La Marocaine Samira Bouhout Tayebi élue Maire de Clichy-sous-Bois

Première adjointe socialiste et déléguée aux finances et aux affaires générales au maire de Clichy-sous-Bois, Samira Bouhout Tayebi a été élue samedi maire de cette commune de 28 000 habitants de Seine Saint-Denis.

Elle succède à Olivier Klein Divers gauche (DVG), nommé en juillet dernier ministre délégué à la ville et au logement et astreint du fait de céder la Mairie Clichy-sous-Bois (Seine Saint-Denis) non-cumul de mandats oblige. Samira Bouhout Tayebi a donc pris la relève et a été élue maire, samedi 3 décembre 2022, par 30 voix sur 31 lors d’un conseil municipal extraordinaire. Mais dans les faits, Samira Bouhout Tayebi gérait déjà le quotidien de la commune depuis l’été.

Elle devient ainsi la première femme élue à la tête de la ville depuis 1947 et la première maire d’origine marocaine en France et l’une des cinq femmes à diriger une ville du département de la Seine Saint-Denis. Samira Bouhout Tayebi rejoint ainsi le club encore très fermé des six femmes à la tête d’une ville de Seine Saint-Denis, sur les 40 communes que compte le département, aux côtés de Karine Franclet (Aubervilliers), Aude Lagarde (Drancy), Katia Coppi (Les Pavillons-sous-Bois), Brigitte Marsigny (Noisy-le-Grand) et Martine Valleton (Villepinte).

C’est à l’Espace 93 que cette élection a eu lieu en présence d’un nombre important de membres de la communauté marocaine dans le pays, ainsi que de femmes et de citoyens issus de la diversité (près de 400 personnes). Elle était la seule candidate pour succéder à Olivier Klein. Dans les rangs de l’opposition, Adelali Meziane (ancien adjoint à l’écologie qui s’était présenté contre lui en 2020) n’a pas souhaité se présenter, considérant qu’avec « la crise sanitaire qu’on a connu et la crise qui va arriver avec la récession en 2023, je pense qu’il faut qu’on travaille intelligemment, avec une minorité constructive ».

Samira Bouhout Tayebi (49 ans et mère de 3 enfants) est enseignante à l’école Joliot Curie, professeure des écoles depuis vingt-sept ans à Clichy-sous-Bois, elle a grandi dans la ville et a été première adjointe au maire depuis 2011. « Je mesure toute l’ampleur des responsabilités qui sont les miennes dorénavant. J’y suis prête, car cette ville je lui dois beaucoup et parce que je n’ai jamais été aussi fière qu’aujourd’hui d’être une enfant de Clichy-sous-Bois. Je suis consciente de tout ce qu’il nous reste à réaliser ensemble ».

Pour sa part Olivier Klein nommé ministre de la ville et du logement en juillet dernier et qui va continuer de siéger au sein du conseil municipal en tant que premier adjoint en charge des finances, du renouvellement urbain et de la culture a proposé le nom de Samira Bouhout Tayebi au conseil municipal. « Son amour de la ville, sa grande humanité, son esprit d’équipe, sa loyauté à l’égard de notre collectif, tout cela fait de Samira la femme qu’il faut pour notre ville », a-t-il estimé.

Il a en outre déclaré sur les réseaux sociaux « Conformément aux usages, le Président de la République et la Première ministre ont demandé à chacun des maires devenus ministres de démissionner de leur mandat de maire le temps de leurs fonctions ministérielles. Me concernant, voilà qui est chose faite ».

Ce n’est pas le seul poste qu’Olivier Klein a dû abandonner pour devenir ministre. La présidence du Conseil de Surveillance de la Société du Grand Paris (SGP) a été reprise il y a deux semaines par le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, et celle du conseil d’administration de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) l’a été en août par Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims. En revanche, c’est peut-être le poste qu’il aura eu le plus de mal à quitter.

Olivier Klein a rendu hommage à Claude Dilain, ancien maire de Clichy-sous-Bois dont il avait été le premier adjoint durant 16 ans. « J’étais à ses côtés, avec d’autres, lorsque notre ville a dû affronter la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré qui a embrasé notre pays, notre département. Je pense aujourd’hui à eux », a-t-il notamment rappelé. Les deux adolescents avaient été électrocutés en 2005 dans un transformateur électrique en tentant d’échapper à la police.

Un drame qui avait suscité une intense émotion et avait été suivi d’émeutes dans les banlieues. En effet, c’est de Clichy-sous-Bois ville de plus de 28 000 habitants, créditée par l’Insee d’un taux de pauvreté de 42 % en 2019 que les banlieues françaises s’étaient embrasées en 2005 après la mort de ces deux adolescents, électrocutés dans un transformateur électrique en tentant d’échapper à la police.

La Marocaine Samira Bouhout Tayebi élue Maire de Clichy-sous-Bois Hespress Français.

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