Abdellatif Jouahri: Le monde n’est pas à l’abri d’une crise alimentaire mondiale

Le monde n’est pas à l’abri d’une crise alimentaire d’une ampleur mondiale, en raison des répercussions de Dame Covid et aux conséquences du conflit en Ukraine a déclaré Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib, lors d’un symposium organisé avec le Fonds monétaire international à Rabat.

Abdellatif Jouahri qui s’exprimait dans un discours vidéo pré-enregistré, a indiqué que la Banque mondiale estime qu’entre 75 et 96 millions de personnes supplémentaires vivront dans l’extrême pauvreté en 2022. Le Wali de BAM a mentionné que le déclenchement du conflit en Ukraine avait assombri les perspectives de l’économie mondiale, dès lors qu’il y eut un espoir d’un éventuel retour à la vie normale après l’assouplissement des restrictions sanitaires et les progrès remarquables des campagnes de vaccination.

Selon Abdellatif Jouahri, les pays développés et ceux en développement, vivent une situation très compliquée et difficile en raison des effets du conflit entre la Fédération de Russie et de l’Ukraine et de la crise sanitaire. Aussi et afin de faire face à l’accélération de l’inflation vers des niveaux que le monde n’a pas connus depuis des décennies, Abdellatif Jouahri a déclaré que les banques centrales se heurtent à un véritable dilemme, car elles sont confrontées à l’option de resserrer la politique monétaire et ainsi freiner l’économie, ou privilégier une position de gestion avec le risque de nouvelles hausses de prix.

Le Wali de BAM a souligné qu’en plus du ralentissement de la croissance économique, les gouvernements font face à des exigences sociales croissantes et des pressions pour soutenir le pouvoir d’achat, sachant en cela que leurs marges budgétaires se sont fortement réduites en raison de la crise sanitaire avec des niveaux d’endettement très élevés et des conditions de financement de plus en plus difficiles.

Abdellatif Jouahri a énuméré un certain nombre de défis auxquels le monde doit faire face et auxquels s’ajoutent de nombreux autres, liés en particulier à « la persistance des perturbations des chaines d’approvisionnement et aux mutations profondes qui étaient à l’œuvre bien avant la crise sanitaire et que celle-ci, a accélérées. Il s’agit en particulier de la digitalisation, de la montée du souverainisme économique, de la remise en cause du multilatéralisme et des exigences en matière de lutte contre le changement climatique. C’est tout l’ordre mondial qui est en train d’être refaçonné au gré des intérêts économiques et géopolitiques ».

Le Wali de BAM a souligné que le Maroc n’est pas à l’abri des effets de cet environnement international difficile, et a souligné que l’économie nationale que grâce à une mobilisation exceptionnelle à tous les niveaux, a pu en grande partie dépasser la crise sanitaire, enregistrant un rebond de près de 8% en 2021.

Toutefois, et comme partout ailleurs, elle subit les conséquences de la guerre en Ukraine avec en particulier un alourdissement de la facture énergétique et de fortes pressions externes sur les prix à la consommation.  Abdellatif Jouahri a indiqué que BAM a décidé de maintenir les mesures exceptionnelles déployées durant la crise sanitaire, pour ne pas ralentir la reprise économique, mais ont en même temps la vigilance à l’égard de l’évolution des prix est de mise.

Il est prévu à cet égard, a-t-il prévenu que l’inflation sera légèrement supérieure à 5% au cours de la l’année en cours, et devrait revenir à un niveau plus modéré l’année prochaine.

Abdellatif Jouahri a en outre souligné la nécessité de se préparer à faire face aux crises et aux circonstances difficiles et a estimé que l’une des principales difficultés rencontrées par les décideurs dans de nombreux pays du monde, en particulier les pays en développement, pendant la pandémie, est la disponibilité d’informations détaillées et des données opportunes pour évaluer l’impact et fournir des réponses économiques et sociales.

Il est à noter que le colloque organisé entre Bank Al-Maghrib, le Fonds monétaire international et le magazine économique du Fonds (IMF Economic Review conference), les 23 et 24 juin, aborde le thème « Relance transformationnelle : Saisir les opportunités offertes par la crise (Transformational Recovery: Seizing Opportunities from the Crisis) », dans lequel, chercheurs, responsables, experts et universitaires participeront. Cette réunion s’inscrit dans le cadre des préparatifs des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui se tiendront à Marrakech en octobre de l’année 2023.

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