Les Comités de soutien à Raissouni-Radi-Monjib n’en démordent pas après la condamnation de Raissouni

La condamnation dans la soirée du vendredi 9 juillet du journaliste Souleimane Raissouni à 5 ans de prison ferme 100.000 dirhams de dédommagement au profit du plaignant, pour viol avec violence et séquestration, a choqué plus d’un du côté des journalistes, mais aussi des militants des droits humains, qui y voient un coup dur pour la presse nationale et la liberté d’expression au Maroc.

Alors que l’opinion publique s’attendait à un verdict un peu plus « clément« , surtout que Raissouni a déjà passé 1 an en détention préventive et mène une grève de la faim depuis plus de 90 jours qui l’a affaibli, la chambre criminelle de première instance de la cour d’appel de Casablanca, présidée par Bouchaib Farih, a finalement condamné l’ex-rédacteur en chef du quotidien « Akhbar Al Yaoum » a une peine lourde dont sa famille et ses soutiens espèrent la révision, ou encore une grâce royale pour remédier à ce qu’ils considèrent comme une « injustice » à l’encontre de Souleimane à en croire sa nièce, Hajar Raissouni, qui s’exprimait dans un live sur Facebook à l’issue du verdict.

Ainsi, les Comités de soutien à Raissouni-Radi-Monjib, et à toutes les victimes d’atteintes à la liberté d’expression au Maroc, ont exprimé leur indignation concernant la condamnation de Souleimane Raissouni, rappelant la grève de la faim qu’il mène depuis plus de trois mois contre, justement, sa « détention arbitraire » et son « procès inéquitable ».

La grève de la faim de Souleimane intervient particulièrement, poursuivent les Comités de défense,  contre la violation du principe de la présomption d’innocence, le rejet par le tribunal de toutes les requêtes et demandes en nullité présentées par la défense sans explication, au premier rang desquelles figurent les demandes de libération provisoire.

« Raissouni a passé 8 mois sans qu’aucune accusation ne soit retenue contre lui, et 11 mois sans être autorisé à accéder à son dossier. Il n’a pu y accéder que lorsqu’il a été épuisé par la grève de la faim« , soulèvent les Comités de défense, notant que le « tribunal a refusé à plusieurs reprises durant les dernières semaines et en violation de la loi de répondre à la demande d’amener le journaliste Souleimane Raissouni au tribunal afin qu’il puisse assister à son procès ». Ce dernier point a été confirmé à maintes reprises par sa nièce et son épouse, Khouloud Mokhtari.

Mais pas que ! Les comités de défense soulignent que le tribunal a également « rejeté toutes les demandes de nullité sans explication et s’est mis à discuter du fond de l’affaire sans convoquer légalement l’accusé et sa défense. De fait, ils n’ont pas été informés conformément à la loi de la date de l’audience pour discuter du fond de l’affaire« .

Cela a eu pour conséquence, poursuivent les Comités de soutien de Raissouni-Radi-Mounjib, que « l’accusé n’a pas assisté à son procès durant les audiences les plus décisives et le tribunal n’a présenté devant la défense aucun moyen de conviction et n’a entendu aucun témoin« .

Tous ces points ont été considérés par les comités de défenses comme des « manquements à la loi qui  rendent les procédures de jugement totalement incompatibles avec les dispositions du Code de procédure pénale marocain et les règles de procès pénales internationalement reconnues » .

Les mêmes comités ne s’arrêtent pas là. Ils estiment que « les violations graves commises par le tribunal des règles de procédure, qui constituent une garantie fondamentale des droits et libertés du journaliste Souleimane Raissouni ainsi que les autres violations graves de la loi, témoignent d’une volonté politique d’instrumentaliser la Justice afin de légitimer l’injustice« .

Ainsi, les Comités de soutien à Raissouni-Radi-Monjib et à toutes les victimes d’atteintes à la liberté d’expression ont fermement condamné « le verdict injuste rendu contre le journaliste« .

Selon eux, « son procès représente un scandale aussi bien judiciaire que politique« . Ils soulignent à ce propos que « ce procès est une preuve supplémentaire, s’il en est besoin, du grave recul que connaissent les droits et libertés au Maroc« .

In fine, les Comités de soutien à Raissouni-Radi-Monjib réitèrent leur soutien au journaliste *et sa famille et indiquent continuer leur action pour la libération de tous les prisonniers d’opinion au Maroc et renouvèlent l’appel fraternel, à Raissouni; pour qu’il cesse sa grève de la faim qui menace gravement sa vie.

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