Les centres d’accueil sont-ils prêts pour le retour des mineurs marocains d’Europe?

Le 1er juin 2021, le Roi Mohammed VI avait donné ses instructions pour le règlement définitif de la question des mineurs marocains non accompagnés se trouvant en situation irrégulière dans certains pays européens.

Depuis, des préparatifs intensifs ont lieu dans certaines capitales européennes pour entamer le retour des mineurs marocains éparpillés dans diverses villes européennes en général et espagnoles en particulier. Cela dit, on ignore si Rabat coordonne avec les pays de l’Union européenne pour qu’ils prennent en charge les frais de transport des mineurs vers leur patrie ou pas.

Mais l’Europe contribue, entre autres, au rapatriement des mineurs sous plusieurs formes, en participant notamment au financement de leurs centres d’accueil. En effet, des structures du genre ont été construites dans le Royaume en 2019 (un à Al Aroui-Nador et un autre à Beni Mellal), dédiées à l’accompagnement et à l’écoute. Mais, ces espaces n’ont toujours pas ouvert leurs portes depuis l’annonce du retour des mineurs marocains qui peut prendre des mois étant donné leur nombre important.

L’Europe de son côté appelle à renforcer la coopération avec le Maroc sur la question de la migration, notamment après la signature d’un accord entre l’Union européenne et le Royaume prévoyant le soutien de Rabat à hauteur de près de 390 millions de dirhams sur quatre ans.

Jusqu’à présent, aucun pays européen n’a réussi à mettre en place des mécanismes pour assurer le retour dans leur pays des mineurs protégés par plusieurs textes, à commencer par la Convention internationale des droits de l’enfant.

Selon les statistiques du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le nombre d’enfants marocains sous trouvant sur le sol du voisin du nord, l’Espagne, a atteint 9.000, soit 68 % du total des mineurs qui se trouvent en Europe.

Dans une déclaration à Hespress, le Président de l’Association du Rif pour les droits de l’homme, Chakib El Khyari affirme que  » la mise en place au Maroc de centres d’accueil des migrants en situation irrégulière de la catégorie des mineurs non accompagnés, que les pays de l’Union européenne entendent expulser, fait partie des accords signés par ces pays avec le Maroc ». 

Quant à l’Espagne, les engagements convenus avec le Maroc à cet égard sont encadrés par l’accord conclu entre les deux pays le 6 mars 2007 pour une coopération en matière de prévention de la migration irrégulière des mineurs non accompagnés, leur protection et leur retour, explique le militant. Chakib El Khyari poursuit que le paragraphe 3 de l’article 5 de cet accord énonce la nécessité  « que les autorités compétentes espagnoles et marocaines coopèrent à la mise en place d’un cadre d’accueil doté de moyens matériels et humains qualifiés, publics ou privés, ou délivrés par des organismes non gouvernementaux œuvrant dans le domaine de la protection et le rapatriement des mineurs ».

La mise en œuvre de cet accord est supervisée par le ministère de la Solidarité, du Développement social, de l’Égalité et de la Famille du côté marocain et le ministère de l’Emploi et des Affaires sociales du côté espagnol. Ainsi, l’Espagne a contribué financièrement à la construction de deux centres d’accueil et d’accompagnement en 2009 à El Aroui à Nador et Beni Mellal avec une enveloppe budgétaire de 3,35 millions d’euros tandis que le Maroc a contribué avec une enveloppe de 540 milliers d’euros.

Selon le président de l’Association du Rif pour les droits de l’homme, ces centres ont été transformés pour la formation des enfants des familles nécessiteuses alors qu’ils étaient destinés à accueillir les mineurs marocains en Europe après leur rapatriement, pour leur fournir un logement, mais aussi une formation professionnelle qui les qualifiera pour intégrer le marché du travail.

Mais cela n’a jamais été fait, en raison de la non-réalisation des opérations de rapatriement des mineurs marocains compte tenu des obstacles législatifs et judiciaires que connait l’Espagne dans ce domaine comme la plupart des pays de l’UE.

D’ailleurs, le Roi Mohammed VI n’a pas manqué de soulever, dans l’annonce faite par le ministère des Affaires étrangères pour le règlement définitif de la question des mineurs marocains non accompagnés se trouvant en situation irrégulière dans certains pays européens, les lenteurs constatées dans la concrétisation de cette coopération avec l’UE qui sont essentiellement liées à des blocages dus aux procédures complexes dans certains pays européens, appelant ainsi l’UE et les pays concernés à dépasser les contraintes procédurales pour faciliter cette coopération.

Les centres d’accueil sont-ils prêts pour le retour des mineurs marocains d’Europe? Hespress Français.

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