Huile de table : Malgré la suspension des droits de douane, la baisse des prix ne dépassera pas les 30 cts/L

La décision du gouvernement de suspendre la perception des droits de douane sur certaines graines oléagineuses et huiles brutes importées, à compter du 3 juin, aura un impact minime sur le prix final de l’huile de table. Selon les professionnels, la baisse ne dépassera pas 10 centimes le litre.

En vertu de plusieurs accords bilatéraux signés avec l’Europe et l’es États-Unis, 80% des importations marocaines d’huiles brutes et d’oléagineux provenant d’Europe sont donc assujetties à 0% de droits de douane. En revanche, le reste des importations (20%) provient principalement de pays comme l’Argentine ou l’Ukraine avec des droits de douane de 2,5%.

Selon les données obtenues par Hespress auprès d’un des acteurs du secteur des huiles de table, la suppression de ses droits de douane de 2,5% pour les importations d’huile d’Argentine, qui représente 17%, se traduirait par une baisse de 300 dirhams la tonne, soit une baisse de 30 centimes par litre d’huile de table argentine.

La décision du gouvernement de suspendre les droits d’importation a été actée pour contrer la hausse des prix des huiles brutes à l’échelle internationale en raison du conflit russo-ukrainien. Mais pas que ! La faiblesse de la production est également due au climat défavorable, ce qui a fortement affecté les prix de l’huile de table au Maroc.

Depuis mars 2020, l’apparition de la pandémie du Covid-19 a entraîné une augmentation des prix des graines oléagineuses, en plus du changement climatique dans le monde qui a touché les principaux pays producteurs.

La guerre en Ukraine, qui est le principal producteur d’huile de tournesol en Europe, a entraîné une hausse du prix de l’huile végétale accompagné d’une offre insuffisante, en plus de la hausse du prix du pétrole qui a contribué à doubler les coûts de logistique et du fret maritime dans le monde.

Avec la hausse des prix des matières premières à l’échelle internationale, les acteurs de l’industrie de l’huile de table au Maroc ont cherché à assurer l’approvisionnement et retarder le plus longtemps possible les répercussions de la hausse des prix sur les consommateurs. Mais aujourd’hui, ses acteurs sont confrontés au manque de visibilité concernant l’évolution des prix.

Une source du secteur confirme que l’avenir de l’industrie des huiles au Maroc passe par la souveraineté nationale au niveau de la culture des oléagineux. Et c’est ce qui fait actuellement l’objet de collaboration et de travail acharné entre l’Association des industriels de l’huile au Maroc et le gouvernement afin d’assurer le maximum de production locale.

Le Maroc devra ainsi augmenter au maximum sa production locale d’oléagineux pour éviter la dépendance aux prix internationaux très volatils, d’autant plus que l’huile de table est indispensable dans la cuisine marocaine et il est difficile de s’en passer.

Auparavant, le Maroc cultivait environ 150.000 hectares de plantes oléagineuses par an, à leur tête les graines de tournesol. Ses cultures étaient axées principalement à l’ouest et au nord du Royaume. Cependant, cette superficie a considérablement diminué au fil des années, pour atteindre seulement 17.000 hectares au cours de l’année 2021.

Selon les données officielles, le Maroc dispose d’une superficie de 600.000 hectares qui pourraient être utilisés pour augmenter la production nationale d’oléagineux avec des graines de tournesol et de colza. Cependant, il reste primordial d’assurer un prix minimum approprié au profit des agriculteurs et l’utilisation de semences à haut rendement.

Un certain nombre d’acteurs attribuent la faiblesse de la production locale d’oléagineux au faible soutien de l’État à cette culture et au recours des agriculteurs à des cultures caractérisées par des risques moindres et des marges plus importantes, d’autant plus que d’autres filières de production ont connu une bonne organisation et apportent des encouragements importants pour l’investissement.

Huile de table : Malgré la suspension des droits de douane, la baisse des prix ne dépassera pas les 30 cts/L Hespress Français.

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