Le volteface du Pérou et l’énième reconnaissance du Polisario

Le président de la République du Pérou, l’ex-instituteur investi Pedro Castillo, qui ne sait décidément plus sur quel pied danser, a réitéré hier jeudi, dans un gazouillement sur twitter son engagement à défendre l’autodétermination des séparatistes de RASD.

Plus tard, l’agence de presse officielle du Pérou « ANDINA » affirmait en effet que le chef de l’Etat péruvien avait fait cette déclaration via son compte Twitter officiel, un an, jour pour jour après avoir renoué des relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique. Cette décision intervient trois semaines après que le gouvernement péruvien ait annoncé le retrait de sa reconnaissance à la fantomatique RASD. En effet, en août dernier, le Pérou avait décidé de « retirer sa reconnaissance à cette pseudo entité fictive et de rompre toute relation avec elle, tout en exprimant son soutien à l’initiative d’autonomie au Sahara marocain ».

Le ministère péruvien des Affaires étrangères avait également exprimé son soutien à « l’intégrité territoriale et la souveraineté du Royaume du Maroc » sur son Sahara. Le Maroc s’était félicité de la décision de la République du Pérou, estimant que cette décision « ouvrait une nouvelle page dans les relations avec ce pays ami ». La décision avait même été adoptée le 18 août, après que le ministre péruvien des Affaires étrangères Miguel Angel Rodriguez Mackay, qui venait de prendre ses fonctions deux semaines plus tôt, s’était entretenu par téléphone avec son homologue, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidents à l’étranger, Nasser Bourita. A cette occasion, le ministère andin avait déclaré que les gouvernements péruvien et marocain avaient convenu de « renforcer leurs relations bilatérales » et que le Pérou « appréciait et respectait l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc et sa souveraineté nationale ». Le ministère péruvien des affaires étrangères, déclarant en août que sa décision diplomatique serait notifiée aux Nations unies.

Malheureusement avec cette énième volteface le Pérou, un pays “ami “fait montre d’une fiabilité traite au regard de ses revirements tout au long de son historique avec le Royaume. Le Pérou avait officiellement entamé des relations diplomatiques avec la fantomatique RASD en mai 1987. Celles-ci furent suspendues près d’une décennie plus tard en septembre 1996 sous le mandat de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000). En septembre 2021, déjà sous l’actuel gouvernement Castillo, le pays andin renouait ses relations diplomatiques avec les séparatistes, une décision qui, selon le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Oscar Maurtua, répondait à « la trajectoire historique » du pays andin comme une nation « démocratique et pleinement respectueuse du droit international ».

De cette situation, on s’en doute, des zigotos jubilent surtout après le communiqué officiel 017-21 du « Ministario de Relaciones Exteriores » disant que les Présidents de la République du Pérou et de la RASD avaient publié simultanément à Lima et à Bir Lahlou que « les deux gouvernements, inspirés par les principes et les objectifs de la Charte de l’Organisation des Nations Unies et conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, ils conviennent de la date de rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays », itou, itou.  Ceci est en parfaite conformité avec le fait que le Pérou est le pays latino-américain qui fait montre de la plus mauvaise image de son système politique en Amérique latine.

Dès l’annonce du ministre péruvien des Affaires étrangères Miguel Angel Rodriguez Mackay, de retirer la reconnaissance du polisario, le parti d’extrême gauche au pouvoir, Partido Político Nacional Perú Libre (PPNPL) à l’idéologie marxiste-léniniste avait demandé la tête du chef de la diplomatie péruvienne. On s’en doute ils sont au moins deux, l’Algérie et son chérubin à s’en féliciter.

Les spécialistes de la question du Sahara marocain s’y attendent au demeurant et l’un d’entre eux l’explique ainsi, « Le Pérou est confronté à une crise politique, économique et sociale sans précédent. Il est vrai que du point de vue du partenariat et dans un marché toujours sous forte tension à cause du contexte mondial et notamment du conflit en Ukraine, les cours des engrais et du gaz n’ont de cesse d’aller battre de nouveaux records ces derniers jours. Or le Maroc est un pourvoyeur d’engrais et s’est investi pour sauver la classe paysanne du Pérou. Le gaz qui est également une denrée rare que l’on s’arrache aux quatre coins du Globe est une autre monnaie d’échange. Il n’est nul secret que le Pérou se donnera au plus offrant d’autant plus que l’Algérie n’a de cesse de distribuer des enveloppes de gaz par-ci par-là, aux pays fragiles et ce dernier en est un. Au détriment du peuple algérien qui subit les conséquences d’une cause dont il n’a cure ».

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