Au moins 2.800 cas de violence contre les femmes signalés en 2022 au Maroc

Un rapport récent de l’Union d’Action Féministe (UAF) a mis en lumière une augmentation des cas de violences envers les femmes, avec plus de 2.800 incidents signalés au Maroc en 2022.

L’UAF, en collaboration avec le réseau des centres d’assistance aux femmes victimes de violence, a organisé, jeudi, une conférence de presse ayant servi de plateforme pour dévoiler le nouveau rapport annuel, exposant les résultats préoccupants sur les cas de violence signalés dans les centres d’assistance. Parallèlement, la conférence a été l’occasion de présenter la note revendicative « Pour un changement complet et radical du Code de la famille » émanant de l’Union d’Action Féministe.

Au cœur de cette manifestation et dans les détails du rapport, l’UAF a scruté de près les initiatives gouvernementales destinées à contrer la violence envers les femmes. Leur évaluation critique a mis en évidence des lacunes inquiétantes, tandis que le rapport annuel a dévoilé des statistiques alarmantes, révélant pas moins de 2.839 cas de violence signalés au cours de la dernière année.

Les données révélées lors de la conférence de presse mettent en lumière des tendances significatives. Les femmes mariées représentent la majorité des victimes, avec 53%, suivies des femmes divorcées à 25%, des célibataires à 10%, et des veuves à 6%.

Par ailleurs, l’UAF a identifié dix formes de violence, plaçant la violence psychologique en tête avec 25% des cas enregistrés, suivie de près par la violence légitime à 22%, et la violence économique et sociale à 21%.

Dans ce cadre, Aïcha Hayane, présidente de l’UAF, a affirmé que le rapport final a pour objectif d’exposer la violence subie par les femmes, dont des dizaines ont été accueillies au sein des centres d’assistance, et qui sont quotidiennement confrontées à des violences physiques, sexuelles, familiales, conjugales et économiques.

Ce dernier aspect est particulièrement alarmant, notamment en ce qui concerne la pension alimentaire, l’expulsion du domicile conjugal, le refus d’assumer les responsabilités parentales et le rejet de la tutelle légale, a-t-elle indiqué.

De plus, les femmes se retrouvent expulsées de leur domicile conjugal et devant les tribunaux, mais elles sont néanmoins empêchées d’obtenir une carte d’identité nationale ou un passeport pour leurs enfants. « Ceci traduit une persistance des discriminations dans les lois, et si elles ne sont pas modifiées, la discrimination et la violence perdureront« , a souligné la militante.

Elle a ajouté que bien que l’Etat ait déployé des efforts et pris des mesures au niveau des politiques publiques, ces initiatives n’ont pas eu d’impact clair sur les droits des femmes. Insistant sur le rôle des centres d’assistance en tant qu’observatoires réels pour surveiller les cas de violence et évaluer leur prévalence au sein des communautés féminines, elle a souligné que sans une approche inclusive, les femmes continueront d’être maltraitées en vertu de la loi.

« Il est donc impératif d’avoir le courage d’apporter des changements fondamentaux au Code de la famille, car il est grand temps que les femmes bénéficient de la sécurité et de la sûreté, des droits constitutionnellement garantis« , conclut la présidente de l’UAF.

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