Danger à l’Est, la fièvre aphteuse refait son apparition en Algérie

Depuis le début de l’année, la fièvre aphteuse, une maladie virale et hautement contagieuse est en train de se propager de manière inquiétante en Algérie selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Trois foyers de fièvre aphteuse de sérotype O ont été détectés en Algérie depuis le 28 mars 2022.

Cette maladie grave du bétail qui est en train de se trouver des aises à travers des foyers dans des wilayas de l’est en Algérie arrive curieusement après une campagne de vaccination qui vient juste de se terminer. Du coup et depuis le 8 mai c’est branle-bas de combat et rebelote pour une nouvelle campagne en Algérie. La fièvre aphteuse en Algérie survient également trois mois après la détection de six foyers en Tunisie, dont l’origine est probablement l’Afrique subsaharienne. La circulation du virus de la fièvre aphteuse dans ces deux pays a poussé à inciter à la vigilance dans la région, mais également en Europe où l’on suit avec vigilance, mais non sans inquiétude la propagation du virus.

A la fin du mois d’avril dernier le 28 plus exactement, l’Algérie notifiait à l’OIE trois foyers de fièvre aphteuse situés au nord-est du pays, deux dans la wilaya de Béjaïa et une dans la wilaya de Souk Ahras, au Nord-Est de l’Algérie. Le premier foyer a été détecté un mois avant le 28/03/2022 dans un élevage de bovins dans lequel certains animaux ont présenté des signes cliniques évocateurs de fièvre aphteuse. Le foyer a été confirmé positif à la fièvre aphteuse de sérotype O par RT-PCR le lendemain.

Le second foyer, nous dit l’OIE, a été détecté le 29/03/2022 à 50 km du premier et confirmé par sérologie. Le troisième foyer a été détecté le 17 avril dans une exploitation distante de 200 km et confirmé par RT-PCR. Des ovins et caprins étaient également présents sur les exploitations, mais seuls les bovins ont montré des signes cliniques et ont été testés en tant que tels. La caractérisation phylogénétique des souches en cause n’est pas encore disponible. La dernière apparition de la fièvre aphteuse en Algérie remontait au 20/06/2019. Il s’agissait d’une épizootie de sérotype O, ayant provoqué plus de 300 foyers. L’Algérie ne disposait pas à l’époque du statut officiellement indemne de l’OIE.

Cet épisode survient trois mois après que la Tunisie ait détecté six foyers de sérotype O (3 dans la région de Tunis, 2 à Sousse et un dans la région de Kasserine), le premier ayant été détecté le 04/01/2022. La maladie était absente du territoire tunisien depuis mars 2019. Les analyses phylogénétiques des souches tunisiennes avaient confirmé le topotype EA-3, avec 99,4 % d’homologie avec des souches nigérianes identifiées en 2021, et 97,1 % d’homologie avec la souche O/EA-3 qui avait circulé au Maghreb en 2018-2019. Ces résultats étaient en faveur d’une nouvelle introduction de la fièvre aphteuse à partir de l’Afrique subsaharienne.

En Libye, onze foyers de fièvre aphteuse sérotype A avaient été détectés entre février et novembre 2020 chez des ovins et des caprins, et trois foyers de sérotype O avaient été détectés en juin 2021 chez des bovins (source : OIE consultée le 05/05/2022). La réapparition de la fièvre aphteuse en Tunisie, puis en Algérie à trois mois d’intervalle, démontre le risque réel que cette maladie représente non seulement pour les pays du Maghreb, mais aussi pour l’Europe. L’Algérie qui a du mal à endiguer des maladies comme la PPR (peste des petits ruminants) se trouve de par une gestion des catastrophes, disons catastrophique, handicapée en cela dans sa lutte désespérée contre l’éradication et la propagation de ces maladies virales.

Bien plus que ces épidémies en elles-mêmes, facilement vaincues pour peu qu’une mobilisation soit et qui fâche le monde agricole en Algérie et particulièrement les éleveurs de bétail chez nos voisins, c’est la gestion de cette crise par les autorités qui dérange. Le laxisme l’emportant largement sur la raison, force est de constater que les efforts de l’éleveur algérien pour préserver et protéger ses bêtes restent vains par la faute de la gestion gouvernementale (retard et indisponibilité de vaccins). Une situation que déplore au demeurant le collectif des vétérinaires en Algérie.

De plus, quand on sait la transparence des autorités algériennes dans leurs déclarations on ne peut qu’être inquiets. Les chiffres liés à ces maladies sont volontairement sous-estimés. Selon des données de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) publiées le 8 janvier 2019, révélant 87 foyers de fièvre aphteuse en Algérie en juin 2018, les autorités algériennes n’en avaient déclaré que 34 à l’OIE. Trois ans plus tard, on peut se rassurer l’Algérie est restée fidèle à elle-même.

Danger à l’Est, la fièvre aphteuse refait son apparition en Algérie Hespress Français.

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