CMC : Les défis qui entravent l’essor de l’école publique marocaine

Depuis octobre 2023, le secteur de l’éducation publique fait face à une congestion sans précédent, entraînant des grèves hebdomadaires perturbant significativement l’enseignement public. Dans ce contexte, soulignant l’importance de la participation citoyenne à l’évaluation des politiques publiques, le Centre Marocain de la Citoyenneté (CMC) a réalisé une enquête d’opinion sur l’enseignement public au Maroc interrogeant 12.138 participants représentant toutes les régions du Royaume et les MRE.

L’enquête a révélé une forte participation du corps éducatif marocain (87,7% du total des participants), avec des résultats montrant une convergence d’opinions entre hommes et femmes. Seuls 12,6% estiment que la qualité motive le choix du secteur privé, mettant en avant d’autres facteurs tels que le timing conforme aux attentes des parents (41,7%), l’orientation de la société (36%), la perte de confiance dans l’éducation publique (33,8%), et les services de transport (31,4%).

Concernant les défis dans l’enseignement privé, les participants évoquent des tâches mensuelles élevées (83,8%), des coûts importants pour les fournitures et les cours (77,4%), et des étudiants surchargés de devoirs (56,3%). Pour l’enseignement public, les obstacles incluent le surpeuplement (94,9%), le manque de méthodes dialectiques (90,1%), et des programmes inefficaces (84,7%).

Bien que 58,2% des participants aient des enfants dans le secteur public et 19,8% dans le privé, 20,4% ont transféré leurs enfants du privé vers le public. Les participants considèrent le métier d’enseignant comme le plus important (80,3%) malgré des salaires inférieurs par rapport à d’autres professions. La plupart (97,7%) estiment une injustice salariale dans l’éducation et réclament l’amélioration des salaires (94,2%).

Ainsi, avec un consensus de 88,3%, les participants reconnaissent la difficulté du métier d’enseignant et soulignent l’importance du choix adéquat pour le succès des réformes. Globalement, l’enquête révèle une tendance à l’inscription des enfants dans des écoles privées, confirmant une perte de confiance croissante dans l’enseignement public malgré ses lacunes.

Selon les résultats dévoilés par le sondage, il existe de nombreux phénomènes qui limitent l’efficacité et l’efficience de l’enseignement public, notamment : le surpeuplement (94,9 %) – le manque de méthodes didactiques (90,1 %) – les programmes approuvés inefficaces (84,7 %) – les espaces d’enseignement inappropriés ( 82,4%) – la tricherie et le mauvais suivi (25,7%) – et le fait de ne pas accorder suffisamment d’attention à l’élève (21%) – ainsi qu’au mauvais niveau pédagogique du professeur (12,8%).

« L’éducation constitue un droit fondamental garanti par la Constitution marocaine, engageant l’État, les institutions publiques, et les collectivités territoriales à déployer tous les moyens nécessaires. Cette démarche vise à assurer, de manière équitable, à tous les citoyens, hommes et femmes, l’accès à une éducation de qualité », rapporte-t-on du document.

Les ressources humaines qualifiées sont reconnues comme le socle essentiel de la construction et du succès de tout système éducatif efficient. Selon les statistiques du ministère de tutelles, durant la période 2022-2023, le secteur public a mobilisé 269.015 enseignants, répartis comme suit : 144.088 au primaire, 65.198 au secondaire, et 59.729 au secondaire qualificatif, avec 48,3% exerçant en milieu rural. Le nombre total d’étudiants inscrits pour l’année académique 2023-2024 s’élève à environ 8 millions, dont 13% fréquentent le secteur privé.

Malgré d’énormes efforts et investissements ayant permis d’atteindre un taux de scolarisation de 100% au primaire, le secteur éducatif demeure confronté à d’importants défis qualitatifs, restant parmi les domaines les plus complexes.

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