La hausse des prix menace la garantie d’approvisionnement au détriment de la petite épicerie

Alors que la grogne sociale quant aux hausses continues des prix de la plupart des biens de consommation n’a de cesse de s’amplifier, le petit commerce lui, crie haro sur cette situation dont il ne tire plus guère profit, bien au contraire.

C’est un secret de Polichinelle, la hausse des hydrocarbures au niveau mondial a de belles retombées sur les prix des matières premières aussi bien sur les marchés nationaux qu’à l’international. Dans cette cacophonie économique des temps modernes dans le Royaume, ce sont les petits commerçants qui en subissant d’énormes pertes, trinquent. Cela incite nombre d’entre eux à fermer boutique. Une source de l’Association des commerçants de l’alimentaire d’Agadir a indiqué que la hausse des prix a accéléré la fermeture des magasins et autres épiceries alimentaires, en raison de l’impossibilité pour leurs propriétaires de constituer un capital leur garantissant l’accès à l’approvisionnement.

Les raisons, un manque évident de profits d’une part, et surtout cette étiquette de « Moul Hannout » qui a perdu ses principaux atouts inhérents à la proximité et les carnets de crédit qui permettent de soulager bien des familles. Eh oui, c’est là que le bât blesse, car la plupart de ces commerçants vendent à crédit. Une activité des petits commerces accompagne le quotidien des Marocains depuis des temps lointains.

La petite épicerie, faut-il le rappeler, accorde des crédits sans intérêts aux habitants voisins. Les carnets de crédit, s’il arrange les deux camps, fragilisent les liquidités de « Moul Hannout » et des finances dont il dispose. Selon les données obtenues par Hespress auprès des professionnels du secteur du commerce, les profits des petits commerçants sont restés stables malgré les énormes hausses de prix enregistrées. Par exemple, lorsque le prix d’une bouteille de 5 l d’huile de table était de l’ordre de 160 dirhams, la marge bénéficiaire était de 15 dirhams (1 dh/l) alors qu’actuellement, avec un prix doublé, c’est toujours le même bénéfice.

Les petites épiceries se sont retrouvées entre le marteau et l’enclume, soit elles conservaient leur clientèle en vendant à perte du fait de la concurrence soit elles spéculaient. En effet, nombre de commerçants ont stocké des biens achetés avant que leurs prix n’augmentent et recourent à le revendre à un bon prix, on va dire, ce qui place ceux dont l’acquisition s’est faite après la hausse dans l’embarras.

Deux options s’offrent du coup pour ces derniers vendre plus cher, et donc perdre des clients, soit ne pas acquérir de marchandises, se privant ainsi d’une source de profit. Et à propos de source, celle de l’Association des commerçants de l’alimentaire d’Agadir qui s’est entretenue avec Hespress, elle a décrit la situation dans laquelle vivent les petits commerçants comme « catastrophique » en expliquant pour ce qui est de l’huile substance vitale pour nombre de foyers, » la bouteille d’huile de table la moins chère (cinq litres) se vend 115 dirhams actuellement, mais la marge bénéficiaire du commerçant ne dépasse pas quatre voire cinq dirhams, et le plus souvent cette marchandise se vend à crédit », ajoutant que cette situation pousse un certain nombre de commerçants à abandonner la vente de denrées alimentaires chères.

Aussi, craint-on fortement que la hausse continue des prix ne conduise à une baisse de l’offre de biens aux petites épiceries, car les commerçants qui sont en mesure de fournir des biens sont ceux qui ne font pas que dans le « crédit » et ils sont de plus en plus rares. Abdallah El Hanafi, président de la Fédération des associations commerciales, professionnelles et artisanales du Maroc, a confirmé que la hausse des prix avait causé un grand préjudice aux petits commerçants et a déclaré à Hespress : « Les entreprises ont augmenté les prix de leurs produits, mais sans pour autant permettre au commerçant une marge bénéficiaire », ajoutant, « que par passé, elle était déjà faible ». Aussi, à moins d’une résistance acharnée contre la crise qui n’a de cesse de s’enflammer, il faut croire que les petits commerces et particulièrement ceux des quartiers sont en train de vivre leurs derniers jours.

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