Plan de lutte contre les émeutes dans les stades… le traitement social est d’actualité

Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a récemment annoncé que « les autorités compétentes chargées du dossier contre les émeutes dans les stades » ont élaboré une stratégie globale pour la mise en place de la lutte contre les violences commises pendant ou à l’occasion des manifestations sportives, dans le cadre d’une approche intégrée traitant les volets juridique, sécuritaire, disciplinaire et organisationnel de la chose.

Ces mesures comprennent le renforcement des capacités de suivi et d’organisation des diverses compétitions sportives comme l’exige la responsabilité d’assurer la sécurité et la sûreté de tous les citoyens, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des stades. Le ministre de l’Intérieur, dans une réponse à une question écrite à la Chambre des représentants, avait déclaré que « le comité central chargé de suivre la question, qui comprend les différents secteurs concernés, s’est récemment consacré à l’étude d’un ensemble de mesures proactives pour empêcher la survenance de tels événements ».

Abdelouafi Laftit a en outre indiqué que parmi ces mesures figurent la réhabilitation des infrastructures des stades sportifs, l’implication des clubs dans la gestion de la sécurité et des entretiens, la modernisation de la billetterie, ainsi que l’encadrement des déplacements des supporters des équipes visiteuses entre les préfectures et régions.

D’après le responsable régalien, qui intervenait en début de semaine dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, les cas de violence dans les stades, bien qu’ils soient excessivement médiatisés, restent limités, voire exceptionnels. « Sur les plus de 230 compétitions nationales et les 1200 régionales qui ont lieu chaque semaine le chiffre reste insignifiant. Le chercheur en sociologie Mustapha Benzeroual a déclaré pour sa part, que « ce qui se passait dans les stades marocains n’était qu’une manifestation de violence sporadique que l’on ne pourrait mettre au niveau d’un phénomène qui s’étale dans le temps et l’espace. Ce sont plutôt des incidents isolés qui ne peuvent en aucun cas refléter une réalité et être généralisés ou exagérés. »

Le chercheur en sociologie a déclaré sur un ton quelque peu humoristique que « la nature de nos stades prête au-delà de la fonction d’encouragement et de divertissement à d’autres interprétations, notamment la plaidoirie, la protestation et l’opposition, contre certaines pratiques qui peuvent être restrictives ou éclipser le rôle de la pom-pom girl, de l’avocat et de l’amant ».

Des attitudes selon Mustapha Benzeroual qui souvent expriment le mécontentement et la colère de par des comportements qui tendent à la violence voire au vandalisme. Notre expert a en outre souligné que « l’approche sécuritaire seule n’a jamais été une solution au problème des incidents violents, mais plutôt le problème doit être abordé dans sa structure, car la violence dans les stades trouve ses sources dans d’autres phénomènes sociaux et ne peut être isolée des manifestations des crises éducatives et sociales structurelles qui meublent le paysage social général ».

Benzeroual a souligné que « la violence dans le stade n’est pas différente des autres types et formes que l’on retrouve à l’école comme dans la rue et même dans les médias. Pour l’observateur et chercheur, il est un credo à savoir, « qu’écouter les jeunes des stades est une priorité essentielle pour combattre la violence depuis ses racines, prêter l’oreille à leurs revendications, apprécier leurs expressions et coutumes et respecter leurs principes symboliques sont essentielles pour l’épanouissement de cette catégorie de la population. C’est un travail de terrain auquel nous nous devons de nous soumettre ».

L’interlocuteur a poursuivi pour clore : « Parmi les constats que l’on peut enregistrer aujourd’hui, alors que nous parlons de l’approche sécuritaire, figure l’évocation de certaines initiatives qui visent à consolider les liens de communication entre les responsables de la sécurité des stades d’une part, et les partis ou ceux chargés d’encadrer les masses et les supporters ». Une valeur morale, culturelle et politique est plus efficace et salutaire pour aborder les manifestations de violence dans les stades marocains qu’une approche plongée dans le contrôle sécuritaire.

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