Aide directe au logement : L’OTRAGO recommande de clarifier les mécanismes d’utilisation de la subvention

En octobre, le Roi Mohammed VI a donné le coup d’envoi effectif pour la mise en place du dispositif d’aide directe au logement visant la facilitation de l’accès au logement à l’ensemble des citoyens, selon des critères d’éligibilité. 

En tant que société civile participant au débat sociétal, l’Observatoire du Travail Gouvernemental (OTRAGO) a récemment publié un rapport concernant le mécanisme d’aide directe au logement proposé par la ministre de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, Fatima Ezzahra El Mansouri. Ce rapport analyse en profondeur la nouvelle mesure de soutien au logement, ses impacts potentiels sur la population et le secteur immobilier, ainsi que les problèmes et les recommandations associés.

Dans le contexte des réformes entreprises au Maroc au cours des deux dernières décennies, le gouvernement a fait du logement social une priorité, mettant en place divers programmes pour lutter contre le logement indigne et répondre à la demande croissante des citoyens à revenu limité. Le programme de logement social à 250.000 dirhams, lancé en 2010, a été l’un des piliers de cette politique, rappelle le rapport, avec pour objectif la construction de 300.000 unités de logement d’ici 2020, un investissement de 60 milliards de dirhams et de nombreuses mesures d’incitation pour les promoteurs et les bénéficiaires.

Le bilan de ce programme est impressionnant, estime l’OTRAGO, avec plus de 653.000 unités de logement construites, dépassant largement l’objectif initial. Cependant, le rapport révèle que malgré ces réalisations, des problèmes structurels importants persistent. Parmi ces problèmes figurent l’absence de justice spatiale dans l’accès au logement social, la prolifération de la spéculation immobilière, la baisse de la qualité de construction, et l’insuffisance de l’engagement des banques dans le financement des prêts pour le logement social.

Face à ces problèmes, le gouvernement a récemment adopté un nouveau modèle de relance du secteur du logement. Cette nouvelle approche met l’accent sur le soutien à la demande, visant à aider les familles à accéder à la propriété immobilière. Le rapport de l’OTRAGO met en lumière plusieurs aspects positifs de cette nouvelle approche, notamment son potentiel pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, renforcer l’économie, et élargir l’accès au logement.

Cependant, le rapport souligne également des préoccupations, telles que le budget limité alloué au logement, les procédures opaques liées à l’utilisation de la subvention, et les limitations dans les types de logements éligibles au soutien. L’OTRAGO exprime également des inquiétudes concernant le délai de 30 jours pour finaliser la vente, qui pourrait poser des problèmes aux acheteurs en raison de la lenteur des procédures administratives et des obstacles potentiels liés au financement bancaire.

Pour faire face à ces défis, l’OTRAGO formule plusieurs recommandations essentielles, notamment l’imposition de mécanismes de contrôle stricts pour garantir la qualité de la construction et lutter contre la spéculation immobilière. L’observatoire suggère également de trouver des solutions pour surmonter les obstacles potentiels liés au délai de 30 jours pour finaliser la vente, en particulier en coopération avec les banques. De plus, il recommande de clarifier les mécanismes d’utilisation de la subvention pour les zones rurales et d’activer les mécanismes de garantie bancaire pour faciliter l’accès au financement pour les personnes à revenu limité.

Enfin, l’OTRAGO souligne l’importance de renforcer la communication et l’orientation concernant le programme de soutien au logement afin de dissiper les informations erronées qui circulent sur les médias sociaux.

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