Football : Quand le Maroc a été exclu de la FIFA à cause de son soutien à l’Algérie

Au-delà de son aspect sportif, la participation du onze national marocain au mondial Qatar 2022, a suscité une sorte d’adhésion et de solidarité autour d’un projet footballistique arabe et africain, qui se fait de plus en plus respecter.

Il était très aisé de voir, dans les rues, sur les chaines de télévision mais aussi les réseaux sociaux, que l’ensemble des pays africains, arabes et musulmans s’identifient de plus en plus à la bande à Walid Regragui, aujourd’hui en 8è, et qui porte désormais les rêves et les espoirs d’une bonne partie de la planète.

Les manifestations de joie et de fierté ont éclaté à travers le monde depuis la qualification du Maroc, et la prestation des Lions de l’Atlas est saluée du Golfe à l’océan atlantique…sauf chez les voisins immédiats.

En effet, quiconque regardant la télévision ou lisant la presse officielle en Algérie, ne saurait même pas que le Maroc y participe et y signe un parcours plus qu’honorable.

Les nouvelles générations, qui n’ont connu des relations maroco-algériennes que les tensions et les provocations, unilatérales faut-il le préciser, ne savent rien, ou peu, de la solidarité et l’appui à toute épreuve, dont le Royaume a fait montre à l’égard des « frères algériens ».

Pour rester dans le monde du football, qui n’est somme toute, pas très éloigné de celui de la politique, il est bon de rappeler qu’en 1958, en pleine guerre de libération en Algérie, la fédération internationale de football (FIFA), avait sanctionné le Maroc et exclu pendant une année de ses instances, parce qu’il avait disputé un match contre l’équipe de football du Front de libération nationale (FLN) algérien.

Cette sanction avait privé les Lions de l’Atlas de leur première participation à la Coupe d’Afrique des Nations.

Dans les détails, en 1957, le FLN et afin de promouvoir la résistance nationale dans le pays, avait décidé de créer une « équipe nationale algérienne de football », qui voulait, entre autres, rassembler les joueurs algériens actifs dans le championnat du « colonisateur », la France.

Plusieurs footballeurs algériens, et de très bons même, ont ainsi rejoint la Tunisie où était installé le gouvernement provisoire algérien, et ce à la grande surprise, mais aussi colère, de la France qui s’est retrouvée privée de joueurs talentueux (dont Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni), qu’elle compter aligner pour le mondial suédois de 1958.

S’ensuivit une forte pression qui a amené la FIFA à décider que toute équipe qui affrontera celle de l’Algérie, « non reconnue », sera expulsée des finales de la Coupe du monde.

Nullement impressionné par la menace, le Maroc qui avait été invité à prendre part à un tournoi baptisé du nom de la résistante algérienne, Djamila Bouhired, aux côtés de la République arabe unie (Syrie et Égypte) et la Tunisie, a répondu présent.

La République arabe unie a fini par se rétracter, mais pas le Royaume, qui voyait dans cette participation, une manifestation de son appui aux voisins, quitte à se faire exclure de la FIFA, ce qui a fini par arriver.

Le Maroc a ainsi disputé, et perdu, son match contre l’équipe du FNL (1-2), signant ainsi une sorte de « rupture » avec la FIFA, toujours pressée par la France. Une suspension d’un an de tout match international n’a pas tardé à tomber.

Revenant sur cette affaire, le chercheur en politique publique et droit du sport Moncef El Yazghi, a expliqué que le Maroc avait accepté la sanction avec une grande satisfaction.

« Si la FIFA ne se contente pas de deux ans, elle peut imposer quatre ans si c’est pour l’Algérie », raconte-t-il dans une vidéo dédiée.

Le Royaume fut ainsi privé de la première CAN, qui ne comptait à l’époque que trois autres participants, à savoir l’Egypte, l’Éthiopie et Soudan.

Ne s’arrêtant pas à ce stade, le Maroc avait invité l’Equipe du FLN à disputer des matchs sur ses terres, devant un public tout acquis à sa cause, et qui comptait même une fois feu Mohammed V, qui a suivi la rencontre l’équipe du FLN rencontre celle de la ligue du Grand-Casablanca de Football.

Outre leur aspect symbolique, ces rencontres ont permis de récolter des fonds pour soutenir la révolution algérienne, une cause que le Royaume a toujours appuyée.

Cela avait également permis de « lancer » l’équipe nationale algérienne, qui a de tout temps pu compter sur le soutien du Maroc. Les scènes de liesse dans les villes marocaines en 2019, quand les Fennecs avaient remporté la CAN organisée en Egypte, en sont le plus grand témoin.

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