Maroc : Total et Winxo engrangent le gros des dirhams des hydrocarbures

Le Conseil de la concurrence a indiqué que les bénéfices de sept entreprises leaders sur le marché de la distribution de carburant au Maroc se sont élevés à 1,68 milliard de dirhams annuels rien que dans la vente du gasoil et de l’essence, au cours des quatre dernières années.

C’est ce qui ressort en tout cas, de l’avis du Conseil de la concurrence, paru cette semaine, concernant la hausse importante des prix des matières premières et le marché mondial, et ses répercussions sur le fonctionnement concurrentiel des marchés nationaux, au regard de l’état des hydrocarbures (gasoil et essence). L’Institution constate que l’activité de distribution du gasoil et de l’essence reste très lucrative au Maroc, au vu des niveaux de rentabilité financière qu’elle dégage.

Les données indiquent que les bénéfices d’Afriquia SMDC se sont élevés à 497 millions de dirhams l’an passé, 555 millions de dirhams pour Vivo Energy, 883 millions de dirhams pour Total Energy, 223 millions de dirhams pour Petrom, 305 millions de dirhams pour Winxo, 123 millions de dirhams pour Olea Energy, et 244 millions de dirhams pour Ziz. La production nette cumulée de gasoil et d’essence réalisée par les sept entreprises s’est élevée à environ 6,7 milliards de dirhams durant la période comprise entre 2018 et 2021, soit une moyenne annuelle d’environ 1,68 milliard de dirhams.

Dans le détail, le rapport révèle que la société Winxo se différencie par un taux de rentabilité financière qui dépasse généralement les 60 %, suivie de Vivo Energy Maroc avec un taux élevé se situant entre 44 et 52 %. En revanche, les sociétés Petrom et Ola Energy Maroc ont affiché un taux de rentabilité ne dépassant pas 20 % durant cette période. Afriquia SMDC a vu son taux de rentabilité financière fluctuer entre 11,5 % et 22 %.

En plus des entreprises qui ont réalisé les bénéfices les plus importants, Total Energy et Vivo Energy ont généré 1,71 milliard de dirhams chacune, de la vente de gasoil et d’essence entre 2018 et 2021. Le bénéfice net de ces sociétés provenant de différentes activités s’élève à 10,7 milliards de dirhams durant la même période, ce qui comprend la distribution du gasoil et de l’essence, en plus du gaz, du fioul et du kérosène.

En effet, l’exploitation des données de la période 2018-2021 a fait ressortir des niveaux de rentabilité qui demeurent très élevés dans l’ensemble, avec néanmoins des différences entre les sociétés, peut-on lire sur le rapport. Le Conseil explique ces écarts des niveaux de rentabilité par les différences relevées dans la rubrique des investissements engagés par chacun de ces opérateurs et particulièrement dans le développement des capacités de stockage et du réseau de distribution.

Le leader, en termes de parts de marché (Afriquia SMDC), a réalisé un montant d’investissement moyen durant la période 2018-2021 de l’ordre de 319 millions de DH dans le développement des infrastructures de stockage et dans le réseau des stations-service, tandis que Winxo n’a mobilisé que la moitié du montant d’Afriquia SMDC (près de 185 millions de DH), précise le rapport. Selon les données fournies par Conseil dirigé par Ahmed Rahhou, les marges bénéficiaires des entreprises de distribution ont connu de fortes augmentations dans les années 2020 et 2021, dépassant le plafond d’un dirham par litre d’essence.

Aussi, pour résoudre ce problème, le Conseil a proposé l’adoption d’un impôt exceptionnel qui dépend progressivement des bénéfices réalisés à partir des excédents de bénéfices des entreprises afin de soutenir les programmes sociaux de l’Etat. L’Institution avait indiqué que cette taxe inciterait les entreprises à maintenir des marges bénéficiaires raisonnables en cas de baisse des prix au niveau international par l’application immédiate de ces réductions aux prix de vente sur le marché national, dans le but de mieux activer la concurrence.

Commentant ces chiffres, Mostafa Labrak, économiste spécialiste de l’énergie et directeur général d’Inergysium consulting, dans un entretien accordé à Hespress, a déclaré que « compte tenu du taux de transaction annuel, qui est d’environ 6 milliards de dirhams, et du taux de profit annuel de 1,68 milliard de dirhams, le taux de rendement est d’environ 4,4 %, ce qui est trop près du taux d’intérêt appliqué par les banques. Labrak a en outre indiqué que « les chiffres annoncés restent proches des niveaux d’avant la libéralisation des prix des carburants en 2015 ». Il a ajouté : « Quand on se réfère aux marges bénéficiaires sur les matériaux, on constate qu’elles se situent entre 0,350 et 0,368 dirham par litre. Ce sont des marges bénéficiaires normales et quelque peu minces ».

Notre interlocuteur a expliqué que « les prix élevés s’expliquent actuellement par les taxes et les marchés internationaux, dans lesquels les prix des produits pétroliers ont augmenté, en raison des conditions géopolitiques et sanitaires », et a souligné que « l’avis du Conseil de la concurrence donnait une idée précise sur les chiffres et rectifiait ceux fictifs qui circulaient auparavant sur les sociétés de distribution de carburant. En effet, il s’est avéré qu’il ne s’agissait que de façonnage. Ils sont infondés », ajoutant que « le rapport est sans tendance, très positif, car il a donné une image complète de ce secteur vital avec des chiffres très raisonnables ».

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