La Transition Numérique : Une arme efficace dans la lutte contre la corruption

Dans le cadre de la présentation du rapport annuel 2022 de l’Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC) lors d’une conférence de presse à Rabat le mercredi 6 décembre, la persistance alarmante de la corruption au Royaume souligne la nécessité de la transition numérique comme une solution fondamentale pour contrer ce phénomène nuisible.

Intitulé « La Transition Numérique : Un Pilier Fondamental pour Combattre la Corruption », ce rapport met en lumière les avancées technologiques du Maroc, tout en soulignant les obstacles qui entravent son développement, ainsi que les lacunes permettant certaines pratiques corrompues de perdurer.

Le Royaume a pris conscience des défis liés à l’établissement d’une bonne gouvernance, à la prévention et à la lutte contre la corruption, reconnaissant la nécessité d’adopter des approches avancées et multidimensionnelles pour faire face à la complexité de ce phénomène. Conformément à ses responsabilités constitutionnelles définies par la loi 46.19, l’INPPLC est mandatée pour proposer des orientations stratégiques en matière de politique d’État dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption.

Depuis 2019, l’INPPLC a lancé plusieurs projets et traité plus d’une vingtaine de problématiques structurelles et prioritaires, renforçant ainsi l’effort national et ouvrant la voie à une nouvelle ère de prévention et de lutte contre la corruption au Maroc, alignée sur les aspirations des citoyens.

« Impossible d’élaborer une stratégie efficace de prévention et de lutte contre la corruption sans placer la transformation numérique au cœur de cette démarche. La transition numérique, en tant que levier de développement, poursuit des objectifs sociaux et économiques étendus, allant au-delà de la bonne gouvernance pour englober les aspects sociaux et économiques. La transformation numérique est également un secteur économique à fort potentiel, crucial pour renforcer la compétitivité du pays sur les marchés mondiaux », relève-t-on du document.

Il s’agit d’un changement stratégique majeur, adoptant une approche globale qui reconsidère l’organisation, la gestion des relations, la mise en œuvre du travail et la prestation des services. Cette transformation commence par comprendre les besoins et la vie privée du citoyen, simplifie et renouvelle les procédures, pour ensuite adopter des technologies numériques appropriées, y compris des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et l’analyse des mégadonnées.

Selon la même source, l’analyse de nombreuses expériences et de rapports internationaux confirme que l’e-gouvernement est un levier essentiel pour structurer les stratégies de transformation numérique, soulignant que son succès repose sur son impact positif sur la transparence et l’intégrité.

Pour mieux cerner la problématique, Hespress Fr a contacté Slimane El Omrani, Chercheur en transformation numérique et l’administration publique qui nous confirmés l’efficience de la technologie dans la lutte contre la corruption. « Il est indéniable que la technologie numérique joue un rôle crucial dans la lutte contre la corruption et les pots-de-vin », souligne le chercheur en notant qu’Il existe quatre axes fondamentaux qui exploitent les capacités offertes par la technologie contemporaine.

En premier lieu, « il est essentiel de réduire les interactions directes entre les citoyens et les employés, un aspect propice à l’essor de la corruption. L’expérience démontre que ces contacts directs offrent aux employés corrompus une occasion de pression sur ceux qui sollicitent des services publics. Cette nécessité renforce l’importance de la numérisation de l’ensemble des services publics », précise notre intervenant.

En donnant l’exemple de l’Estonie, l’expert nous révèle que « ce pays pionnier dans le monde de la numérisation a tous les services publics accessibles numériquement, à l’exception de rares cas. Cette réussite positionne l’Estonie, comme d’autres pays scandinaves, en tête des indicateurs d’intégrité et de lutte contre la corruption ».

En outre, « l’installation de caméras dans des lieux de travail non privés ne viole pas les lois relatives à la protection des données personnelles. Il est désormais techniquement possible d’enregistrer les appels », propose le spécialiste. Il devient impératif de développer une législation nationale agile pour s’adapter à cette évolution rapide de la réalité en matière de corruption.

Dans le détail, nous dévoile-t-il que « l’intelligence artificielle, en tant qu’élément central de la quatrième révolution industrielle, offre un potentiel considérable pour lutter contre la corruption. Le Maroc mise sur cette intelligence artificielle, notamment dans l’administration publique, pour éliminer tout contact direct entre employés et citoyens ».

En conclusion, l’expert appelle à plus d’engagement pour mener à bien ces aspirations prometteuses, « cette étape nécessite des investissements significatifs dans plusieurs domaines afin d’exploiter pleinement le potentiel de cette technologie de pointe et d’élever le niveau d’intégrité dans le service public. Il faut également encadrer toute approche technologique visant à restreindre la corruption et les pots-de-vin est crucial, car la numérisation seule ne suffit pas ».

La Transition Numérique : Une arme efficace dans la lutte contre la corruption Hespress Français – Actualités du Maroc.

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