Législatives françaises : L’abstention plane sur le scrutin

A quelques jours des élections législatives en France, dont le premier tour se tiendra dimanche prochain, le spectre de l’abstention plane toujours sur ce scrutin aux enjeux importants pour le pays et sa classe politique.

En effet, ces législatives se tiennent dans un contexte national et international particulier marqué par une flambée sans précédent des prix et un conflit armé aux portes de l’Europe opposant l’Ukraine à la Russie, et dont les répercussions économiques se font ressentir de plus en plus, notamment sur le pouvoir d’achat d’une large frange de Français.

Elles représentent également un enjeu majeur pour les différentes formations politiques du pays, dans la mesure où la majorité sortante entend capitaliser sur les résultats de la présidentielle d’avril en vue de renforcer sa place à l’Assemblée nationale, alors que les oppositions sont en quête d’améliorer leurs scores au parlement afin d’assurer un équilibre des pouvoirs.

Ainsi, et à la différence de la présidentielle d’avril, la gauche se présente au scrutin avec des rangs resserrés sous la bannière de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui cherche à imposer une cohabitation à Emmanuel Macron.

Pour sa part, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN), le parti de l’extrême droite, espère renforcer la présence de son parti à l’Assemblée après ses 41,45 % des voix obtenues au second tour de la présidentielle, au moment où la droite républicaine cherche à signer des résultats à même de lui permettre de continuer à peser en tant que force d’opposition.

Toutefois, les uns et les autres peinent à mobiliser les électeurs dans une campagne électorale presque reléguée au second plan, de l’avis des observateurs, en raison de plusieurs facteurs, dont le retard dans la nomination du nouveau gouvernement, les accusations de viols ciblant le ministre de la solidarité Damien Abad, le fiasco de la finale de la ligue des champions qui a placé deux ministres du gouvernement sous le feu des critiques, ou encore les conséquences du conflit russo-ukrainien.

Dans ce sillage, et à la lumière des résultats des derniers sondages, la classe politique nourrit les craintes par rapport à un faible taux de participation, qui ne manquera pas d’avoir un fort impact sur la configuration de la nouvelle carte politique à l’Assemblée nationale.

Et pour cause : Un désintérêt croissant des Français pour les différents scrutins, à leur tête les jeunes, à l’instar des élections régionales et de la dernière échéance présidentielle.

C’est ce qui ressort d’ailleurs des derniers sondages, dont la quatrième vague du baromètre hebdomadaire OpinionWay -Kéa Partners pour Les Echos et Radio classique, effectué à partir des candidatures réelles dans les circonscriptions, montrant qu’à peine un Français sur deux (51 %) dit s’intéresser à la campagne.

Il s’agit d’un niveau inférieur de 4 points à celui du 11 mai et globalement stable depuis la mi-mai, alors que le sondage BVA publié le 3 juin révèle que seulement 38 % des Français disent suivre régulièrement la campagne des élections législatives, en dépit des enjeux importants pour l’avenir du pays.

Les instituts d’opinion l’évaluent, dans leur majorité, à plusieurs points en dessous des 48,7 % enregistrés au premier tour du précédent scrutin législatif de 2017, qui ont connu une abstention historique.

Une tendance qui risque de se reproduire dimanche prochain, selon les observateurs.  « Nous constatons une tendance à la montée de l’abstention. C’est un reflet de la crise de confiance actuelle des électeurs envers la politique », analyse Pascal Perrineau, politologue et professeur à Sciences Po, sur les colonnes du Parisien.

A ses yeux, il n’y a pas eu d’« effet lune de miel » après l’élection présidentielle, contrairement aux précédentes élections. « Mise à part Jean-Luc Mélenchon qui fait le spectacle, personne n’arrive à faire campagne », estime le politologue.

Pour sa part, Mathieu Gallard, directeur de recherche pour l’institut de sondage Ipsos, soutient qu’« au sein de la majorité, il y a peut-être le sentiment que faire des législatives un non-enjeu peut être une stratégie positive ».

Face à ce constat alarmant, leaders de formations politiques et leurs candidats se sont engagés dans un « sprint final » à quelques jours du scrutin, en multipliant déplacements et meetings dans une dernière tentative de retourner la situation et convaincre les plus réticents, et surtout les Français ayant décidé de bouder le scrutin, convaincus que leur vote ne changerait rien dans la situation politique du pays.

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