Maroc-France : Le Sahara dénominateur commun de la discorde

 C’est un secret de Polichinelle, entre le Maroc et la France il serait tout à fait hasardeux de dire que les relations entre les deux pays sont au beau fixe, tant la crise est réelle et qu’à chaque jour que Dieu fait, d’une sournoiserie assourdissante, elle ne fait que s’aggraver.

C’est à se demander jusqu’où elle pourrait aller … D’un autre côté, ce schéma s’applique parfaitement à l’Algérie et à l’Espagne. Dénominateur commun à ce malaise diplomatique qui fâche, ni plus ni moins, le Sahara marocain, il ne faut pas se leurrer.

Lors de son dernier discours, le Roi Mohammed VI a demandé à ceux qui se disent des alliés du Royaume et qui se veulent toujours indécis, un peu plus de clarté quant à leur position sur la question du Sahara d’une manière qui ne prêterait à aucune ambiguïté. Certains l’on fait, bien avant, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne… d’autres comme l’Italie et la France rechignent encore et il semblerait que ce n’est pas demain la veille qu’ils devraient sortir de leur coquille, tant cela sent le gaz et que la situation est explosive.

Hespress FR a sollicité Mustapha Tossa, journaliste et politologue basé à Paris qui nous a éclairés sur le regard que porte la France sur les relations entre le Maroc et l’Espagne qui reprennent de plus belle alors qu’en revanche celles de l’Hexagone avec le Royaume se ternissent de plus en plus.

« Il est tout à fait naturel que Paris se fâche dès lors que son partenariat économique, politique et stratégique qui plus est historique, avec Rabat parte en fumée au profit de l’Espagne ou des Etats-Unis », analyse notre interlocuteur.

L’éditorialiste poursuit en disant: « Mais de là à dire que cela déborde et que cela prend d’autres ampleurs jusqu’à se positionner belliqueusement contre le Maroc et son intégralité territoriale, c’est aller un peu trop en besogne ».

Mustapha Tossa étaye ses propos en affirmant que «la France jusqu’à présent maintient le statu quo quant à un ordre établi. Mais elle n’a pas répondu aux demandes du Royaume du Maroc de clarifier sa position quant à la question du Sahara marocain et d’en reconnaitre la souveraineté à l’image des Etats-Unis. En effet, Paris malgré tous ses liens traditionnels d’amitié et de fraternité avec Rabat, fait de la résistance quant à cela».

Le Royaume attend de l’Hexagone ni plus ni moins la reconnaissance de sa souveraineté sur son Sahara. L’analyste a expliqué en outre, que les relations du Maroc avec les autres pays seront dorénavant conditionnées par le prisme des positions par rapport à la souveraineté du Sahara.

Il attend de ses alliés un soutien sincère et clair sur la question et si l’Élysée s’alignait sur les positions américaine, espagnole néerlandaise ou Allemande, ce serait parfait, d’autant plus que Paris et Rabat ont des liens solides, traditionnellement ancrés dans l’histoire commune des deux peuples.

Cela étant, on retiendra le coup de gueule de Mustapha Tossa quant à la tournure qu’a prise l’apparition de l’activiste séparatiste Sultana Khaya samedi 10 septembre 2022 au siège de l’Assemblée nationale française. En effet, elle y a pris une photo où elle brandissait un drapeau de la fantomatique RASD avec le député communiste, Jean-Paul Lecoq, qui l’avait invitée à cette mascarade elle, ainsi que le représentant du polisario en France.

Cela a servi plutôt, aux médias à la solde du régime d’Alger qui ont véhiculé de fausses informations selon lesquelles la Chambre basse du Parlement français lui a réservé, en tant qu’invitée d’honneur, une séance publique pour examiner la question du Sahara. Fake news que tout ça.

Malheureusement ça s’est rapidement amplifié sur les réseaux sociaux avec, on s’en doute, un foisonnement de ragots parce que « l’on a donné à ce petit fait plus d’importance qu’il n’en valait ».

Tossa de précise à cet égard que «d’aucuns ont trouvé choquant que les autorités françaises n’aient pas réagi. Je voudrais juste dire que n’importe qui, quel que soit sa subtilité politique a le droit d’être invité par un député à l’Assemblée nationale française pour prendre une photo sans que la diplomatie française ni même la présidence ne puisse en redire ».

Pour conclure: « Certains ont mal interprété cette +intrusion+ qui est tout à fait permise dans l’hémicycle dès lors qu’un député, quelle que soit sa couleur politique, ait invité la personne à le faire. Cela ne change rien à la position de la diplomatie française car ce n’est pas un parti pris loin de là, mais un fait banal auquel on ne saurait donner plus d’importance qu’il n’en faut« .

Maroc-France : Le Sahara dénominateur commun de la discorde Hespress Français.

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