En grève de la faim depuis plus de 2 mois, Soulaimane Raissouni hospitalisé

Alors qu’il mène une grève de la faim depuis plus de deux mois pour protester contre les conditions de son incarcération et son droit à un procès équitable, le journaliste Soulaimane Raissouni a été transféré au Centre Hospitalier Universitaire Ibn Rochd de Casablanca samedi 19 juin sur instruction de la Direction pénitentiaire. 

L’information a été révélée par sa nièce, la journaliste Hajar Raissouni, sur son compte twitter. Dans les détails, Hajar raconte que l’ex-rédacteur en chef du quotidien Akhbar Al Yaoum s’est effondré suite à une hypoglycémie et une pression artérielle. Il a par la suite été transféré « en réanimation dans la journée du lundi 21 juin, où il a subi des analyses qui ont démontré que le niveau de créatinine dans son corps était de 11 » et qu’il n’était pas loin d’une éventuelle « insuffisance rénale« .

L’état de santé critique du journaliste en détention provisoire à la prison locale Ain -Sbaâ 1-Oukacha, pour « viol avec violence et séquestration« , a été soulevé à mainte reprise par sa famille et ses soutiens. Ces derniers avaient appelé, et ne cessent de le faire, sur les réseaux sociaux et à travers des sit-in et des conférences de presse, à sa libération conditionnelle, puisqu’il répond à l’ensemble des critères, et le droit à un procès équitable. Toutes les demandes de liberté provisoire sous condition de sa défense, 12 au total, ont été rejetées par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca alors que Soulaimane avait toujours nié les faits qui lui sont reprochés.

Le 17 juin, Soulaimane Raissouni avait écrit une lettre poignante qui semblait être une lettre d’Adieu.« Aujourd’hui, jeudi 17 juin 2021, je suis à 71 jours de ma bataille des intestins vides. Et c’est quelque chose dont ni l’administration pénitentiaire ni le ministère public ne doutent », a écrit l’ex-rédacteur du journal « Akhbar Al Yaoum » , qui s’interroge, en faisant référence à son cas, s’il est concevable qu’une personne en grève de la faim depuis 3 mois soit en bonne santé alors qu’elle a perdu 35 kg depuis son arrestation, et 18 kg depuis le début de sa grève.

Dans sa lettre, le journaliste affirme que son pied droit est devenu quasiment paralysé, d’après les affirmations des médecins de la prison locale Ain-Sbaa 1 – Oukacha, ainsi que du professeur Boutayeb de la délégation du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Souleimane a également tenu à répondre à ceux qui voient en sa grève de la faim un acte de « lâcheté » en leur demandant d’être « courageux et d’arrêter de manger rien que la moitié de la période de sa grève » . « Et condamnez-moi à ce moment aux peines les plus sévères » , a-t-il lancé.

De son côté, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a adressé une lettre, à la date du 15 juin, au Roi du Maroc Mohammed VI, implorant la libération immédiate du journaliste, dont l’état de santé extrêmement préoccupant nécessite des soins immédiats.

« Au nom de la Fédération internationale des journalistes, première organisation mondiale de la profession, nous demandons la libération immédiate du journaliste Souleimane Raissouni, dont la vie est en danger après 67 jours de grève de la faim » , peut-on lire dans le courrier adressé le 15 juin au Roi Mohammed VI par la FIJ qui représente plus de 600.000 journalistes répartis dans 150 pays.

« Souleimane Raissouni, rédacteur en chef du journal Akhbar Al-Yaoum est en détention depuis le 22 mai 2020, et a entamé il y a plus de deux mois maintenant une grève de la faim pour protester contre son incarcération. En isolement depuis plus d’un an, notre confrère a perdu près de 40 kilos et se trouve dans un état de faiblesse extrême pouvant entraîner sa mort. Ce journaliste a droit à un procès équitable et au respect de la dignité de sa personne et nous vous implorons, Votre Majesté, que tout soit mis en œuvre pour qu’il ait la vie sauve » , a exprimé la FIJ dans son courrier envoyé depuis Bruxelles et signé par le secrétaire général de la fédération, Anthony Bellanger.

Ce mardi 22 juin aura lieu une autre audience du procès des journalistes Soulaimane Raissouni, Omar Radi (poursuivi pour viol et atteinte à la sécurité intérieur de l’état) et Imad Stitou au tribunal de Casablanca a dévoilé Hajar Raissouni dans un tweet.

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