Le plafonnement du pétrole russe, bonne ou mauvaise idée?

Les dirigeants des 7 puissances industrialisées du monde (G7) cherchent à imposer une pression accentuée et continue sur la Russie en touchant directement le pétrole, sa principale ressource. Plusieurs options sont envisagées, dont un plafonnement du prix du pétrole russe. Mais cette mesure semble ne pas être adéquate car les Occidentaux manquent de temps et elle est difficile à mettre en oeuvre.

Les pays du G7 cherchent à plafonner le cour du pétrole russe afin de contrer la hausse continuelle causée par la guerre en Ukraine et le train de sanctions européennes qui font que les clients traditionnels de la Russie se sont rués sur d’autres marchés, provoquant ainsi une augmentation des prix de l’or noir.

Parmi les options envisagées aussi, dans les mois à venir, certainement d’ici la fin de l’année 2022, une interdiction de l’importation d’or russe, éventuellement une interdiction de tous les services qui permettent le transport maritime du pétrole brut et des produits pétroliers russes », à moins que le pétrole ne soit acheté en-dessous du plafond qui serait fixé.

Cette approche à double sens qui, d’un côté permettrait de continuer à acheter du pétrole russe, et d’un autre, limiterait drastiquement les revenus de la Russie, semble presque impossible à mettre en œuvre, outre le fait qu’une pareille mesure doit être bien étudiée et cela prend du temps, or, c’est justement le temps qui manque pour prendre des décisions.

Au niveau du G7, le Canada qui est un pays producteur de pétrole, une pareille mesure ne l’affecterait pas, les Etats-Unis ont déjà mis un embargo sur le pétrole russe, et au sein des Européens qui seraient tentés d’englober l’Union européenne aussi, il y a certains pays membres qui sont fortement opposés, comme la Hongrie et de la République tchèque qui continueront à acheter russe.

Pour les pays de l’Union européenne, qui ont été les plus virulents aux côtés des Etats-Unis vis à vis de la Russie, l’objectif est de réduire au maximum leur facture énergétique qui s’élève à 400 millions de dollars par jour pour le pétrole et 100 millions de dollars par jour pour le gaz et d’empêcher Moscou de gagner plus d’argent.

La Russie de son côté, cherchera à diriger son pétrole vers d’autres marchés demandeurs, comme l’Inde que le G7 essaie de convaincre, et la Chine sur laquelle ils ont tiré à boulets rouges lors du dernier sommet, en mentionnant les violations des droits de l’homme en Chine et en dénonçant les pratiques commerciales internationales jugées « non transparentes et faussant le marché ».

Les Occidentaux, emmenés par les Etats-Unis, sont dans le même temps, en train de chercher activement à remplacer le pétrole russe chez d’autres producteurs. Ils misent surtout sur les pays du Golfe, tels que les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite qu’ils veulent voir augmenter leur production.

Sauf que les Emirats arabes unis viennent d’annoncer qu’ils ont presque atteint leur seuil de production décidé par l’Opep+. L’annonce intervient quelques jours avant une visite du chef d’Etat américain, Joe Biden.

D’autres marchés sont également à l’étude, notamment deux inattendus, comme celui de l’Iran ou du Venezuela. Cette semaine, une délégation américaine s’est rendue dans le pays pour rencontrer la principale alliance de partis d’opposition, officiellement pour relancer le processus de négociation » avec le gouvernement Nicolas Maduro avec lequel Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 2019 un an après sa réélection.

En mai 2022, Washington a annoncé qu’il allait assouplir de manière limitée certaines sanctions contre le Venezuela, dont une liée à la compagnie pétrolière Chevron.

La Libye est également dans les plans, et l’appel de l’ambassadeur américain à Tripoli, Richard Norland, le montre. Ce dernier a mis en garde mercredi les forces politiques rivales en Libye contre l’utilisation du pétrole « comme arme » dans leurs querelles politiques.

« Les Etats-Unis continuent de soutenir la grande majorité des Libyens qui veulent des élections et exigent que la richesse pétrolière du pays soit gérée de manière responsable », a déclaré Richard Norland, dans un communiqué de l’ambassade suite à une rencontre avec des responsables libyens.

« Il est alarmant de voir que certains, pour des intérêts de courte vue, utilisent le secteur pétrolier comme arme ou aient pris unilatéralement des décisions ayant des répercussions sur l’utilisation des revenus pétroliers de la Libye », a-t-il ajouté.

Le plafonnement du pétrole russe, bonne ou mauvaise idée? Hespress Français.

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