La Tunisie pourrait supprimer toute référence à l’Islam dans sa Constitution

La prochaine Constitution tunisienne pourrait ne plus contenir aucune référence à l’Islam. Il s’agirait d’une première dans le pays à la démocratie très jeune. Le président Kais Saied cherche à éloigner le clan islamiste d’Ennahda.

Chargé de la rédaction d’une nouvelle Constitution en Tunisie, le juriste Sadok Belaïd, a affirmé que l’ébauche de cette charte ne comprendra aucune référence à l’islam afin de ne plus donner la possibilité aux partis extrémistes d’utiliser le texte à des fins politiques et pour faire passer leurs idées.

Nommé le 20 mai à la tête de la « Commission nationale consultative pour une nouvelle République », chargée de rédiger un nouveau projet de Constitution, M. Belaïd doit soumettre cette nouvelle version pour validation au président Kais Saied au plus tard le 15 juin avant qu’il ne soit soumis à référendum, une consultation annoncée pour le 25 juillet.

Selon lui, la suppression de toute référence à l’islam est destinée à combattre les partis d’inspiration islamiste comme Ennahdha, qui contrôle le Parlement tunisien et à l’origine de blocges politiques. Ennahda est devenu l’ennemi numéro 1 du président Saied, pourtant lui-même conservateur.

Mais le chef d’Etat, n’ayant pas de base électorale pour l’aider à accomplir sa tâche, s’est vite retrouvé prisonnier des manigances d’Ennahda et des partis qui forment sa coalition.

Kais Saied a décidé de dissoudre le Parlement en mars, après l’avoir gelé, et cette démarche vise à remodeler le paysage politique tunisien de fond en comble. « Si vous utilisez la religion pour faire de l’extrémisme politique, eh bien nous l’interdirons », a affirmé M. Belaïd, un universitaire âgé de 83 ans.

« Nous avons des partis politiques qui ont les mains sales et bien que vous le veuillez ou non messieurs les démocrates français ou européens nous n’accepterons pas dans notre démocratie des gens sales », a-t-il ajouté en faisant référence à des scandales éthiques et criminels qui entachent le parti d’Ennahda.

Kais Saied a mis en place une feuille de route censée sortir le pays de la crise, M. Saied a annoncé un référendum sur une nouvelle Constitution le 25 juillet 2022, avant des législatives le 17 décembre.

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