Le gazoduc Nigéria-Maroc se concrétise au grand dam du régime d’Alger

Conflit russo-ukrainien oblige, les réserves en gaz de l’Afrique sont de plus en plus devenues « l’objet du désir », si l’on peut dire ainsi et elles attirent de plus en plus les regards. Une aubaine pour l’Union européenne (UE) qui cherche « désespérément gaz » pour remplacer celui que lui fournit la Russie. Dans ce contexte de crise, deux projets de gazoduc visant à acheminer le gaz du Nigéria, un producteur géant en la matière, vers l’Afrique du Nord puis vers l’Europe, ont vu, çà et là, le jour.

C’est ainsi que côté algérien un projet né mort d’un gazoduc de 4.000 km, appelé le gazoduc transsaharien (TSGP), s’étendant du Nigéria jusqu’en Algérie en passant par le Niger, est au toujours au point mort, tandis que celui pour lequel sont tombés d’accord, il y a quatre ans, le Roi Mohammed VI du Maroc et le président nigérian, Muhammadu Buhari, reste d’actualité de par son caractère concret d’un horizons certain.

Bref, le projet de transport de gaz Nigeria-Maroc le long de la côte atlantique qui sur le papier, doit parcourir près de 5.660 km et traverser plus d’une dizaine de pays pour, à terme, être connecté au marché européen en passant via les littoraux du Nigéria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Guinée, Guinée Bissau, Gambie, Sénégal, Mauritanie et Maroc, est des plus plausibles.

Pour en revenir au TSGP mis en veilleuse par le Nigéria, il y a matière à inquiéter très sérieusement l’Algérie. Et pour cause, le Maroc est en train de bâtir une solide alliance avec le Nigéria pour réaliser un mégaprojet stratégique pour l’avenir du gaz naturel pour l’Europe et le monde. C’est que l’accointance, estimée à l’Est de l’Eden au détriment des intérêts du régime sénile d’Alger, prend doucement et sûrement forme au détriment de l’exécutif des marionnettes Walter & Strafford made in Algeria et qui mène en vain des discussions depuis 2002 pour un projet de moindre acabit de gazoduc traversant la région du Sahel (Nigéria, Niger Algérie), un “très peu pour moi“ au regard de la menace sécuritaire qu’encourt le pipeline pour cause de terrorisme des sables.

Ce dernier aurait pour but de réexporter le gaz auquel cas où il coulerait ensuite vers l’Europe en utilisant les infrastructures existantes permettant l’acheminement du gaz algérien vers l’Espagne ou l’Italie. Voilà pour le décor planté. Sinon, ce début de semaine dans la capitale nigérienne Abuja, une réunion tripartite entre les trois Etats concernés par le TSGP a eu lieu.

Le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab dans un rôle de m’as-tu vu, et dans son désespoir de vanter sa pacotille au détriment de qui de droit, a déclaré: « Notre pipeline est plus sûr et il est économiquement viable. Tandis que l’autre oléoduc (Nigéria-Maroc), qui traverserait 12 pays sur une distance de plus de 6 000 km, dont une partie traverserait l’Atlantique, est plus compliqué ».

«Son financement n’est pas clair non plus. En revanche, l’Algérie a les moyens et est disposée à financer une grande partie du gazoduc transsaharien » s’est-il vanté dans des déclarations à un  journal allemand, Der Spiegel, pour ne pas le nommer.

On le voit donc Alger veut à tout prix réactiver un projet né-mort quitte à le mettre en péril en déclarant “ô chimères“ que « le gazoduc peut être achevé en trois ans et nous pouvons transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz depuis le Nigéria».

Sauf que le Nigéria n’est pas très enclin à cette option. Notre Bonhomme aura eu vite de réfréner ses ardeurs un jour après en déclarant à l’issue de la rencontre au Nigéria qu’« il a été convenu de la poursuite des concertations par le biais de l’équipe technique, formée lors de cette réunion et chargée d’élaborer toutes les clauses, ainsi que les études techniques et financières et les études de faisabilité relatives à la concrétisation du TSGP ». C’est que le régime sénile d’Alger dans ses rêves, escompte que le Nigeria pourrait fournir 30 milliards de mètres cubes de gaz par an à travers cette installation

Par contre du côté ouest-maritime de l’affaire, c’est un ton plus optimiste qui est de mise en ce début d’été 2022. En effet les choses se concrétisent, le Nigéria et le Maroc ont décidé de confier l’attribution du contrat de faisabilité des études techniques préliminaires du projet devant relier les deux pays par voie maritime à la société d’ingénierie australienne WorleyParsons.

C’est dire que les choses avancent. Même plus, le ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva, a annoncé dernièrement que le Conseil exécutif fédéral (FEC), une autorité gouvernementale présidée par le chef de l’Etat, Muhammadu Buhari, a donné son feu vert à la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) pour conclure un accord avec la CEDEAO pour la réalisation du projet de gazoduc Maroc-Nigéria qui par ailleurs, faisait l’objet d’un volet du message Royal du lundi 20 juin, adressé aux participants à la Conférence de lancement du Forum africain des investisseurs souverains (ASIF).

D’un autre côté, il y a une dizaine de jours, le ministre des Affaires étrangères de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, soulignait en présence du ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva, lors d’un point de presse en marge de la réunion des ministres des Etats africains atlantiques, que le chantier du pipeline Maroc-Nigéria «sera un modèle d’intégration régionale et changera les caractéristiques de l’Afrique atlantique ». C’est dire si cela se concrétise et que la concurrence algérienne n’est qu’un plouf dans l’eau.

Le gazoduc Nigéria-Maroc se concrétise au grand dam du régime d’Alger Hespress Français.

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