauséabondes, blocage de circulation, ordures jetées dans la rue… Bref, la liste est longue.

Une affliction pour certains, qui dure une quinzaine de jours avant l’arrivée du jour J et se poursuit quelques jours après la fin de l’Aid, mais un « régal » pour d’autres qui s’y trouvent et montrent des réticences aux changements malgré les différentes campagnes de sensibilisation.

Tandis que ces derniers s’accommodent avec cette situation, d’autres disent que c’est la Bérézina.

Sur le groupe Facebook casablancais par excellence « Save Casablanca« , les réactions fusent.
« J’ai besoin de conseils, savoir ce que je dois faire (…) Mes parents habitent dans un quartier populaire. Des voisins propriétaires de ce magasin ont décidé de le louer à un vendeur de mouton. Je vous laisse imaginer l’odeur de l’habitation de mes parents plus les mouches et le bruit. Je trouve ça aberrant. Il y a des endroits pour vendre les moutons », se plaint une jeune femme casablancaise.

Ce cas est loin d’être isolé. Nombreux sont ceux qui vivent la même situation, mais qui se savant pas à quel saint se vouer soit par ignorance de la loi ou de peur de subir le harcèlement et les représailles des propriétaires ou des locataires.

Quelle gestion du boom des déchets ?

Après tout, la responsabilité demeure partagée en tous. La responsabilité ne peut être imputée aux vendeurs ou aux autorités seuls du moment que les citoyens se rendent de plein gré aux garages pour l’achat de leurs « sacrifices ». « Si nous ne changeons pas nos habitudes en commençant par acheter nos moutons dans les structures dédiées, notamment les « Souks« , nous ne pourrons pas mettre fin à cette anarchie », croit savoir une observatrice.

L’année dernière, près de 28.000 tonnes de déchets ont été collectées durant la fête de l’Aid al Adha, selon la société de développement local « Casablanca Baia ». L’opération de collecte et de nettoiement, qui a duré 72 heures, avait mobilisé 5500 agents et 400 machines dédiées à la propreté.

Cette année-là, la question se pose avec acuité d’autant plus qu’à quelques jours aucune annonce n’a été faite par les autorités compétentes, notamment les collectivités territoriales ou encore les sociétés délégataires de collecte des déchets …

Ces acteurs locaux bénéficient de la contribution du secteur informel, notamment chiffonniers ou fouineurs récupérateurs qui aident dans la collecte des «Btana » (peaux de mouton ndlr)…

L’Aid casablancais : une joie gâchée par le boom des déchets Hespress Français.

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