Sida: Le Maroc compte plus de 21.500 personnes séropositives et plus de 22% des cas refusent de faire le test

Au Maroc, 21.500 personnes vivent avec le VIH, y compris des adultes et des enfants, révèlent des données du ministère de la Santé. Chaque jour, 800 personnes sont contaminées et selon les informations disponibles, une bonne partie de patients séropositifs a retardé leur accès aux soins de peur d’être stigmatisés ou discriminés.

A l’occasion de la journée la journée mondiale de lutte contre le SIDA, le ministère de la Santé a partagé les dernières données et statistiques récoltées au Maroc sur le sujet avec des comparaisons entre 2012 et 2022 (année des derniers chiffres en date).

Avec une incidence de 0,02 sur 1000 personnes, le Maroc compte 21.500 cas déclarés avec 800 nouvelles infections par jour et 400 décès provoqués par le virus. Des populations clés sont les plus touchées par ce virus et il s’agit à 7,1% de personnes qui s’injectent des drogues, 4,6% chez des migrants, 4,1% chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, 2,3% chez les professionnelles du sexe féminin,

Le ministère indique que les nouvelles infections se font en majorité des cas (77%) chez les populations exposées et leurs partenaires sexuels. Trois régions sont les plus exposées, à savoir Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa et 62% des populations touchées sont au stade asymptomatiques, c’est à dire qu’ils portent le virus mais n’ont pas de symptômes.

Chaque année, le nombre de test du VIH effectués continue d’augmenter, en 2022, pas moins de 363.731 ont été effectués contre 60.446 en 2012, ce qui démontre une prise de conscience de la part des populations exposées aux risques.

D’ailleurs le nombre de personnes ayant pris connaissance de leur statut de porteurs du VIH est passé de 45% en 2012 contre 78% en 2022, ce qui traduit un souci de connaître la maladie et de vouloir la soigner surtout que le traitement antirétroviral et du suivi biologique sont gratuits.

Le ministère de la Santé a en outre lancé un programme ambitieux pour lutter contre la stigmatisation, la discrimination et les inégalités envers les personnes vivant avec le VIH, et ainsi protéger les droits humains. Le programme vise également les patients tuberculeux (TB), les patients atteints d’Hépatite virale (HV) chronique et les populations clés exposées aux risques d’infection.

Selon le ministère, suite à ce programme, moins de 10% des patients porteurs du VIH, patients TB, patients affectés par les HV, populations clés et vulnérables sont victimes de stigmatisation et de discrimination.

Il met en avant l’inclusivité des services de soins de santé, leur caractère non discriminatoire et la sensibilisation des partenaires institutionnels et sociaux en matière de lutte contre la stigmatisation et la discrimination.

Le programme vise également à réduire la proportion de stigmatisation intériorisée liée au statut VIH/TB/HV qui se caractérise par l’éviction d’aller au centre de santé ou à l’hôpital en cas de besoin. Selon les derniers chiffres, ces personnes représentaient 53,8% des personnes atteintes en 2022 et l’objectif serait de faire baisser les chiffres à 15% et moins d’ici 2025 et moins de 10% pour 2030.

Sauf que ces chiffres et ces programmes ambitieux et très optimistes se heurtent à la réalité du terrain où, dans certains cas, même des médecins et infirmiers peuvent stigmatiser les porteurs du VIH. Selon des sources médicales ayant requis l’anonymat, au sein du CHU de Casablanca au service SIDA, certains professionnels de la santé auraient refusé de partager des plats avec les patients séropositifs, bien qu’il n’y ait aucun danger de contamination via la salive ou pas le contact physique. Seuls le sang et le contact sexuel sont des moyens de transmission du VIH.

Les mêmes sources indiquent que par peur d’être contaminé et par manque d’informations, certains patients atteints du VIH subiraient des pressions par d’autres patients non porteurs du virus lorsqu’ils prenaient connaissance de leur maladie afin de les faire quitter leur lit d’hôpital.

A cause de ces stigmatisations au sein de la société et le regard porté envers les populations touchées, la proportion de personnes vivant avec le VIH et des populations clés qui ont évité ou retardé l’accès aux services de santé a atteint 22,9% en 2022 avec l’objectif. Le ministère espère néanmoins réduire ce chiffre à 15% d’ici 2025 et à moins de 10% pour 2030.

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