Manuels scolaires : Les éditeurs avancent leurs arguments

La polémique se poursuit sur l’intention des éditeurs d’augmenter les prix des manuels scolaires, pour des raisons qu’ils jugent légitimes au regard de la montée en puissance de plusieurs matières premières. À l’opposé, les familles, elles, vivent dans une congestion sociale sans précédent. 

Président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves, Noureddine Akkouri estime que l’augmentation attendue des prix des manuels scolaires est inacceptable et ne ferait qu’aggraver et exacerber les problèmes du système éducatif et les taux de déperdition scolaire.

Dans une déclaration à Hespress, Akkouri a indiqué que « cette vague d’augmentations des prix a touché la plupart des produits« , estimant que « ça n’a donc aucun sens d’ajouter les livres aussi« .

Les parents et tuteurs des élèves avaient soumis une proposition au ministère de l’Éducation nationale, nous confie le président de la Fédération, qui suggère de se passer d’un grand nombre de manuels scolaires et de se contenter de livres de base pour l’apprentissage, tandis que le reste des manuels pourraient être partagés entre les élèves et l’enseignant au sein de la classe.

« Cette évolution des prix ne contribuera pas à la stabilité au sein de l’école marocaine« , a soutenu Akkouri notant que le programme sur lesquels travaille le ministère de tutelle pour lutter contre la déperdition scolaire, en fournissant notamment les livres scolaires, et en distribuant les cartables ou encore le programme Tayssir « n’auront plus aucun sens« .

L’acteur éducatif a donc appelé « l’État, qui veut lutter contre la déperdition scolaire » à « trouver une formule pour stopper cette démarche, que ce soit en réduisant les taxes sur les éditeurs afin d’éviter une augmentation des prix des livres ou en mettant en place d’autres alternatives qui aideraient à surmonter la pression que subissent les familles marocaines pendant cette période« .

Les éditeurs ont eux aussi leur argumentaire qu’ils estiment plus que légitime. A ce propos, Ahmed Filali Al-Ansari, président de l’Association marocaine des éditeurs, a souligné que ces derniers ont soumis un dossier revendicatif qui comprend un certain nombre d’indicateurs et de données confirmant la légitimité de la demande d’augmentation des prix.

Les éditeurs prennent compte du pouvoir d’achat des citoyens et des conditions économiques et sociales actuelles, avance-t-il néanmoins.

« Il n’est pas possible de discuter de propositions, qu’elles soient liées à la réduction des impôts ou autres, tant que l’administration n’a pas annoncé ses décisions concernant nos revendications, afin d’éviter toute confusion. En plus, toute proposition nécessite une étude approfondie avant de parler d’accepter ou non de la mettre en oeuvre« , a expliqué Al-Ansari à Hespress. 

Les prix des manuels scolaires actuellement en vigueur ont été fixés il y a une vingtaine d’années, précise notre interlocuteur, notant qu’il s’agit de « prix réglementés auxquels nous n’avons pas le droit de toucher« .

«  La demande des éditeurs est simple, d’autant plus qu’un pourcentage important de ces livres est financé par l’État à travers l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), et en cas d’augmentation des prix, certains livres uniquement seront concernés et non la totalité« , a-t-il précisé.

Aujourd’hui, la plus grande préoccupation selon le président de l’Association marocaine des éditeurs reste la fourniture des livres en quantité suffisante et avec la qualité requise pour l’année scolaire à venir.

Interrogé sur la question, le ministre de tutelle, Sports, Chakib Benmoussa, a appelé à préserver la priorité nationale dans le domaine de l’édition des manuels scolaires, mise en oeuvre lors de la pandémie de Covid-19, et ce dans le sillage des revendications des éditeurs nationaux visant la révision des tarifs du manuel scolaire.

Invité lundi du Forum de la MAP, Chakib Benmoussa a insisté sur l’importance de déployer des efforts pour réduire les marges de bénéfices et le coût de production, ajoutant que les imprimeurs doivent fournir un effort pour que les coûts de production soient maintenus aux niveaux en vigueur à l’échelle internationale et pour que les éditeurs n’assument pas la hausse de ces coûts.

Il a, en outre, fait savoir que le gouvernement examine la demande des éditeurs nationaux, tout en tenant compte de l’augmentation des prix du papier dans le marché mondial.

Manuels scolaires : Les éditeurs avancent leurs arguments Hespress Français.

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