Aid-Al Adha : Entre éleveur et courtier, comment peut-on s’assurer de la qualité de notre « sacrifice » ?

À quelques jours$s de l’Aid Al Adha, les Marocains se préparent pour la célébration de cette fête religieuse, de même que les éleveurs et revendeurs d’ovins. Pour les Marocains, il est important que le mouton soit en forme et en bonne santé. Mais comment être sûr de la qualité de notre « sacrifice » après l’abattage ?

Difficile de savoir, selon un éleveur de bétail qui s’est confié à Hespress Fr sous couvert de l’anonymat. « C’est une question d’alimentation et d’élevage. C’est propre à chaque éleveur. Il y en a qui sont sérieux et d’autres moins« , nous explique-t-il.

« Chaque éleveur et comment il s’occupe de son bétail. Est-ce qu’il lui a donné les bons médicaments au bon moment ? Est-ce qu’il a reçu tous ses vaccins ? Au début, c’est juste un agneau, après, ça dépend de la manière dont l’éleveur traite l’animal. Si tu lui donnes des bons aliments, en plus d’un suivi médical rigoureux, c’est sûr que l’animal sera saint« , estime notre interlocuteur.

L’élevage du bétail ou encore la qualité du mouton de l’Aid reste un sujet « tabou » parmi les éleveurs nous confie notre source, vu « qu’on ne peut pas savoir ce que fait chacun, et vu qu’il y a beaucoup d’éleveurs de moutons au Maroc et ça diffère d’une région à une autre« .

En somme, l’élevage des moutons reste un processus très particulier, fait remarquer notre interlocuteur. En plus des nombreux problèmes que connait le secteur, il y a également le taux de mortalité qui n’est pas négligeable mais qui est normal dans l’élevage nous, précise-t-il.

« Des fois, l’animal peut-être en bonne santé, mais il meurt sans qu’on puisse savoir pourquoi. Ça peut arriver qu’il y ait des pertes même si l’animal est vacciné et bien nourri. Après, on peut avoir des animaux qui ont des pattes tordues ou qui ont un seul testicule ou encore qui sont épileptiques. Ces derniers ne passent pas pour l’Aid. Et c’est une perte pour nous« , explique-t-il.

L’autre problème qui se pose en cette période de l’Aid Al-Adha, soulève notre interlocuteur, c’est qu’il n’y a pas que les éleveurs à l’oeuvre mais aussi l’intervention des courtiers qui change toute la donne.

« Les courtiers sont des commerçants. Une partie d’entre eux, pour ne pas généraliser, se soucie uniquement de la vente et le bénéfice. Et c’est ce qui pose problème en général« , estime notre interlocuteur.

Il s’agit donc de tout un monde ! Mais il faut faire la différence entre l’éleveur et le courtier ou le vendeur alerte, notre source, notant que c’est plus difficile pour l’éleveur que le revendeur.

« L’éleveur a une grande responsabilité. Il élève le mouton, depuis qu’il est agneau de quelques mois jusqu’à l’âge de l’abattage. Donc il a cette responsabilité de la nourriture, le suivi médical, les pertes etc. Le courtier, lui, il arrive les 15 derniers jours chez l’éleveur pour lui prendre une centaine de têtes destinées à être revendues. Il y ajoute 200 ou 300 DHS par tête et les revend sans avoir eu à faire quoi que ce soit. Après les revendeurs, il y en a qui sont honnêtes et procurent une alimentation saine et correcte au bétail, mais il y en a aussi qui sont à l’affut du gain et ne se soucient pas de la qualité de l’alimentation qu’ils donnent au bétail« , explique-t-il.

Comment peut-on donc s’assurer de la qualité du mouton au moment de l’achat ? Difficile sur le coup, estime notre source. « Mais on peut s’en rendre compte après l’abattage avec les abats (le foie, poumon, …). À ce moment-là, on peut dire que le mouton est sain. Mais après, on ne peut jamais savoir au moment même de l’achat« , conclut-elle.

5.8 millions de têtes d’ovins et caprins destinés à la fête de Aid Al-Adha

D’autre part, et dans le cadre des préparatifs de Aïd al-Adha 1442 (2021) la Fédération Interprofessionnelle des Viandes Rouges (FIVIAR) et l’Association Nationale Ovine et Caprine (ANOC) ont identifié jusqu’au 17 juin 2021, 5.8 millions de têtes d’ovins et caprins destinés pour la fête de Aid Al-Adha.

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), a ainsi fait savoir que deux organisations professionnelles ont été chargées par le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime du Développement Rural et des eaux et Forêts pour identifier les ovins et caprins destinés pour la fête de Aïd al-Adha, sous sa supervision.

Cette opération d’identification consiste, à l’instar des années précédentes, en la pose, sur l’une des oreilles de l’animal, d’une boucle jaune, portant un numéro de série unique pour chaque animal, en plus de la mention «عيد الأضحى » et un logo portant « la tête d’un mouton », explique l’ONSSA, notant que l’opération d’identification se poursuit au niveau national.

Par ailleurs, les services vétérinaires de l’Office ont enregistré jusqu’au 17 juin 2021, plus de 240.000 unités d’engraissement d’ovins et caprins. Ils ont prélevé jusqu’au 18 juin 2021, 660 échantillons de viande et 359 échantillons d’aliments pour animaux, en vue de leur analyse précise la même source.

L’ONSSA a ainsi signalé que la situation sanitaire du cheptel national est satisfaisante notant que le suivi de l’état sanitaire est assuré en permanence par les services vétérinaires de l’ONSSA sur l’ensemble du territoire national, en étroite collaboration avec les vétérinaires sanitaires mandatés.

Aid-Al Adha : Entre éleveur et courtier, comment peut-on s’assurer de la qualité de notre « sacrifice » ? Hespress Français.

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