Maroc : résilience indispensable face aux chocs climatique et économique

Le Royaume fait partie des pays les plus touchés au monde par le stress hydrique. Les ressources en eau au Maroc sont plus que jamais limitées. Leur volume n’a eu de cesse de diminuer drastiquement ces dernières années mettant à rude épreuve le secteur agricole, menaçant ainsi la sécurité alimentaire du pays.

Le volume réel d’eau stocké dans les principaux barrages du pays au jour d’aujourd’hui est de moins 4 milliards de mètres cubes. Il est à 3,8 milliards de mètres cubes, alors que le taux de remplissage global n’était que d’environ 23,8 %, pour 37,7% à la même période l’an passé et 62,1 % en 2018, menaçant ainsi la sécurité hydrique dans certains bassins hydrographiques et conduisant les autorités à adopter des mesures d’urgence. Si d’aucuns espèrent sur les précipitations actuelles ou à venir pour espérer une amélioration de la situation des barrages on est loin du compte à moins d’une année miracle avant de revenir au moins au niveau de 2018.

Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte affirmait en juillet dernier que « Les événements récents ont montré que les solutions techniques ne suffisent plus à protéger l’économie contre les chocs climatiques et soulignent la nécessité d’adopter des politiques complémentaires, telles que celles décrites dans le Nouveau modèle de développement (NMD), qui permettraient de tenir compte de la véritable valeur des ressources en eau et d’encourager des usages plus efficients et plus raisonnés ».

L’analyse de ces effets des sécheresses et de la pénurie d’eau sur la situation macroéconomique du Maroc indique que l’économie marocaine après une reprise soutenue en 2021, en marque le pas avec un net ralentissement en 2022 (taux de croissance prévu de 1,3 % en 2022 contre 7,9 % en 2021). Les conséquences de la sécheresse, aggravées par le conflit en Ukraine, témoignent de l’exposition du Maroc aux chocs climatiques et économiques.

Ces derniers qui sont incontestablement liés à la faiblesse des précipitations ont toujours été un facteur de volatilité macroéconomique au Maroc. Les sécheresses étaient naguère suivies d’une reprise vigoureuse et n’entravaient pas la croissance robuste et à long terme du produit intérieur brut (PIB) agricole. Sauf qu’avec les 3 années sur les quatre passées et une médiocrité de saison pluvieuse, le Royaume a connu un stress hydrique sans pareil ce qui pourrait impacter fortement notre économie à long terme.

Tout cela pousse le Royaume à accompagner ses efforts de développement d’infrastructures, de politiques, de gestion de la demande en eau qui encouragent l’utilisation durable, efficace et équitable de ses ressources hydriques. Hier mercredi, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé mercredi, à Rabat, la troisième réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) pour la période 2020-2027. Les fonds qui lui sont alloués passent de 115 à 150 milliards de dirhams, le gouvernement ayant veillé dans ce cadre à accélérer le rythme des investissements dans ce domaine et à renforcer les crédits dédiés au programme.

La réunion gouvernementale consacrée à l’examen d’une série de projets de résolutions et de recommandations, et où Aziz Akhannouch y a affirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre du PNAEPI, en « mettant l’accent sur la rigueur et l’esprit de responsabilité » de l’exécutif « face à toutes les formes de gaspillage et d’exploitation anarchique des ressources en eau », nonobstant tout le reste du contenu de la réunion, a tout de l’assise d’une prise de conscience collective pour garantir la sécurité hydrique du Royaume.

Maroc : résilience indispensable face aux chocs climatique et économique Hespress Français.

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