Sahara: Le nouveau président William Ruto va-t-il inverser la politique de son pays?

Le Kenya, un pays qui a souvent adopté des positions anti Maroc, a un nouveau président, William Ruto, qui tranche avec l’ancien chef d’Etat Uhuru Kenyatta. Avec ce changement radical au sommet de l’Etat, le Kenya va-t-il devenir le prochain pays africain à ouvrir une représentation diplomatique au Sahara?

Il semblerait qu’il y a de fortes chances que le Kenya et le Maroc se rapprochent dans les années à venir depuis le changement de leadership dans le pays. Les deux Etats entretiennent des relations tendues à cause du soutien de Kenya à la milice séparatiste du polisario.

Nairobi et Rabat partagent plusieurs intérêts communs, le même désir de développement et pourraient porter leur collaboration à des niveaux très élevés pour devenir des exemples africains en termes de coopération sud-sud.

Pour cela, la première étape consistant au déblocage politique a été franchie avec l’élection d’un nouveau président dont la position envers le Maroc tranche avec celle de son prédécesseur. En effet, Uhuru Kenyatta suivait la position de l’Afrique du sud dans le dossier du Sahara, sans chercher à comprendre l’histoire, les spécificités du Royaume et la réelle cause du différend régional créé par l’Algérie.

Le nouveau président élu a obtenu 50,5% des voix, contre 48,85% pour son rival Raila Odinga, un résultat serré mais qui aurait donné dans les deux cas, presque la même issue pour le Maroc.

Les deux candidats affichent des positions clairement en faveur du Royaume dans le dossier du Sahara malgré leurs liens avec Kenyatta. Dans le cas du vainqueur du scrutin, il a été pendant 10 ans le vice-président du Kenya, pour le second, il a reçu le soutien du chef d’Etat sortant.

Raila Odinga avait emmené une délégation d’hommes d’affaires et de politiciens kenyans au Forum Crans Montana à Dakhla. en 2015, tandis que William Ruto avait fait part de sa position en faveur du plan d’autonomie proposé par le Maroc pour régler définitivement ce dossier en estimant qu’il s’agit de la « meilleure solution ».

Mais il avait été rattrapé par le président de l’époque dont la position est proche de l’Afrique du sud, elle-même calquée sur celle de l’Algérie, pays initiateur du conflit. A présent que William Ruto n’est plus tributaire de Kenyatta, et il aura la possibilité de donner une nouvelle impulsion à son pays.

Il n’est donc pas à exclure qu’il prenne de grandes décisions stratégiques pour le Kenya, notamment dans le cadre de la politique étrangère de son pays, en choisissant de se ranger du côté des faiseurs de l’histoire et de la paix plutôt que de ceux qui encouragent le séparatisme et la division.

En choisissant de rompre avec plusieurs années de soutien à un mouvement séparatiste armé et honni de la communauté internationale, William Ruto, pourrait signer un grand coup autant sur le plan diplomatique que médiatique. En outre, une décision souveraine de soutenir le Maroc n’affecterait aucunement les relations du Kenya avec l’Afrique du sud étant donné que chaque pays a le droit de choisir sa propre voie et ses propres partenaires.

Pour rappel, sous Uhuru Kenyatta, le Kenya a largement suivi les directives du président sud-africain Cyril Ramaphosa. Les deux dirigeants avaient signé une déclaration conjointe en novembre pour annoncer leur soutien à la milice séparatiste.

Pendant la présidence du Kenya au sein du Conseil de sécurité, l’Algérie pouvait compter, à travers le lien Ramaphosa-Kenyatta, sur une voix anti Maroc. Ainsi, les diplomates kenyans ont saisi l’occasion pour inscrire 3 sessions de discussions au sein du Conseil de sécurité autour du Sahara.

A noter que le Kenya reconnait la « république sahraouie » autoproclamée et non reconnue par les Nations Unies, création du polisario depuis 2005 sous la présidence du défunt Emilio Mwai Kibaki (2002-2013). Le pays a même ouvert une représentation diplomatique du mouvement séparatiste en 2014.

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