Catastrophe environnementale à Mohammedia, l’oued N’fifikh se meurt

L’oued N’fifikh qui se déverse sur la plage des Sablettes à Mohammedia (très fréquentée en cet été) est gravement pollué et des milliers de cadavres de poissons jonchant et flottant à sa surface, infestent à leur tour, les eaux de cet oued qui avec El Maleh enclavent la ville.  

Malheureusement pour les riverains, la faune et la flore et tout l’environnement de ce cours d’eau, ce phénomène est récurrent et revient pratiquement à chaque année et à plusieurs reprises.

L’Oued N’fifikh, nous dit une étude (suivi mensuel des paramètres physico-chimiques indicateurs de pollution, d’août 2018 à juillet 2019) en sa partie aval est concernée par l’un des enjeux environnementaux les plus cruciaux, il reçoit les rejets d’eaux usées, évacuées de façon précaire sans traitement préalable, ce qui conduit à la dégradation de l’état écologique global de cet hydro-système fluvial.

Les résultats obtenus montrent que le cours d’eau est exposé à une forte pollution qui est principalement organique. Par conséquent, les eaux usées représentent une cause majeure de dégradation de la qualité de l’eau de ce milieu récepteur.

C’est d’ailleurs le problème alarmant des eaux usées déversées sur une partie de l’oued qui  cause la mort, de la faune marine et même celle qui s’y abreuve (gibier et bétail…), nous dit l’acteur associatif Sahim Mohamed Shaimi. Cet évènement qui se manifeste à la conscience de plus en plus fréquemment on va dire, préoccupe les habitants et les estivants au niveau des Sablettes, Pont Blondin et environs.

Il s’agit des eaux usées de couleur noirâtre qui sont déversées dans une partie de l’oued N’fifikh et qui s’écoulent vers l’embouchure au niveau de la plage sans parvenir à se jeter en mer étouffant ainsi ce cours d’eau dont la longueur n’excède guère les 40 kilomètres. Les habitants, alarmés par cette situation, ont à maintes reprises alerté les services concernés pour déterminer l’origine du problème en vain.

Acteurs associatifs et riverains en alertant les autorités comptent mettre fin à ces rejets qui affectent et la plage des Sablettes et donc Mohammedia mais également Ben Slimane et les localités avoisinantes, la forêt et l’oued N’fifikh, mais pour l’heure c’est lettre morte. L’objectif étant de contrecarrer une éventuelle catastrophe environnementale dont la menace pèse sur toute la région.

« La catastrophe de l’Oued N’fifikh puise sa raison d’être à 90% de la main d’homme et 10% revient à Dame Nature (sécheresse, manque de précipitations et changement climatique)« , déplore Sahim Mohamed Shaimi. « Tout au long de son écoulement (deux provinces Ben Slimane et Mohammedia et plusieurs localités, Fedalat, Beni Amer, Oulad Taleb, Beni Yakhlaf… ), il est affecté par l’activité humaine et surtout par le rejet d’eaux usées« , dit-il.

En cause, explique notre interlocuteur, « l’augmentation des activités industrielles et l’urbanisation croissante d’années en années que les autorités n’arrivent plus guère à juguler.  Cela a conduit ces dernières années à la construction de nombreux ouvrages industriels ou habitations provoquant ainsi à une pollution et à une dégradation de l’environnement naturel jusqu’à l’embouchure où justement, “n’arrive plus à se jeter “ cet oued depuis les cinq dernières années« .

De plus, en sus de l’activité industrielle, nous dira encore Shaimi, « de grandes propriétés  ni agricoles ni maison secondaires fleurissent tout au long de l’oued N’fifikh. Ils pompent à satiété l’eau pour emplir leurs piscines ainsi que pour l’arrosage et autres consommations qu’ils rejettent ensuite dans ce même oued y déversant eau usée voire toxique ou pas, tout cela nuit énormément à l’environnement« .

Notre interlocuteur regrettera que l’oued ne puisse plus recevoir d’eau ni d’une part (océan) ni d’un autre d’où le manque d’oxygène dont est victime la faune marine et environnante à ce cours. « Les rejets des eaux usées industrielles, publiques ou privées (grandes propriétés avec piscine y déversent, leurs eaux) d’où une autre toxicité vers l’oued », indique l’acteur associatif.

De plus cette activité peu citoyenne pose des problèmes de santé publique et environnementaux, nécessitant des solutions urgentes afin de mettre fin à cette pollution et sauvegarder ainsi l’écosystème, le patrimoine forestier et la plage ou devrait en toute logique se jeter N’fifikh.

Aujourd’hui à défaut et malheureusement c’est un spectacle de désolation à laquelle impuissamment nous assistons ce sont des tonnes de  poissons morts échoués sur les rives de l’oued N’fifikh, « et ce n’est là qu’une première étape d’une catastrophe annoncée qui menace humains, animaux sauvages et domestiques, flore et donc toute la chaîne alimentaire », conclura Sahim Mohamed Shaimi.

Catastrophe environnementale à Mohammedia, l’oued N’fifikh se meurt Hespress Français.

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