Cancer: Le Maroc tend vers la généralisation des soins palliatifs

Le Maroc détient une très bonne réputation en matière de lutte contre le cancer au sein de la région MENA, notamment en termes d’évolution et d’innovation grâce à son Plan National de prévention et de contrôle du Cancer (PNPCC). Les soins palliatifs représentent ainsi un axe important de cette stratégie qui vise à sa généralisation sur tout le territoire national.

Les soins palliatifs interviennent en phase terminale ou post-curative d’un patient. Ils ne sont pas spécifiques qu’au cancer, mais à toutes les maladies chroniques qui ne répondent plus aux traitements, comme l’Alzheimer, le VIH, l’AVC…

Ces soins représentent également une phase d’accompagnement vers la fin de vie du patient lui permettant de soulager toutes formes de douleurs afin de pouvoir au moins bénéficier d’une mort pacifiste, explique une source spécialiste dans le domaine.

Pour lutter contre le cancer au Maroc, le ministère de Santé et de la Protection Sociale a lancé en 2010, le tout premier PNPCC, adoptant des stratégies claires et des axes plus précis incluant la prévention, la détection précoce, la prise en charge et les soins palliatifs.
En revanche, ces soins ne sont pas encore généralisés au niveau national.

Le PNPCC 2020-2029 recommande la consolidation des résultats acquis et la généralisation des soins palliatifs ainsi que leur élargissement au niveau de l’ESSP dans le but de couvrir l’ensemble du territoire. Cette prise en charge ne doit plus relever de la seule responsabilité des équipes spécialisées en soins palliatifs dans des Centres Régionaux d’Oncologie (CRO), sauf dans les cas de complexité modérée ou maximale.

L’objectif est d’accompagner et de soigner 100 % des patients atteints de cancer nécessitant des soins palliatifs, dans la meilleure qualité de vie et de vie de leurs familles. « Je ne pense pas qu’il y ait un Marocain qui n’ait jamais connu ou assisté aux phases d’un patient atteint du cancer », indique notre source, soulignant l’importance de l’accompagnement de la famille du patient, avant et après son décès.

Cependant, le plan prévoit le développement et l’application de la législation et de la réglementation en cours pour atteindre l’objectif tracé. Il envisage également l’extension du réseau des soins palliatifs en utilisant une approche communautaire participative.

L’un des objectifs du PNPCC est la multiplication par deux de la consommation annuelle de morphine. « Il a été constaté que les médecins tendent vers une approche morphinophobe. La prescription correcte et légale de la morphine en général mène au soulagement du patient. Il faut donc avoir recours à cet antalgique tant qu’il a une possibilité d’alléger ses douleurs intenses », ajoute la source.

La stratégie des soins palliatifs nécessite de définir un circuit du patient après son passage par le centre d’oncologie où il a été constaté que les traitements ne donnent plus effet. Le stade du palliatif doit absolument se dérouler sous accompagnement, traitement de la douleur et traitement de la dépression aussi.

En outre, l’accompagnement de la famille, en termes d’annonce du pronostic, du deuil, de la douleur psychique, est l’un des points essentiels de cette stratégie.

D’après la vision du ministère, les onze centres d’oncologies présents au Maroc doivent comprendre une unité de soins palliatifs fixe. Ensuite, le centre, qu’il soit local, régional ou provincial, doit penser à tous ces patients dans la nécessité d’être hospitalisés, soignés ou qui habitent loin des centres ainsi que ceux qui ne peuvent pas se déplacer, en offrant en outre des unités mobiles disponibles pour rejoindre ces derniers à domicile à travers les données communiquées par les unités fixes.

« Une fois que le traitement n’a plus d’effet sur le patient, l’oncologue ajoute son nom à la liste de l’unité des soins palliatifs de l’hôpital pour bénéficier de ceux-ci », explique la source.

Avec l’avènement du plan cancer au Maroc et la création de la fondation Lalla Salma, il y a eu un grand changement au niveau de la perception du cancer de manière générale, même au niveau des citoyens qui « n’étaient pas vraiment conscient, à une certaine période, de la gravité de cette maladie donc ils ne se déplaçaient pas pour se faire diagnostiquer ». Grâce à l’engagement du Royaume, ces derniers ont actuellement plus d’accès au diagnostic et au traitement surtout que « le pays est passé de 2 à 11 centres d’oncologies opérationnels ».

La prise de conscience est encore plus bénéfique pour les patients surtout en matière des soins palliatifs puisqu’ils sauront qu’il y aura tout de même une solution aux douleurs si le traitement n’est plus fonctionnel.

Cancer: Le Maroc tend vers la généralisation des soins palliatifs Hespress Français.

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