Sebta/Melilla : les attentes des travailleurs de la rencontre de Madrid

Ce mardi 7 juin, une réunion se tiendra à Madrid entre des délégations administratives d’Espagne et du Maroc pour aborder la réouverture complète des frontières de Sebta et Melilla avec en fond de toile, les modalités et le calendrier de l’achèvement du processus de normalisation de la circulation des personnes et des biens.

Bref, on s’attellera à établir l’achèvement du processus de normalisation de la circulation des personnes et des biens à travers les postes terrestres, qui a débuté le 17 mai 2022. Cette rencontre, selon l’agence EFE, intervient dans le cadre de la mise en œuvre des engagements de la déclaration commune du 7 avril, notamment en ce qui concerne la normalisation progressive de la circulation des personnes et des biens, à travers les systèmes de contrôle douanier et des personnes.

Les négociations entre les deux pays avancent certes, mais d’aucuns en déplorent leur lenteur. S’il est vrai qu’après deux années de fermeture des frontières les choses ne reprendront plus comme avant au regard de bien des choses qui devront changer quant aux entrées et sorties, des doutes prêtent à éclaircissement toutefois. Nous prendrons pour exemple l’impasse dans laquelle se trouvent les travailleurs frontaliers de Sebta et Melilla, la douane commerciale qui fonctionnera à nouveau ou pas, l’exigence ou pas du passeport pour les résidents des deux villes limitrophes de part et d’autre (Nador, Fnideq, Tétouan…).

Toujours est-il que de la part des travailleurs transfrontaliers des deux enclaves les attentes sont grandes quant à cette réunion bilatérale entre les deux Royaumes qui se tiendra dans la capitale espagnole, car la réouverture n’est pas sans condition. L’Espagne exigeant pour ce faire un visa spécifique pour accéder aux deux présides occupés ou un visa délivré par ces dernières pour cette catégorie de personnes. Cette dernière étant composée de travailleurs marocains légalement reconnus, à savoir les personnes disposant d’un contrat de travail à Sebta et Melilia.

Les conditions qui accompagnent cette décision de réouverture, a été faite par la partie espagnole via (communiqué). Cela concerne quelque 3 600 travailleurs marocains légaux nous dit le Secrétaire général des travailleurs titulaire de permis de travail dans la ville de Sebta, affiliés à l’Union marocaine des travailleurs (UMT), Chakib Marouane, sollicité par Hespress.fr. « Certains d’entre eux pour une bonne majorité ont accumulé 20 à 30 ans d’ancienneté dans les deux enclaves de Sebta et Melilia, ils y ont payé leurs impôts tout comme au Maroc ainsi que leurs cotisations sociales (retraite, CNSS, mutuelle…).

Aujourd’hui, ils sont contraints de faire une demande de visa pour rejoindre leur travail ». Cela concerne 300 travailleurs sur les 3 600. Le problème qui se pose selon lui, « c’est que la plupart des employeurs dans les deux enclaves refusent d’envoyer aux travailleurs le contrat de travail afin qu’ils puissent engager la procédure de visa. Ils s’inquiètent aujourd’hui de voir leurs 20 ans de travail et d’ancienneté se volatiliser, sans être indemnisés ni pouvoir récupérer leur argent placé dans des comptes bancaires à Sebta et Melilia ». Chakib Marouane déplore cette situation en indiquant « qu’ils ne sont que 80 travailleurs frontaliers légalement reconnus qui ont pu pénétrer à Sebta par ces mêmes démarches ».

De plus la plupart des travailleurs n’ont plus d’autorisation de travail ni de contrat et doivent tout de même accéder aux deux enclaves, soit pour chercher un nouveau travail, soit pour récupérer leur argent de leur compte bancaire et régler leur situation auprès de leurs anciens employeurs afin de profiter de leur ancienneté de 20 ans et plus. « Ces travailleurs veulent uniquement reprendre leur travail, interrompu en raison de la pandémie, ou encore se rendre à Sebta et Melilla pour régulariser leur situation et tenter de récupérer leur ancienneté et de retirer l’argent qu’ils ont épargné des années durant dans les banques », nous confie Chakib Marouane, pour qui la réunion de Madrid est vitale pour l’avenir des 3 600 familles de ces travailleurs, souvent seuls ressources de revenus pour elles.

Sebta/Melilla : les attentes des travailleurs de la rencontre de Madrid Hespress Français.

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