Sahara: Un journaliste algérien explique pourquoi l’Algérie a tout faux

La communauté internationale ne veut pas de la création d’un nouvel Etat nommé Sahara Occidental qui serait synonyme d’un « carrefour du terrorisme », selon un journaliste algérien en exil. La plupart des pays et l’ONU sont convaincus de la position marocaine, a-t-il affirmé.

Dans une vidéo expliquant les incohérences de la diplomatie algérienne, le journaliste Abdou Semmar, exilé en France s’est penché sur la question du Sahara, souvent comparée par les dirigeants algériens à d’autres conflits de plus grande portée pour tenter de rallier l’opinion publique à leur cause.

A ce titre, le journaliste a pointé du doigt, une politique étrangère algérienne datant des années 70 et qui, selon lui, n’aurait pas évolué avec les changements de la géopolitique mondiale pour s’adapter au contexte actuel.

Sur la question du Sahara, le rédacteur en chef du site d’information Algérie Part, a estimé que les dirigeants algériens considèrent à tort que le conflit du Timor oriental serait similaire.

« On ne mélange pas », a-t-il asséné en critiquant des propos tenus par le président Abdelmadjid Tebboune le 30 mars derniers lors d’une visite du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, à Alger.

Abdelmadjid Tebboune « a comparé le conflit du Sahara au dossier du Timor oriental, or, ce sont deux cas différents », s’est-il indigné.

« Le Timor, il y avait une guerre sérieuse depuis 75 jusqu’à 99 voire même pendant les années 2000. Une guerre avec un mouvement militaire résistant (…) qui a fait plus de 200.000 morts (…) Le Sahara n’a pas fait 200.000 morts, et même les sources les plus anti-marocaines parlent au maximum d’un bilan de 16.000 morts », a-t-il poursuivi.

Et d’appuyer encore une fois que « ce sont des conditions historiques et politiques totalement différentes ».

Depuis le 1999 jusqu’en 2002, « l’ONU et l’ensemble de la communauté internationale étaient favorables à l’indépendance du Timor oriental (…) dans le cas du Sahara occidental, la communauté internationale n’est pas convaincue! », a analysé le journaliste. « Elle n’est pas convaincue », a-t-il répété en énumérant les seuls pays soutenant la milice séparatiste sahraouie, l’Algérie, l’Afrique du sud, Venezuela, et Cuba.

Et de demander pourquoi le soutien supposé aux causes justes que l’Algérie défend pour justifier son attitude hostile et son implication dans le dossier du Sahara, ne s’étend pas aux autres causes. « Pourquoi l’Algérie ne soutient pas l’indépendance du Tibet? On peut aller loin (dans cette logique), il y a plusieurs conflits » dans le monde que l’Algérie n’a pas soutenu.

Dans sa vidéo Youtube, le journaliste explique également que « la communauté internationale a du mal à comprendre ce conflit, beaucoup sont convaincus par la position marocaine ».

En effet, le dossier du Sahara qui traine depuis les années 70 a été créé dans un contexte historique particulier et s’est développé sur la base d’une mise en scène orchestrée par le pouvoir algérien qui tente tant bien que mal de faire passer ce différend entre l’Algérie et le Maroc pour une question d’indépendance d’une partie du peuple marocain.

Le dossier a été si manipulé depuis près de 50 ans et les chefs de milices séparatistes embourbés dans des scandales judiciaires comprenant des accusations de génocide et crimes contre l’humanité, outre les conditions inhumaines dans lesquelles les séquestrés Sahraouis sont plongés dans les camps de Tindouf en Algérie, qu’aujourd’hui il est difficile pour la communauté internationale de fermer les yeux sur les réelles motivations de l’Algérie.

« Les marocains ont su faire expliquer les profondes raisons historiques, expliquer que pour la sécurité régionale la création d’un nouvel Etat n’est pas viable », a tenté d’expliquer à son audience le journaliste installé en France et traqué par les services algériens.

Et d’ajouter que « peut-être que l’ONU a vu qu’elle ne pouvait pas assurer une viabilité au Sahara occidental. On a vu l’expérience du Soudan du sud qui depuis son indépendance en 2011 est en guerre civile, il y a la famine, les problèmes…Le Soudan du sud c’est que des problèmes! ».

Selon lui, les membres de l’ONU ne veulent pas voir l’expérience d’un nouveau Soudan du sud au Sahara, parce que ce serait synonyme de problèmes, d’ »un carrefour du terrorisme », de « dictature ».

A voir l’hostilité des séparatistes, leur manque de leadership, et l’état des camps des Tindouf qui n’ont connu aucun changement depuis 50 ans en dépit des milliards d’aides humanitaires injectées chaque année par plusieurs pays aux autorités algériennes, cette hypothèse semble plausible, d’autant plus qu’il semble ressortir de l’attitude des leaders médiatisés de la milice que leur objectif est de continuer à faire vivre ce différend en s’opposant à toute proposition de solution qui ne mentionnerait pas l’indépendance de ce territoire historiquement marocain.

Depuis la création de ce faux conflit, un nombre important de Sahraouis ayant rejoint le camp de la milice du polisario en vivent, en tirant d’importants financements internationaux ou algériens qui leur permettent soit de vivre à l’étranger, en Algérie ou au Maroc, tout en ayant des résidences secondaires dans différents pays, notamment hispanophones.

Concernant l’Algérie, seul pays qui mobilise sa diplomatie et ses moyens financiers, son objectif dans ce différend n’a jamais été révélé de façon honnête. Le pays estime d’un côté ne pas faire partie du conflit, mais dans les faits, agit en démontrant tout le contraire. Tout dans le dossier du Sahara est intimement lié à l’Algérie et continue de l’être.

« L’Algérie ne peut pas convaincre le monde entier de soutenir le (projet séparatiste) du Sahara occidental », a affirmé Abdou Semmar, en expliquant que le pays lui-même se contredit lorsqu’il dit que le dossier est entre les mains de l’ONU mais qu’il est toujours dans l’invective.

« Si c’est l’ONU qui doit régler le problème, pourquoi l’Algérie est-elle toujours la première à dénoncer? », s’est-il demandé dans une question rhétorique, et de poursuivre en critiquant le fait que le pouvoir algérien s’immisce continuellement dans ce dossier, en le mettant sur le table à chaque occasion tout en disant n’être qu’un pays observateur.

« A chaque fois qu’un représentant d’un pays vient en Algérie, on lui parle de Sahara occidental. Nicolas Maduro, on lui parle de Sahara occidental, on est partis en Turquie (en référence au déplacement d’Abdelmadjid Tebboune, ndlr) on a parlé de Sahara occidental, lorsque les Italiens sont venus… Mais c’est pas notre bien le Sahara occidental! » s’est indigné le journaliste.

Et de critiquer la politique de l’Algérie qui « sanctionne l’Espagne, rompt ses relations diplomatiques et déclare la guerre au Maroc, menace la France, dénonce les dernières résolutions du Conseil de sécurité ». Pour le journaliste, cette attitude veut dire que l’Algérie « est partie prenante ».

« Les amis nous ne sommes plus dans les années 70, nous avons d’autres problèmes, nous sommes un pays de 45 millions d’habitants avec beaucoup de problèmes internes », a interpellé M. Semmar son audience en expliquant que l’Algérie perd en continuant à s’accrocher à ce faux conflit hérité de l’ère de Houari Boumédiène.

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