Le CESE pour un soutien direct pour faire face à l’inflation

Dans le cadre de son 12e rapport annuel et à la lumière de l’analyse de la situation du pays aux niveaux économique, social et environnemental, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) soulève plusieurs points de vigilance.

Le CESE met ainsi en évidence la tendance à la hausse des prix des produits alimentaires, soulignant que cette inflation persistante et multiforme exerce une pression sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les revenus modestes et la classe moyenne, et menace d’accroître les inégalités sociales.

Il insiste, en ce sens, sur la nécessité d’ajuster les mesures de soutien au pouvoir d’achat dans le contexte persistant de l’inflation et de ses diverses causes. En parallèle, il préconise la mise en place de sanctions dissuasives pour atténuer la flambée des prix sur les marchés marocains, tout en recommandant un soutien direct pour atténuer l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des citoyens.

Plus de deux ans après le début de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19, les familles marocaines continuent de ressentir ses répercussions, aggravées par la montée de l’inflation et la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens, entraînant une diminution de leur niveau de vie.

Dans ce contexte, le CESE, présidé par Ahmed Reda Chami, révèle dans son rapport que l’inflation persiste de manière multifactorielle, entraînant une augmentation des prix des produits alimentaires et exerçant une pression particulière sur le pouvoir d’achat des familles à revenu limité et de la classe moyenne, contribuant ainsi à l’aggravation des inégalités sociales.

Le rapport annuel du Conseil pour l’année 2022 souligne, en outre, qu’à partir du dernier trimestre de 2021, le Maroc a connu une augmentation constante des prix à la consommation, atteignant des taux d’inflation sans précédent dépassant 10% en février 2023, après une moyenne de 6,6% en 2022.

Selon le CESE, cette augmentation des prix, en particulier des produits alimentaires, touche plus durement les familles à revenu limité, car ces produits représentent une part plus importante de leur panier de consommation. Il souligne également l’impact significatif de l’inflation sur la classe moyenne, qui manque de capacité financière et de marge de manœuvre face à des chocs inflationnistes importants, en raison de son recours fréquent aux services de base tels que l’éducation et la santé, fournis par le secteur privé à des coûts plus élevés, alors que les services publics n’ont pas encore atteint les normes nécessaires.

Le Conseil de Chami attribue cela à la nécessité de la classe moyenne de recourir fréquemment aux services de base tels que l’éducation et la santé, fournis par le secteur privé à des prix plus élevés, dans un contexte où les services publics n’ont pas encore atteint les normes nécessaires.

En général, cette inflation est principalement imputée à des facteurs liés à l’offre et au coût de production pour certains secteurs, tout en étant influencée par des pratiques potentiellement contraires aux règles de la concurrence et des déséquilibres dans les parcours de commercialisation. On ne peut négliger la possibilité de l’émergence et de l’évolution de pratiques de certains producteurs liées à la marge bénéficiaire, constituant ainsi le phénomène de l’avidité inflationniste.

Le Conseil économique, social et environnemental, évoquant les mesures prises par les autorités publiques, propose, suite au diagnostic effectué et aux consultations citoyennes organisées, plusieurs mesures additionnelles à court terme pour renforcer celles déjà en place.

Par conséquent, il recommande de renforcer la surveillance des pratiques contraires aux règles de la concurrence, en appliquant des sanctions dissuasives appropriées, et d’adopter des mesures visant à réduire l’accumulation de marges de profit excessives. Il souligne la nécessité de lutter contre l’inflation touchant les produits alimentaires en soutenant particulièrement les intrants agricoles, tels que les semences et les produits de santé végétale, ainsi que l’alimentation du bétail.

Le Conseil appelle à examiner la possibilité de prendre des mesures temporaires pour réglementer les prix de certains produits de base ayant connu une hausse importante ou revêtant une importance particulière en tant qu’intrants communs dans d’autres produits. Cela est d’autant plus justifié que les articles 4 et 5 de la loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence permettent cette possibilité.

Aussi, le CESE encourage à accélérer la réforme des marchés de gros en établissant un système de gestion ouvert à la concurrence, conditionnant l’accès des professionnels au respect des engagements, tout en facilitant l’accès logistique aux petits agriculteurs et aux coopératives à ces marchés.

Il demande également l’émission des décrets d’application de la loi n° 37.21, entrée en vigueur en juillet 2021, qui permet, entre autres dispositions, la commercialisation des produits agricoles produits dans le cadre de projets d’agrégation agricole sans obligation de passer par les marchés de gros.

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