Audit, discrimination, sanctions disciplinaires… Quand le lycée Descartes m’est conté

On assiste actuellement à des agissements aux paramètres sociaux et environnementaux bien peu en phase avec la considération dont jouit le Lycée René Descartes de Rabat, qui depuis plus de six décennies au Maroc, forme des générations au « savoir et à la citoyenneté », comme le rappelle du reste, le préambule de son règlement intérieur (RI) pour la saison scolaire 2022/23.  

Ce dernier, cite en référence l’article 26, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ONU, 1948 qui stipule que « l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales« .

Le RI indique au demeurant que « le lycée Descartes est un établissement d’enseignement et d’éducation, un lieu de d’apprentissage des savoirs et de la citoyenneté, de communication et de culture, de développement des compétences et de préparation des examens, qui doit permettre à toutes les personnes qui le fréquentent, quelle que soit la nature de leurs occupations, d’y travailler et d’y vivre dans les meilleures conditions possibles », or, ce n’est pas le cas du moins pour nombreux de ceux qui y bossent.

Cela dit, il est, comme qui dirait, un air malsain dû à une ambiance plutôt électrique au sein de l’établissement, dont la direction est conduite par la proviseure, Najat Delpeyrat ou Najat Zouhair du temps où elle fréquentait les bancs du Lycée Ibn Yassine à Mohammedia.

Ayant recueilli plusieurs témoignages sur cette tension au sein de l’établissement, Hespress.fr, a sollicité la responsable du Lycée pour d’amples éclaircissements quant à cette situation. C’est une dérobade dans un pur style protocolaire très respectueux qui plus est, par courriel interposé, que nous avons reçu sa fin de non-recevoir, disant que cela concernait les affaires internes de l’établissement.

« Les questions posées concernent le fonctionnement interne de notre établissement. La gestion de notre pôle se déroule dans le respect du droit marocain du travail ainsi que dans le respect des instances prévues pour le bon fonctionnement de nos établissements français », a soutenu la proviseure. Une affirmation, le moins qu’on puisse dire, contestée par une partie du personnel de Descartes, celle marocaine va s’en dire!

Bref, cela n’empêchera pas d’informer sur ce qui s’y passerait. On reproche à la proviseure et son équipe rapprochée, une ingérence ou une entrave syndicale, qui consiste entre autres, à intervenir tendancieusement dans les activités des associations syndicales des salariés du Lycée Descartes et qui plus est, à l’encontre de représentants marocains, des délégués de tous collèges, ouvriers cadres…

Nonobstant quelque égard, l’employeur aurait utilisé son autorité, sur la base du lien de subordination, pour propager ses opinions à l’encontre du syndicalisme dès lors qu’il est marocain. Dans le contexte de cette triste affaire qui nuit à l’image de l’établissement, nos interlocuteurs affirment que le provisorat du lycée a amorcé les hostilités en procédant à l’abolition de postes, mutations, sanctions « disciplinaires », licenciement à l’égard de Marocains d’où un grief déposé au-devant du Tribunal administratif.

On assiste en outre à des audiences ou convocations à tire-larigot pour des raisons souvent bien fantaisistes. Le, ou les syndicats susvisés, avancent que ces agissements visent à nuire à leur réputation auprès de leurs membres et de favoriser les représentations des uns au détriment des autres.

Pire, on reproche à la direction de prendre sous son aile, le syndicat français SNES-FSU pour le pousser à s’ingérer dans les affaires des délégués marocains d’où une lettre de l’UMT, une de plus serions-nous tentés de dire, destinée au directeur de l’AEFE Paris-France.

La centrale rappelle en fait qu’un professeur de mathématiques français, userait de la bienveillance du provisorat pour entraver impunément les activités des syndicats marocains et ce, en faisant fi de la Législation du Travail marocaine et de celle de l’OIT.

C’est que des correspondances il y en a eu. Comme celles adressées à l’inspectrice du Travail de la zone concernée, et qui dans ce cas d’espèce, ne peut que constater la mince ligne sur laquelle elle doit naviguer pour interagir.

Des interventions ou tentatives de conciliation, il y en eu également. Notamment de la part de la Direction du protocole du ministère  des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains à l’étranger et de l’Ambassade de France au Maroc. Malheureusement sans suite tant le désaccord de part et d’autre est au plus profond.

Dans un autre contexte, celui financier, où il se murmurerait quelques dilapidations de deniers au Lycée Descartes, la direction de l’AEFE Paris-France a commandé une Procédure de contrôle de la comptabilité et de la gestion de l’établissement et une « mission d’audit approfondie sera diligentée à l’automne ».

Une « mission d’audit approfondie qui sera diligentée à l’automne afin d’aider l’équipe de direction à corriger les dysfonctionnements relevés », relève-t-on dans la réponse de la Direction.

Bigre ! il s’en passe des choses au Lycée Descartes. Même les enfants n’y échappent pas. La direction a refusé la réinscription de gosses inscrits sous un statut de tutelle pour soi-disant « dossier irrégulier« , ce même dossier qui était tout à fait recevable une année auparavant!

La raison en est toute simple: Ils étaient de la famille de personnels marocains n’adoptant ni le point de vue, ni la ligne de conduite directoriale de établissement de la mission française au Maroc et qui plus est dans la capitale Rabat.

Dans cette guéguerre aux relents peu plaisants, des enfant paient le prix: Ils se retrouvent sans école et doivent patienter plus de deux semaines après la rentrée pour trouver preneur. Entre-temps, que d’appréhension, de traumatisme et de « hogra » pour ces enfants, et que de frayeurs et de dépenses, conséquentes mais vaines, pour leurs parents, informés la vielle de la rentrée de la « non-acceptation » de leurs enfants, alors même qu’ils avaient déjà acheté tout le nécessaire pour la rentrée à Descartes, avant de « s’en faire jeter ».

Cette mise à l’écart s’apparente, selon ses victimes, ni plus ni moins à une violation des droits de ces enfants, mais aussi à une discrimination. Mais là, c’est une habitude maison!

On se souvient en effet qu’en septembre 2020 en pleine crise de Dame Covid, la proviseure, à en oublier ses origines, s’était sentie obligée dans un communiqué de préciser qu’une professeure était « arabisante » et en avait été atteinte et qu’en conséquence, elle se sentait dans l’obligation de placer ses élèves et ses collègues « arabisants » à l’isolement.

Pourtant, à bien y penser et à y être, il ne fait aucun doute que René Descartes est le fondateur de l’Humanisme. Aussi, s’il faut nécessairement conclure… « Larvatus prodeo.. Je m’avance masqué« .

Audit, discrimination, sanctions disciplinaires… Quand le lycée Descartes m’est conté Hespress Français.

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