Avortement: Le gouvernement se prononce enfin sur l’affaire de Meryem

L’affaire de Meryem, 14 ans, violée et décédée lors d’un avortement clandestin, a finalement fait réagir le gouvernement. Ce jeudi, lors de la conférence de presse tenue à l’issue du conseil du gouvernement, Mustapha Baitas, le porte parole de l’Exécutif a reconnu que le viol est un phénomène qui « existe dans notre société » et affirmé que le code pénal se penchera sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

« Encore une fois nous nous arrêtons pour observer certains phénomènes qui nous font mal en tant que citoyens marocains avant d’être des responsables gouvernementaux » a-t-il déclaré en réponse à une question sur le sujet.

Il a estimé néanmoins qu’il n’est pas possible d’aborder « le code pénal de manière fragmentée devant le parlement selon les événements qui se passent dans la société ».

« Je ne minimise pas ce qui s’est passé. C’est grave et sérieux, et il ne faut pas que ça se répète, surtout qu’il s’agit d’une enfant qui avait la vie devant elle et qui a été victime d’un phénomène qui existe dans notre société, nous n’allons pas le réfuter » a-t-il concédé.

Baitas a indiqué que les modifications prévues dans le code pénal aborderont ce sujet, et que le gouvernement apportera des réponses. Il a souligné que c’est là un sujet qui intéresse le gouvernement, mais aussi toute la société marocaine, promettant que toutes les opinions seront présentes.

Pour rappel, entre 600 et 800 avortements illégaux ont lieu quotidiennement au Maroc. Les associations de protection des droits de la femme et des enfants, appellent à alourdir les peines des violeurs et pédophiles et à décriminaliser l’IVG afin de garantir des opérations sans risques de mort pour les femmes.

Le Roi Mohammed VI avait lancé en personne, un chantier pour légaliser partiellement l’avortement en 2015. L’IVG devait être légalisée dans «quelques cas de force majeure» comme pour les « grossesses qui résultent d’un viol ou d’inceste, ou encore pour de graves malformations et maladies incurables que le fœtus pourrait contracter ».

Ces ajustements devaient être traduits en dispositions juridiques et inclus dans le code pénal mais depuis, les amendements sont bloqués.

Le code pénal marocain punit les interruptions volontaires de grossesse de peines allant de un à cinq ans de prison ferme.

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