« Soufi, mon amour » : Hassan El Jai, entre voyage mystique et retour sur scène

« Le théâtre n’est pas le lieu des apparences, il est le lieu des apparitions », selon Hassan El Jai. L’artiste marocain remonte sur scène pour faire découvrir ou redécouvrir au public marocain son interprétation du célèbre roman « Soufi, mon amour », un voyage mystique qui plongera les spectateurs dans une expérience artistique sans pareille.

Après une centaine de représentations au Maroc et à l’étranger, Hassan El Jaï revient accompagné par le musicien Abd-Chakûr Boussougou sur plusieurs instruments traditionnels.

On suit le périple de Shams de Tabrîz, le célèbre derviche errant du 13ème siècle, vers la ville de Konya. Sur les pas du maître spirituel de Rûmi, et à travers ses rencontres avec différents protagonistes fascinants ; le public est invité à arpenter un chemin initiatique, au bout duquel l’amour se révèle être à la fois la raison et le but ultimes.

L’artiste sillonnera les routes marocaines dès ce mercredi 23 juin, et présentera sa pièce au Complexe Culturel d’Anfa à Casablanca, avant  de mettre le cap le 24 Juin à 20h au Théâtre National Mohammed V à Rabat, puis le 25 Juin à 20h au Palais des Congrès Mövenpick à Marrakech, pour finir 26 Juin à 20h au Complexe Culturel Al Houria à Fès.

Contacté par Hespress FR, Hassan El Jai se confie sur son retour sur scène, sa rencontre avec le musicien Abd-Chakûr Boussougou et sa relation avec le soufisme.

Vous remontez sur scène après plus d’un an d’absence suite à la crise du coronavirus, est-ce que vous appréhendez les retrouvailles avec le public marocain ?

Appréhender n’est pas le mot. Je dirai plutôt que j’ai hâte de remonter sur scène ; et qui plus est au service d’un spectacle qui part en quête d’un dévoilement sur les sagesses spirituelles en chacun de nous : à savoir le questionnement sur la vérité – al-Haqîqa, dans sa dimension Soufie et gnostique.

Vous serez accompagnés de l’instrumentiste Abd-Chakûr Boussougou, comment s’est faite la collaboration ?

Abd-Chakûr est un musicien d’une incroyable sensibilité ; il joue d’une quinzaine d’instruments, et propose des compositions parlant de notre époque avec une douceur assumée mais jamais lissée.

J’ai connu Abd-Chakûr à Nice en Décembre 2018 – il était venu assister à ma représentation de SOUFI, MON AMOUR au Centre Universitaire Méditerranéen sur la promenade des anglais. Nous nous sommes très vite liés d’amitié et avons souhaité fusionner nos univers artistiques. Pour commencer, nous avons préparé un spectacle sur les CONTES SOUFIS DE ‘ATTAR & RÛMI que nous avons tourné au Maroc et en France en 2019. Puis le désir de revisiter mon adaptation théâtrale du voyage de Shams Tabrîzi a suivi, comme une évidence.

Comment s’est passée la rencontre avec le roman « Soufi, mon amour ? » Et votre admiration pour le soufisme ? 

J’ai découvert ce roman au Maroc, fin 2014. De nombreuses personnes qui connaissaient mon amour et ma fascination pour le soufisme me l’ont recommandé, alors j’ai fini par le lire. Comme je connaissais déjà bien certains textes de Rûmi, et aussi l’histoire de sa rencontre avec Shams, j’en ai fait une adaptation pour la scène assez rapidement. Un ou deux mois plus tard, je l’ai jouée pour la première fois à la Villa des Arts de Casablanca.

Pour ce qui est du soufisme, je l’avais découvert plusieurs années auparavant à Paris, pendant mon cursus au Cours Florent. La découverte des poèmes et écrits d’Ibn-Arabî, de Rûmi, d’Al-Ghazâli et de bien d’autres maîtres, a été l’un des plus grands enchantements de ma vie.

Quel bilan tirez-vous, en tant qu’artiste, de cette année blanche déclenchée par la pandémie ?

Dans un premier temps, j’ai pris beaucoup de recul par rapport à tout ce qui se disait dans les médias, pour préserver mon équilibre intérieur. J’en ai profité pour lire beaucoup et affiner ma discipline au quotidien. Et en tant que coach, comme j’ai accompagné beaucoup de personnes et de groupes depuis un an en prise de parole en public, mais aussi en gestion du stress et en cohésion d’équipe ; j’ai pu observer les effets dévastateurs de la peur et de l’angoisse de tous les instants sur les individus. Cela m’a donc permis d’affermir la maîtrise de mes capacités, sans pour autant perdre de vue ce qu’il y a de plus essentiel à mes yeux dans la vie. Je pense que chaque épreuve que l’on traverse, aussi pénible soit-elle, est d’abord une opportunité de grandir et de gagner en humilité. Ainsi, aujourd’hui je ressens une joie et une légèreté plus grandes encore, à la simple idée de remonter sur scène pour transmettre de grandes sagesses universelles.

« Soufi, mon amour » : Hassan El Jai, entre voyage mystique et retour sur scène Hespress Français.

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