Maroc-Algérie un débat ou combat médiatique en roue libre

Abstraction faite de la phraséologie négative, des médias algériens aux ordres du régime, le silence étrangement assourdissant des officiels d’Alger en guise de réponse à la main tendue et à l’offre de réconciliation faite par le Roi Mohammed VI, samedi, lors de son 23ème discours du Trône, démontre à coup sûr, la haine viscérale que voue le régime d’Alger au Maroc.

Aussi, sur un terrain neutre, on va dire et, sur les plateaux de la chaîne de télévision en arabe Al-Hurra, un débat en direct sur la question a eu lieu, entre le politologue marocain Mohamed Tajeddine El Houssaini, professeur des relations internationales à la Faculté de droit de l’Agdal à Rabat et Abderrazak Saghour, enseignant des sciences politiques à l’Université d’Alger.

A vrai dire, il n’y a pas eu photo tant Saghour était gêné à vouloir défendre une cause perdue. De par une argumentation très approximative qu’il a bégayée, la conversation a eu vite fait de tomber de niveau, malgré quelques idées qu’il voulait à tout prix fermenter, alors qu’en face, El Houssaini, de paroles éloquentes, développait la sienne subtilement, étayant d’un grand nombre de preuves son théorème.

A la question de savoir quel a été le degré d’accueil de la énième main royale tendue à l’Algérie, Saghour de formules incantatoires -pure style du régime d’Alger-, caresse d’abord dans le sens du poil de la bête avant que d’exiger des conditions préalables pour une reprise du dialogue.

« Pour ce qui est des Algériens, nous avons toujours prôné le dialogue et nous voulons avoir de bonnes relations avec notre voisin arabe et musulman, le Maroc », a-t-il dit.

Cependant, sans convaincre au demeurant, il ne manquera pas de reprocher, au Royaume des griefs qui selon l’enseignant algérien, ont conduit à la rupture diplomatique, (discours à l’ONU du représentant marocain Omar Hilale  (Kabylie), ou allusion faite à Pegasus ou encore les déclarations du MAE israélien aujourd’hui Premier ministre, Yaïr Lapid depuis Rabat…). Saghour, d’une sincérité indéniablement très à côté pour un politologue, a botté en touche la question du Sahara marocain qui n’était d’après lui aucunement une affaire algérienne, mais du ressort de l’ONU.

Serein, Mohamed Tajeddine El Houssaini qui ne s’attend pas en tant que chercheur à une quelconque évolution de la part de l’Algérie quant à une réponse à la main tendue du Roi Mohammed VI, a présenté d’autres argumentaires, démolissant, preuves à l’appui, la tendance belliqueuse qui sied chez le voisin de l’Est.

« Le Royaume a toujours prôné à l’égard de l’Algérie une politique fraternelle, d’amitié et de réconciliation et a même proposé la constitution de commissions des deux pays pour discuter et résoudre tous les différends entre les deux parties », a soutenu l’universitaire.

Mais c’est tombé dans l’oreille d’un sourd vraisemblablement. El Houssaini tout en disséquant ces argument, a eu cette réplique, « la conviction du Maroc est qui si bien des choses changent, la géographie elle, ne change malheureusement pas et l’Algérie est un voisin essentiel dans cette région. Aussi la relation de bon voisinage entre nos deux peuples et ceux de toute cette région est une condition sine qua none pour le Royaume ».

Droit dans ses bottes, le politologue marocain faisait part d’une autre appréciation, celle du dialogue: « il est évident que toute solution passe par le dialogue direct et sans médiation aucune». Et d’étayer ses dires, sachant en cela que, « si le Maroc a refusé le Conseil de coopération du Golfe c’est parce qu’il a privilégié le Grand Maghreb, c’est un choix stratégique ».

Aussi peut-on avancer le fameux dicton : « Cherchez l’erreur !». El Houssaini a lancé quelques petites flèches sur le droit international et les ententes et accords rompus, entre les deux pays (gaz, espace aérien, Garat Djebilet…) et autres petites misères en guise d’animosité de la part de notre voisin, à en faire tressaillir son interlocuteur qui in fine, ne sachant plus guère à quel saint se vouer, balbutia et “re-balbutia“ ses fameuses expressions incantatoires pour y aller, de faux-fuyants quant à ces questions, du style: « Les relations entre les deux peuples sont et resteront toujours bonnes mais le problème est entre les deux régimes ».

Ou carrément entremêlant l’espace et insultant le temps, il y va de tout son soul « si l’Algérie a fermé le robinet du gaz, c’est à cause du représentant marocain aux Nations-Unis » et vas-y de vertes et de pas mûres.

Et même s’il s’est voulu conciliant à la fin en prônant sans conviction des discussions pour un avenir meilleur et à des tables de négociations sans médiateurs, Abderrazak Saghour n’aura jamais été convainquant tout au long de sa sortie médiatique ni, du reste convaincu serions nous tenté de dire.

Maroc-Algérie un débat ou combat médiatique en roue libre Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page