Algérie : Tout va très bien madame la Marquise…

En Algérie nouvelle, « tout va très bien, madame la Marquise, pourtant il faut que l’on vous dise », le plan de relance économique est une des préoccupations majeures de l’exécutif pour cause de manque de ressources financières, aussi, « on déplore un petit rien »,  les coupures d’internet et d’eau n’ont jamais été aussi fréquentes qu’en ces temps incertains, « un incident », la fraude électorale est au-devant de la justice, « une bêtise » la menace d’une troisième vague plane sur l’Algérie, « mais à part ça tout va très bien… ».

En Algérie nouvelle, pays rentier par excellence et où il est fort question de relance économique, du moins, dans le discours, parce que pour les actes, comme dirait l’autre, il faudra repasser, la crise politique latente depuis des années, coloriée sur fond de situation économique catastrophique, est en quelque sorte « la jument grise de Madame la Marquise ». D’ailleurs, l’aveu d’échec du fidèle, « cochet et valet » d’Abdelmadjid Tebboune et non moins « chef modèle » du gouvernement algérien, Abdelaziz Djerad est on ne peut plus clair.

Le Premier ministre de l’Algérie nouvelle, à l’occasion d’une énième présentation du plan de relance économique, a dressé un tableau peu glorieux de la situation économique dans laquelle patauge son pays, répétant souvent que le système de rente est à bout de souffle de par cette dépendance aux hydrocarbures qui n’en finit pas, la bureaucratie, la part prépondérante de l’informel dans l’économie, la fraude fiscale et on vous en passe et des pas mûres… « madame la Marquise ».

C’est que les revenus de ce pays sixième exportateur mondial de gaz plongent avec les cours des hydrocarbures, qui représentent la quasi-totalité des recettes à l’exportation (98%). Mais, pas que « madame la Marquise », également parce que cette dépendance rentière instaure un système de distribution de revenus qui décourage travail et prise de risque et surtout empêche la diversification en l’absence de véritables réformes économiques. C’est un fait, l’économie algérienne traverse une crise comme jamais auparavant, avec une dette interne colossale, la baisse des revenus pétroliers, le déclin de la production d’hydrocarbures, itou itou.

Depuis 2014, l’Algérie ancienne et nouvelle a été amputée d’un tiers environ de ses revenus. Pourtant, l’Algérie nouvelle ou pas, ne manque pas d’atouts naturels, au niveau du tourisme, de l’agriculture, de ses ressources humaines avec une classe de jeunes entrepreneurs aux fortes ambitions mais qui se heurtent à la bureaucratie, la corruption… « Grace à ses ressources en hydrocarbures, pétrole et gaz naturel, l’Algérie a pu assurer un certain niveau de développement économique, notamment par le développement de nombreuses infrastructures, et concrétiser un État Social. Cependant, ce qui constitue sa force constitue également sa plus grande vulnérabilité. En effet, l’économie algérienne reste très dépendante des prix internationaux des hydrocarbures qui ont connu une baisse tendancielle depuis 2014 » s’est lamenté  Abdelaziz Djerad.

Malgré un léger regain des cours des prix de l’or noir depuis trois mois, les exportations du pays se sont chiffrées à 26,4 milliards de dollars contre 38 milliards en 2019. L’activité économique s’est contractée de 6 % en 2020 et on compte modestement pour l’exercice en cours un rebond de par  une croissance de 2,9 %, la loi de finances tablant sur 4 % et 2,7 % pour l’an prochain, selon le Fonds monétaire international (FMI) madame la Marquise. L’économie algérienne ne devrait retrouver son niveau pré-pandémie que fin 2022 mais pour faire mieux et ne pas sombrer, l’Algérie nouvelle devra s’évertuer à faire dans la diversification de l’économie ce vieux serpent de mer, un leitmotiv resté anone, de tous les gouvernements qui se sont succédés et dont aucun n’a pu ou voulu converger vers cette voie.

En Algérie nouvelle, pays de 45 millions d’habitants (1 million de jeunes bon an mal an), le chômage, frappe officiellement 15 % de la population active, et de manière disproportionnée pour ne pas dire particulière, les jeunes. Préoccupant, en raison des importants besoins en produits importés, notamment alimentaires, et de la faiblesse des investissements étrangers, d’un climat des affaires des plus moroses, découragés en cela par la corruption et un cadre juridique nationaliste. « On déplore encore ce petit rien madame la Marquise », le déficit de la balance des paiements a dépassé 10 % du PIB en 2020 et frôlera encore 8 % du PIB cette année. Un déficit qui incendie les réserves de change, qui ne dépassent plus guère les 46 milliards de dollars, la moitié du niveau de fin 2017, d’où une crise des changes en perspective. De plus, la chute du dinar algérien renchérit les produits importés et fait flamber l’inflation. Du coup les prix de produits de base ou subventionnés, carburant, semoule, huile, en deviennent sensibles pour la paix sociale. « Mais à part ça madame la Marquise tout va très tout va très bien… ».

Algérie : Tout va très bien madame la Marquise… Hespress Français.

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