Ukraine: Une semaine décisive s’ouvre malgré de nouveaux bombardements russes

Les bombardements russes en Ukraine s’accroissent dans la région de Kharkiv dans le nord-est, connu pour ses universités internationales prisées par les étudiants marocains, et de Donetsk dans l’Est, a rapporté lundi la présidence ukrainienne suite à un avertissement du président ukrainien Volodymyr Zelensky portant sur une probable montée en puissance des opérations militaires russes. 

Les Européens se sont entendus pour dénoncer les agissements de la Russie qui empêche l’envoie de céréales. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a accusé lundi Moscou de commettre « un véritable crime de guerre » en bloquant les exportations de céréales ukrainiennes « quand le reste de la population mondiale souffre de la faim ».

De son côté, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, « la Russie doit cesser de jouer avec la faim dans le monde ».

Pour le président ukrainien, l’affaire de l’adhésion de l’Ukraine au sein de l’UE se rapproche du but ultime alors qu’est attendue une semaine où l’UE doit donner sa réponse sur la validation ou non de sa candidature.

« Depuis 1991, il y a eu peu de décisions aussi fatidiques pour l’Ukraine que celle que nous attendons aujourd’hui », a déclaré le président ukrainien, en se disant « convaincu que seule une réponse positive est dans l’intérêt de toute l’Europe ».

Après une recommandation positive de la Commission européenne vendredi, les pays de l’UE se retrouvent jeudi et vendredi pour se prononcer sur l’octroi à l’Ukraine du statut de candidat à l’adhésion. Un feu vert nécessite l’unanimité.

D’ici là, « évidemment, nous nous attendons à ce que la Russie intensifie ses attaques cette semaine », a prévenu le président ukrainien.

« Nous sommes prêts », a-t-il ajouté, tout en concédant que les forces ukrainiennes avaient subi des « pertes importantes ». « Notre armée tient le coup », a-t-il toutefois assuré.

Dans son point matinal lundi, la présidence ukrainienne a indiqué que les bombardements augmentaient dans la région de Kharkiv.

Dans la région de Donetsk, l’intensité des bombardements « s’accroît tout au long de la ligne de front », a ajouté la présidence, faisant état d’un mort et sept blessés dont un enfant.

A Severodonetsk (est), « les Russes contrôlent la plupart des quartiers résidentiels » mais « si nous parlons de la ville tout entière, plus du tiers de la ville reste contrôlé par nos forces armées », a déclaré le chef de l’administration locale, Oleksandr Striouk.

Les combats font rage autour de cette agglomération clé pour avoir la mainmise sur l’ensemble du Donbass, partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région de Lougansk qui constitue, avec celle de Donetsk, le Donbass, a confirmé à la télévision la chute du village de Metolkine, en périphérie sud-est de Severodonetsk et dont le ministre russe de la Défense avait annoncé dimanche la prise.

Sur le front Sud où l’armée ukrainienne assure que les forces russes « incapables d’avancer sur le terrain » procèdent par bombardements, le ministère russe de la Défense a fait état lundi matin d’une frappe sur un aéroport avec des missiles de croisière.

Co conflit pourrait durer « des années », a estimé dimanche dans le quotidien allemand Bild le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, appelant les pays occidentaux à soutenir Kiev dans la durée.

Face à l’UE, Moscou détient l’arme des hydrocarbures. Les pays comme l’Allemagne cherchent à pallier les baisses de livraison de gaz russe, quitte à recourir à des solutions peu écologiques.

« Pour réduire la consommation de gaz, il faut utiliser moins de gaz pour produire de l’électricité. A la place, les centrales à charbon devront être davantage utilisées », a indiqué dimanche le ministère allemand de l’Economie, alors que le gouvernement de coalition d’Olaf Scholz avait promis d’abandonner cette source d’énergie d’ici à 2030.

« C’est amer, mais c’est indispensable pour réduire la consommation de gaz », a avancé le ministre écologiste de l’Economie et du Climat Robert Habeck. « Il ne faut pas se faire d’illusion, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine ».

L’Autriche a aussi annoncé dimanche la réactivation d’une centrale à charbon fermée au printemps 2020 par un gouvernement voulant éliminer cette source d’énergie polluante et produire 100% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030.

Quant au groupe italien ENI, également très dépendant des livraisons de Moscou, il a été choisi dimanche par le Qatar pour rejoindre le français TotalEnergies dans le projet North Field East (NFE), qui vise à augmenter de 60% la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays du Golfe d’ici 2027.

Ukraine: Une semaine décisive s’ouvre malgré de nouveaux bombardements russes Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page